La question qui se pose, est celle de fonder la valeur sur les indicateurs. Il faut en étudier la faisabilité. Cette faisabilité nécessite une motivation. Et cette motivation est d'y trouver une solution, à un problème déjà amplement étayé, qui est l'inanité du capitalisme.
L'effondrement biotopique est inévitable si la production continue à ne rien devoir à personne, et à puiser dans les ressources naturelles et humaines jusqu'à leur épuisement.
Pour éviter cela, il faut faire-valoir sa capacité à avoir un contrôle collectif de la destinée de l'humanité. Si on est capables de choisir, on peut bien choisir ou mal choisir, mais au moins on peut apprendre de nos choix et mieux utiliser notre liberté.
Ce n'est pas le schéma vendu par les opérateurs du CO2, par exemple, qui prétendent avoir résolu le problème et n'ont plus qu'à donner des ordres. Ce n'est pas comme cela que ça marche, "le contrôle collectif de la destinée collective".
Et précisément - pour nous en tous cas - la ruine de l'humanité est parfaitement logique si elle se laisse conduire par une destinée qu'elle n'a pas choisie et sur laquelle elle n'a pas de contrôle. Rien de bien ne peut tomber du ciel sans au moins le vouloir.
Ce qui fera la différence, entre la destinée manifeste de l'entropie inévitable et le salut de l'humanité, sera le contrôle qu'elle obtiendra sur ce qui potentialise les différents futurs possibles.
Alors que si on ne peut rien décider, et que le destin de l'humanité est abandonné au déterminisme d'un système morbide, et l'entropie est inévitable.
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La question qui se pose en fin de compte, est le premier problème à l'échelle globale à laquelle l'humanité est confrontée. C'est un problème qui concerne les fondements de ses raisons d'agir. Et finalement sa raison de vivre. C'est une question existentielle.
C'est la première fois que l'humanité est confrontée à un problème collectif à l'échelle globale. Il y en aura d'autres mais une fois qu'on aura le mode d'emploi, on aura des outils pour les affronter. Ils seront plus complexes et mais aussi plus faciles à résoudre.
Le premier problème est simple à comprendre mais difficile à résoudre, parce qu'il incite à remettre en cause des habitudes et des croyances qui sont profondément ancrées, et auxquelles on ne prête pas attention. Disons qu'il faut à la fois résoudre un problème et fabriquer une machine à résoudre les problèmes en terme général.
Un Système est une mécanique invisible qui nous met en action. Penser le système c'est comme prendre le contrôle de sa respiration (cela en fait paniquer certains, alors que justement le but est de se calmer). Et agir sur cela c'est prendre la responsabilité de choses qui d'habitude marchent très bien toutes seules. Ensuite seulement cela permettra d'agir sur ce qu'on ne contrôle pas.
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Il y a deux manières de résoudre un problème, soit on augmente la résolution de son analyse pour y dénicher de nouvelles règles, soit on pense hors de la boite. Parfois on voit bien qu'il n'est pas possible de faire autrement que de penser hors de la boîte.
Penser à l'intérieur de la boîte est honorable, car il s'agit de traiter les problèmes avec le maximum de rationalité et de découvrir des fonctionnements plus précis et ingénieux. C'est un exercice de performance intellectuelle, et cela fournit de nouveaux outils pour avancer, tout en respectant les règles. Cela permet de proposer des solutions applicables immédiatement, sans de trop longues explications.
La seconde méthode consiste à simplement changer les règles afin de s'offrir le confort d'une solution qui ne remet presque rien en question. Dans ce cas tout le panorama et les conditions changent, et tout ce qu'on connaît peut être transfiguré intégralement. On ne sait pas trop ce qui nous attend, hormis une motivation générale sur la base d'une théorie qui paraît évidente.
Le problème principal d'un changement de paradigme, qui est un quelque chose qui est sans cesse dans un état de germination, est d'arriver au seuil à partir duquel il n'est plus possible de s'en passer. Ce seuil est une action minimale qui change toute la perception de ce qui est connu. Et quand cela arrive, on ne peut plus revenir en arrière.
Souvent les humains, épris de folie des grandeurs, s'amusent, tel un théâtre de Kabuki, à s'interdire de refuser des progrès pourtant emplis d'inconvénients, juste parce que cela fait joli. Cela leur donne le sentiment d'avoir "franchi une étape". Ils simulent artificiellement ce qui se passe lors d'un changement de paradigme, par exemple si jamais on voulait interdire la monnaie fiduciaire après l'apparition de la monnaie numérique.
Mais c'est une erreur de faire cela. Dans un vrai changement de paradigme l'ancien modèle est inutile, et non pas interdit artificiellement. Penser hors de la boîte, changer les choses, est glorieux mais cela ne sert pas à se sentir puissant.
Tant qu'on est à l'intérieur d'un système, les mécanisme peuvent seulement se transformer et devenir redondants afin d'assurer un minimum de résilience en cas d'imprévu. Et les imprévus sont l'essentiel de ce qui attend le monde.
