15/07/2026 reseauinternational.net  15min #320175

Le changement de paradigme géopolitique

"Être l'ennemi des États-Unis est dangereux, être son ami est fatal". ~ Henry Kissinger

"La faillite, ça commence lentement, lentement, lentement, puis ça va très vite". ~ Ernest Hemigway

Vers la fin des années 1990, j'ai commencé à avoir l'intuition du déclin des États-Unis, peut-être après avoir participé à des opérations ou exercices en commun. Puis la lecture de deux livres a structuré ce qui n'était qu'une vague intuition : Après l'Empire d'Emmanuel Todd (2002) et Le nouveau XXIe siècle - Du siècle américain au retour des nations de Jacques Sapir (2008). À partir de 2005, une fois à la retraite de l'armée de l'air, j'ai commencé à travailler sur le sujet, d'autant qu'en parallèle il se passait des choses à l'est. Mais avant d'entrer dans le vif du sujet, il nous faut aborder la courbe de Stuart Kauffman que la citation d'Ernest Hemingway illustre à la perfection.

La courbe de Stuart Kauffman

Stuart Kauffman est biologiste, chercheur sur les systèmes complexes et mathématicien. Vers le milieu des années 1990, on lui a demandé d'imaginer l'évolution du déploiement d'internet. Pour répondre à cette demande, il a créé une modélisation informatique. Il s'agit de considérer un ensemble de n éléments, de les relier deux par deux de façon aléatoire et d'observer la formation du plus grand groupe d'éléments reliés entre eux. En abscisse, on compte le nombre de liens créés et en ordonnée, on mesure la taille du plus grand groupe. En répétant cette expérience un grand nombre de fois, on obtient une courbe moyenne. Cette courbe est presque plate au début, elle semble ne pas évoluer, puis elle se redresse subitement à l'émergence d'une masse critique, passe par un point d'inflexion et enfin elle se stabilise à nouveau pour être proche de l'horizontale. Elle a alors atteint un nouvel état ; ça commence lentement... puis ça va très vite.

Cette courbe illustre les transitions de phase, dans quelque domaine que ce soit. Elle illustre en particulier le changement de paradigme géopolitique qui est, d'un point de vue biologique, une transition de phase, et c'est ce que nous allons analyser. Pour cela, il convient de caractériser l'ancien paradigme, celui de la fin de l'histoire...

L'ancien paradigme géopolitique

Le monde ancien, rêvé par ceux qui, peut-être sous l'effet de produits bizarres, s'imaginaient que l'histoire était finie, qu'un monde unipolaire, sous l'emprise de l'hégémonie étasunienne allait durer éternellement, est en fait fini, et ce, depuis longtemps (ça commence lentement... puis ça va très vite).

Le centre de gravité du monde ancien était le dollar en tant que monnaie de réserve mondiale et sur le système d'échange interbancaire SWIFT qui va avec. Cet état de fait permettait aux États-Unis d'alimenter une pyramide de Ponzi sur laquelle reposait le dollar parce que les pays du monde entier avaient besoin de dollars pour leurs échanges commerciaux. Du coup, toute l'économie américaine reposait sur des déficits commerciaux ainsi que sur des prix à la consommation et des taux d'intérêt artificiellement bas. Les États-Unis vivaient très au-dessus de leurs moyens grâce aux pays du reste du monde qui payaient la facture et vivaient en dessous de leurs moyens. En somme, les États-Unis vivaient au dépend de la productivité du reste du monde.

Dans cet ancien paradigme, l'armée américaine, réputée la plus puissante du monde depuis la guerre du Golfe de 1991, avait pour mission de punir les récalcitrants pour continuer à imposer le dollar. Ainsi en fut-il de Mouammar Kadhafi qui avait développé le dinar-or, monnaie adossée à l'or comme son nom l'indique, qu'il proposait aux pays africains pour vendre le pétrole libyen.

La chute des États-Unis

Pour analyser la chute des États-Unis, nous pouvons partir des réflexions du général Poirier qui présente la notion de stratégie intégrale d'État comme la "théorie et pratique de l'ensemble des forces de toute nature, actuelles ou potentielles, résultant de l'activité nationale, elle a pour but d'accomplir l'ensemble des fins définies par la stratégie générale. Elle associe les résultats des trois stratégies économique, culturelle et militaire dans une unité de pensée et d'action qui combine et leurs buts et leurs voies et moyens". Les stratégies économique et militaire s'appuient sur des puissances économique et militaire, la stratégie culturelle sur une forme de rayonnement. Selon ce prisme, qu'en est-il des États-Unis ?

