26/06/2026 francais.rt.com  3min #318283

L'Otan en quête de 70 milliards d'euros pour Kiev car Washington ne veut plus payer

Source: Gettyimages.ru

Mark Rutte, le 18 juin, à Bruxelles

Les pays de l'OTAN veulent renforcer leur implication dans le conflit ukrainien, lors du sommet d'Ankara. Les alliés prévoient 70 milliards d'euros d'aide militaire à Kiev pour l'année en cours, malgré des désaccords persistants sur le financement, ainsi que sur la répartition des charges et le rôle des États-Unis dans les ventes d'armes.

Le sommet de l'OTAN à Ankara devrait marquer une nouvelle étape dans la poursuite de l'implication militaire occidentale dans le conflit ukrainien. Au programme figurent de nouveaux contrats d'armement de plusieurs milliards de dollars, ainsi qu'une enveloppe militaire destinée à Kiev. Selon Politico, les diplomates de l'Alliance travaillent encore sur le projet de déclaration finale, qui peut être modifié jusqu'au dernier moment.

Le texte prévoit une aide militaire de 70 milliards d'euros pour l'année en cours, puis au moins la même somme l'année suivante, rapporte Politico. Les États-Unis ne devraient toutefois pas participer directement à ce financement. Washington resterait surtout fournisseur d'armes, tandis que les Européens assumeraient l'essentiel de la charge financière.

Ce point s'annonce comme l'un des plus sensibles du sommet. Toujours selon Politico, les discussions avancent globalement sans blocage majeur, mais la répartition de l'effort entre les alliés reste délicate.

L'Europe face à une logique de réarmement

Au-delà du dossier ukrainien, le sommet doit aussi consacrer la montée en puissance de l'industrie militaire occidentale. Derrière l'affichage d'unité, les alliés doivent encore régler la question du partage des charges, des demandes de Donald Trump envers les Européens et du développement d'armes à longue portée. Une partie de l'enveloppe pourrait provenir d'un prêt européen déjà approuvé, le reste devant être assuré directement par les États membres de l'OTAN.

Dans cette séquence, le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, veut faire de l'industrie de défense le thème central du sommet. Selon Politico, il s'agit d'accélérer la production d'armements, de multiplier les contrats et de faire du réarmement un terrain d'accord, malgré les divergences internes de l'Alliance.

Le projet de déclaration prévoit aussi une plus grande implication des pays européens dans la défense du continent. Politico indique que les investissements devraient viser surtout la défense aérienne, les drones et les capacités de frappe à longue portée. Le texte devrait également réaffirmer l'attachement des alliés à l'article 5 du traité de l'OTAN sur la défense collective et qualifier une nouvelle fois, la Russie de "menace", confirmant ainsi une ligne de confrontation avec Moscou.

Des résistances dans l'Alliance

L'idée d'inscrire une aide militaire annuelle d'environ 70 milliards d'euros dans les documents du sommet reste en discussion. Plusieurs questions ne sont pas encore tranchées, notamment la manière de répartir les contributions entre les États membres.

Mais cette ligne ne fait pas l'unanimité au sein de l'Alliance. Le Premier ministre slovaque Robert Fico a fait savoir que son pays ne participerait pas au financement de nouvelles livraisons d'armes à l'Ukraine. Il a indiqué que Bratislava continuerait d'aider Kiev sur le plan humanitaire, mais refuserait de financer une assistance militaire.

L'eurodéputé italien Danilo Della Valle voit, lui, dans ces engagements le signe d'un basculement durable de l'Europe vers une économie de guerre. Selon lui, cette orientation risque de placer les dépenses militaires avant les priorités sociales et les initiatives diplomatiques.

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