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Nos moyens d'action sont peu nombreux. En principe le capitalisme prétend que l'offre et la demande, "la main invisible du marché" fait l'affaire. Il suppose quque ce qui est valable à l'échelle individuelle le sera automatiquement à l'échelle globale, sans avoir aucun effort à faire, si tant est qu'on s'échine à respecter ces seuls principes.
Mais, déjà ces principes sont fallacieux - nous les décrivons comme des sophismes, qui ne sont rien de moins que des attentes symboliques - et surtout ce qui en résulte fait surtout l'affaire de la sauvagerie et de l'inhumanité.
La question retombe sur les indicateurs de croissance, aussi trivial que cela paraisse. Les indicateurs, et il y en de toutes sortes, sont des guides qui expriment le résultat de nos actes, sans pour autant que cela veuille dire que ce qu'on a fait est bien ou mal.
Le principal indicateur est celui de "la puissance", le PIB. Les autres indicateurs sont "moins puissants" et donc moins intéressants. Le capital humain et le capital naturel, sur lesquels se fondent le PIB, sont juste des consommables qu'on jette quand il n'y a plus rien à en tirer.
Certaines questions sont évidentes, et d'autres sont complexes. On sait ce qui fait du bien ou du mal à la nature, et on sait ce qui fait du bien ou du mal à l'humain (même si parfois il se le dissimule). D'autres questions, qui portent sur les rétroactions des systèmes cybernétiques, sur les explosions combinatoires et l'éradication de potentiels pour le futur, sont négligées.
Le fait est que ce qui constitue le fleuve de la valeur économique prend racine dans des petites rigoles dont tout le monde rigole :) C'est à dire des choses infimes qui ne sont pas évaluables et qui semblent n'avoir aucune incidence. L'ensemble de la valeur est fondée sur ce qui n'en a pas. Pourtant elle le consomme, le détruit, et s'étonne ensuite que ça ne marche plus. Là ça ne rigole plus.
Le constat principal est que la "puissance" économique n'est pas du tout destinée à nourrir des choses qui ne sont pas évaluables en terme de puissance, c'est à dire qui n'ont pas de valeur monétaire, parce que pour cela il faudrait évaluer la façon dont ils peuvent se combiner. On ne peut que chercher des objectifs "rationnels" au premier degrés.
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Un des écueil les plus flamboyants de la bêtise humaine est de penser savoir comment atteindre des objectifs en déclarant arbitrairement un moyen d'y parvenir. À la fois les objectifs qui sont fixés sont souvent symboliques et confus, et à la fois les moyens d'y parvenir sont déconnectés des faits, illusoires, et intuitifs.
Le présupposé de cette bêtise est celui de la maîtrise, qui est réelle si le problème auquel on est confrontés est un problème fermé dont les prémisses et les postulats sont connus et eux-mêmes maîtrisés. C'est un peu là que flanche la pensée humaine, car elle ne peut voir que ce qu'elle peut voir.
La moindre des évidences est de se dire qu'on n'a pas toutes les données du problème. Et en fait la première analyse démontre que les problèmes qui veulent être résolus se situent à l'intérieur d'un système complexe où tout et n'importe quoi peut dégénérer rapidement.
Cette illusion de maîtrise, résulte d'un besoin de contrôle, qui lui-même est l'expression d'une absence patente de contrôle, ce qui justement est notre sujet.
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La question qui se pose en définitive est de savoir s'il faut penser hors de la boîte ou pas.
L'avantage de jouer avec les règles est de produire des solutions acceptables et compréhensibles par tous. C'est de faire valoir le génie humain face à l'adversité et d'instaurer de nouveaux concepts qui feront vite leurs preuves.
C'est un peu - ou carrément - la seule chose possible que nos plus brillants analystes soient capables d'imaginer, comme on peut le voir dans le Global Justice Report (1) dont on peut trouver une analyse ici (2).
C'est à dire que les prémisses et les postulats de base ne sont aucunement remis en question et donc, semblent échapper à la puissance de cette méga-analyse méta-statistique.
Les inconvénients sont nombreux, parmi lesquels le fait qu'il sera trop tard quand les objectifs illusoires auront été atteints.
Nous avons aussi des solutions à proposer dans le cadre étroit de ce qui est rendu acceptable par un système qui n'a pas été pensé pour fonctionner. Elles permettent de faire reposer sur la volonté populaire les choix de société à travers les choix de consommation, en prodiguant des outils puissants d'analyse des chaînes causales et des indicateurs d'un nouveau genre qui sont capables de rechercher un équilibre et une justesse qui fait tendre les autres indicateurs vers un équilibre et une justesse.
Sans entrer dans le détail ici, il s'agit de fonder des règles qui s'adaptent aux quantité et aux impacts, de sorte à intégrer tout ce que la science nous fait découvrir chaque jour, comme le fait, par exemple, qu'un vieil arbre abrite cinq cent espèces animales et végétales. Ce sont des paramètres qui doivent entrer en compte dans l'évaluation des raisons d'agir contre cet arbre. Et cela peut se faire de manière automatisée.