Sur le plan économique, la transition d'une économie productive à une économie financière à partir du milieu des années 1970 a produit la désindustrialisation du pays et la destruction du tissu social américain. Les documentaires de Michael Moore en rendent compte de manière saisissante. Cela a provoqué une paupérisation de la population américaine qui ne fait que s'accélérer. En parallèle de cela, l'orientation des hauts diplômés vers les métiers de la finance plutôt que ceux de l'ingénierie a affecté le niveau de la recherche et a obéré la capacité de réindustrialisation des USA. Nous le constatons aujourd'hui. Les États-Unis accusent un immense retard dans les technologies stratégiques de pointe (hypersonique, imagerie quantique, etc.) et ne disposent pas de la main d'œuvre nécessaire pour recréer rapidement un tissu industriel : ingénieurs innovants, ouvriers qualifiés, etc. On peut ajouter à ce tableau que les infrastructures (ponts, routes, voies ferrées, etc.) sont très mal entretenues.

Sur le plan culturel, certaines universités américaines menacent de fermer faute d'élèves. En effet, les universités américaines sont des entreprises privées qui vivent de la contribution de leurs étudiants. Elles étaient attractives jusque dans les années 1990 et drainaient des étudiants du monde entier. Mais leur niveau a considérablement baissé. Les examens pour obtenir un diplôme reposent de plus en plus souvent sur des QCM plutôt que sur des questions ouvertes qui demandent d'élaborer une pensée autonome. Il en sort des individus aptes à appliquer des procédures plutôt que des esprits libres capables d'imagination et d'innovation, et cela s'en ressent dans le monde de la recherche et de l'industrie. Ce phénomène a débuté dans les années 1990 et ses résultats s'en font sentir aujourd'hui. En somme, la désindustrialisation intellectuelle accompagne la désindustrialisation physique du pays.

Sur le plan militaire, les programmes les plus récents sont des échecs techniques et opérationnels en plus d'être des gouffres financiers (chasseur F-35, porte-avions de la classe Gerald Ford, destroyer de la classe Zumwalt, sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de classe Columbia, etc.). La propagande arrive de moins en moins à masquer la réalité de ces programmes qui font parfois l'objet de débats houleux au Sénat. Par exemple, en 2019, le Sénat avait refusé de voter le budget pour le troisième porte-avions de la classe G. Ford en attendant que les nombreux problèmes rencontrés sur les premiers soient résolus. Dans un autre registre, une étude récente du Pentagone reprise par Robert F. Kennedy Jr. indique que 77% des jeunes Américains âgés de 17 à 24 ans sont inaptes au service militaire pour causes d'obésité, de consommation de drogues ou de problèmes psychiques. Mais pour revenir à la technologie de l'armement, sujet de fierté de la propagande américaine, les observateurs avertis notent la perte de performance des États-Unis, sans même considérer les faibles capacités de production du complexe industriel mis en lumière à l'occasion de la guerre de l'OTAN avec la Russie en Ukraine. Il manquait l'occasion d'en avoir la preuve. La preuve est apparue progressivement et éclate aux yeux du monde depuis 2022. Nous allons en situer des jalons à l'intérieur de la séquence globale de transition de phase, et relever les interactions entre puissance militaire et hégémonie du dollar. Mais d'abord, il nous faut évoquer les structures sur lesquelles s'appuie le nouveau paradigme géopolitique : l'OCS et les BRICS+.

