14/07/2026 french.presstv.ir  4min #320114

Des parlementaires iraniens exigent la fin du mémorandum d'entente avec l'Amérique

Près de 180 parlementaires iraniens ont publié un communiqué pour déclarer que le mémorandum d'entente d'Islamabad avec les États-Unis est devenu de facto caduc. Ils ont exigé la création d'une commission au Parlement pour veiller sur la mise en œuvre des conditions fixées par le Leader la Révolution islamique, l'Ayatollah Seyyed Mojtaba Khamenei, en promettant de venger le sang du Leader martyr.

La publication de ce communiqué, signé par près de 180 députés, a eu lieu après une semaine d'escalade des frappes militaires américaines sur le territoire iranien et la déclaration du président Donald Trump selon laquelle le cessez-le-feu est terminé.

"Nous nous engageons, au sein du Parlement, à ne négliger aucun instant les efforts, la planification et les mesures concrètes nécessaires pour venger le sang [du Leader martyr]", indique le communiqué.

Les députés ont appelé le conseil d'administration du Parlement à former immédiatement une commission spéciale chargée d'examiner les négociations et les accords afin d'assurer la mise en œuvre des conditions fixées par le Leader la Révolution islamique, l'Ayatollah Seyyed Mojtaba Khamenei.

Les parlementaires se sont engagés à donner la priorité à une législation renforçant la doctrine de défense et à approuver une loi régissant la gestion et la gouvernance du détroit d'Ormuz, témoignant ainsi de la détermination de Téhéran à maintenir son contrôle sur cette voie maritime stratégique.

Violation par Washington du mémorandum d'entente

Cette initiative parlementaire fait suite à de multiples violations par les États-Unis du mémorandum d'entente en 14 points signé le 17 juin.

Le 7 juillet, Washington a révoqué une licence autorisant les ventes de pétrole iranien et a lancé des frappes aériennes contre des positions militaires iraniennes après des attaques contre des navires marchands dans le détroit d'Ormuz.

Le Commandement central américain a déclaré avoir frappé plus de 80 cibles en Iran, dont plus de 60 embarcations de petite taille du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI).

En même temps, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé les États-Unis de "violation flagrante" du mémorandum d'entente. Il a déclaré que les frappes, la réimposition des sanctions pétrolières et la guerre menée actuellement par Israël au Liban avaient rendu "inopérantes les parties importantes et fondamentales de l'accord sur la cessation des hostilités".

S'exprimant mercredi dernier au sommet de l'OTAN à Ankara, Trump a déclaré la fin du cessez-le-feu. "Je ne veux plus traiter avec eux [...] Pour moi, c'est terminé", a-t-il lancé.

En réponse aux frappes américaines, les forces navales et aérospatiales du CGRI ont mené des frappes sur 85 installations militaires américaines au Bahreïn et au Koweït. Les autorités iraniennes ont averti que tout pays autorisant l'utilisation de son territoire pour des attaques contre l'Iran pourrait devenir une cible légitime.

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, négociateur en chef de Téhéran, a accusé les États-Unis de violations "majeures" des accords, notamment "la violation des arrangements iraniens dans le détroit d'Ormuz", des menaces persistantes de nouvelles frappes, la réimposition des sanctions pétrolières et la poursuite de l'agression israélienne au Liban.

"L'ère de l'intimidation et de l'extorsion est révolue", a-t-il déclaré, avertissant que toute tentative de chantage envers l'Iran serait vaine.

Le mémorandum d'Islamabad a été signé en juin, après des mois de négociations diplomatiques menées sous l'égide du Pakistan, à la suite de quarante jours de la guerre d'agression israélo-américaine contre l'Iran, déclenchée le 28 février.

Ce mémorandum d'entente en 14 points engage les deux parties à mettre fin aux opérations militaires "sur tous les fronts" et prévoit la suspension des restrictions appliquées par l'Iran dans le détroit d'Ormuz, la levée du blocus naval américain et le déblocage des avoirs iraniens gelés.

Néanmoins, les États-Unis ont violé l'accord à plusieurs reprises, notamment par des frappes militaires, la révocation de licences de vente de pétrole et la poursuite des attaques israéliennes contre le Liban.

Lundi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré que le mémorandum d'entente était entré en crise, accusant Washington de le "démanteler systématiquement".

Des responsables iraniens ont affirmé que les États-Unis n'avaient pas respecté le délai de 30 jours imparti pour la mise en œuvre de l'article 5 du mémorandum, relatif à la gestion du détroit d'Ormuz.

M. Baghaï a déclaré que l'Iran ne remplirait plus ses obligations tant que Washington ne reviendrait pas à une politique de respect réciproque.

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