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Dès lors se pose une question double : si on agit sur des indicateurs qui agissent sur d'autres, que se passe-t-il si d'autres personnes agissent sur les autres indicateurs ; et deuxièmement, à quel moment fait-on la différence entre des indicateurs qui servent à modeler les raisons d'agir, et des indicateurs sur lesquels on décide directement d'agir à travers nos actes ?
C'est une contradiction parce qu'on cherche le contrôle des indicateurs et à la fois on est inspirés par eux.
Il faut se souvenir en passant que c'est précisément cela, le rôle de l'Ocde : prodiguer des indicateurs qui - bien qu'ils soient complètement arbitraires et biaisés, et déterminés par les objectifs décidés d'avance - inspirent des recommandations politiques, parfois avec ferveur, notamment pour la décarbonation de l'économie - ce qui est stupide et contre-productif - ou théorie de genre, ce qui n'a rien à faire là, mais bon.
La question qui se pose, si tant est qu'on parvienne à produire des indicateurs qui soient parlants de la rationalité des actions, et qui prouvent qu'en étant respectés ou en ne l'étant pas, les impacts attendus sont ceux qui se produisent, consiste à franchir le Rubicon entre penser dans la boîte et penser hors de la boîte.
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C'est le moment où ces indicateurs ne sont plus de simples indicateurs mais des valeurs. C'est le moment où ce qui régit l'affectation des ressources, du travail et des produits - c'est à dire le Système - résulte de ces calculs.
La question qui reste devant cette perspective est de se dire qu'il n'y a plus aucune liberté. Il n'y a plus de libéralisme, au sens où l'entrepreneur a une idée et qu'il se bat contre les difficultés comme un glorieux chevalier avec son cheval et son épée, pour prouver au monde la gloire de sa vitalité et de ses idées. Se contentera-t-il de ne plus être qu'un robot soumis à une loi du marché ? (Ce que pourtant il aime tant imposer aux autres).
La réponse est non. Comme nous l'avons vu précédemment (3), ce qui fait la rationalité dépend exclusivement - comme on l'a dit au début - de l'autodétermination des peuples, et en particulier l'expression de ses aspirations. C'est ce qui permet d'évaluer la distance entre le résultat de l'économie et un idéal à atteindre ; et donc la valeur de nos actes.
En même temps (comme on l'a expliqué dans le livre sus-mentionné) les contraintes physiques, biologiques et morales déterminent le cadre où peut s'exercer cette volonté collective.
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Les choix individuels sont d'autant plus libres que, contrairement à un système régit par les forces de la valeur monétaire, un système régi par les forces de la valeur fonctionnelle consiste à ajuster les valeurs en fonction des actions des humains, tout en leur posant des limites légitimes.
En fait si le système des valeurs s'ajuste à l'action humaine, on a un mécanisme qui lui permet d'exprimer librement ses besoins, ses tendances et ses envies, son inspiration, tout en instillant de façon très concrète un résultat chiffré de leur action sur le bien commun.
Au final aucun système ne peut dire aux humains comment ils doivent se comporter. Le système capitaliste présuppose qu'ils seront bons et gentils et s'enfourne dans le piège du fait que ce ne soit pas le cas. Le système fonctionnaliste part du principe que l'action humaine est libre et que son rôle est d'assumer la fourniture des moyens d'agir, d'exister, en tenant compte de contraintes qui sont à la fois déterministes et de l'ordre de la volonté populaire.
Les deux systèmes sont agnostiques vis-à-vis de la nature humains, qui est laissée libre d'être aussi stupide qu'elle le veut. La seule différence est que le système capitaliste prétend faire le bien et fait le mal, tandis que le système fonctionnaliste prétend permettre aux humains de faire ce qu'ils veulent, dans la limite de faisabilité.
C'est elle, la volonté populaire - son besoin d'investir dans des routes, des bâtiments, des ponts, des transports etc. - qui détermine l'investissement, et ce à quoi le système de scorification donnera des crédits si jamais quelqu'un veut bien s'y atteler.
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Dans ce dernier cas, on a fait une opération extraordinaire puisque on a pensé une solution à l'extérieur de la boîte grâce à des outils qui ont pris racine dans une recherche de solutions à l'intérieur de la boîte.
Et en particulier, en prenant un contrôle collectif du destin de l'humanité, celle-ci se donne les moyens d'échapper au triste destin de l'entropie, qui consiste à laisser les choses se dégrader dans l'espoir qu'un dieu vienne nous sauver. Mais il ne viendra pas, du moins pas si on ne fait pas le premier pas.
La principale leçon du premier grand problème à l'échelle de l'humanité qu'elle doit résoudre collectivement, est à peu près la même que celles des libéraux fiers d'eux, c'est qu'il ne faut jamais avoir peur du changement. au contraire, il faut en prendre les devants et faire de son destin quelque chose de volontaire.