L'OCS+ et les BRICS+

L'organisation de Coopération de Shanghai (OCS) est née après des bouleversements géopolitiques consécutifs à l'effondrement de l'URSS afin de stabiliser les relations entre la Russie, la Chine et les nouveaux États d'Asie centrale : la Kazakhstan, le Kirghizistan, l'Ouzbékistan et le Tadjikistan. Il s'agissait au départ d'une organisation essentiellement centrée sur la sécurité régionale et la coopération qui va avec. Elle est constituée de trois cercles concentriques : les États membre, les États observateur et les partenaires de discussion. Par élargissements successifs, elle intègre aujourd'hui l'Inde, le Pakistan, l'Iran et la Biélorussie. En outre, la Mongolie et l'Afghanistan sont membres observateurs tandis que le Sri Lanka, la Turquie, le Népal, l'Azerbaïdjan et l'Arménie sont partenaires de discussion. À partir des années 2013-2014, la coopération entre les pays de l'OCS s'est élargie aux questions géopolitiques, économiques et financières. Aujourd'hui, de nombreux pays frappent à la porte de ce qui devient l'OCS+.

Quant aux BRICS+, il s'agissait à l'origine des BRIC, un acronyme d'un économiste de Goldman Sachs, Jim O'Neill, qui, en 2001, avait regroupé les pays en forte croissance économique (Brazil, Russia, India, China). Cet acronyme est devenu une réalité géopolitique le 16 juin 2009 à Ekaterinbourg en Russie dans les conditions que nous verrons plus loin. En 2011, les BRIC devinrent BRICS avec l'adhésion de l'Afrique du Sud (South Africa). Depuis, à tour de rôle, ces cinq pays organisent les rassemblements annuels de ce groupe de pays qui attire de plus en plus de partenaires et qui élargit le champ de ses discussions. Actuellement, cinq pays ont rejoint les BRICS+ : l'Égypte, les Émirats arabes unis (EAU), l'Éthiopie, l'Iran et l'Indonésie et une vingtaine de pays frappent à la porte. À l'heure actuelle, le groupe représente 51% de la population mondiale et 40% du PIB mondial. En outre, les BRICS+ se sont doté d'une banque de développement basée à Shanghai, présidée par l'ancienne présidente du Brésil, Dilma Rousseff, qui, à l'inverse du FMI, n'exige aucune réforme structurelle ni ne fait aucune ingérence politique en échange de son aide, conformément à l'esprit des BRICS+ fondé sur la souveraineté des nations et le respect mutuel. De plus, ces pays utilisent de plus en plus le système d'échange interbancaire chinois CIPS en lieu et place de SWIFT.

Si l'OCS est une organisation régionale centrée au départ sur les questions de sécurité tandis que les BRICS+ forment un groupe plus étendu géographiquement basé initialement sur les questions économiques, les centres d'intérêt des deux organisations convergent, à tel point que l'idée d'une fusion des deux institutions commence à faire sens. L'avenir le dira.

Chronologie du changement de paradigme

Le top départ du changement de paradigme géopolitique a été donné par Vladimir Poutine à l'occasion de son discours à la conférence de Munich, le 10 février 2007 dans lequel il remet en cause le monde unipolaire, citant Franklin Roosevelt : "La sécurité de chacun signifie la sécurité de tous". Rappelons que Vladimir Poutine est libéral et qu'il a cherché à se rapprocher de l'Occident dès son arrivée au pouvoir. Il s'est ravisé après avoir constaté l'extension de l'OTAN vers l'est malgré les promesses faites à Gorbatchev en son temps.

Le top départ de la dédollarisation de l'économie mondiale a été donné à l'occasion du G-20 qui s'est déroulé à Washington les 14 et 15 novembre 2008. la Chine avait proposé de réfléchir à une monnaie, sur le modèle du bancor de John Maynard Keynes, pour remplacer, à terme, le dollar en tant qu'étalon monétaire international. Les États-Unis avaient évidemment refusé mais la date était prise. Dès lors, la Chine a commencé à se délester lentement mais sûrement de ses bons du trésor américains.

Dans la foulée de ce G-20, la première réunion des BRIC fut organisée le 16 juin 2009 à Ekaterinbourg, en Russie, donnant une réalité géopolitique à un acronyme. On peut dire que les années 2007 à 2009 marquent le début de la courbe de Stuart Kauffmann.

Le point d'inflexion de la transition de phase est probablement arrivée entre septembre 2013 et avril 2014. Le 3 septembre 2013, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne étaient prêts à lancer une attaque contre la Syrie. Au dernier moment, le président Obama annulait l'opération et opérait un revirement à 180°. La raison en est que les États-Unis avaient tirés deux missiles balistiques sur la Syrie qui avaient été détectés puis interceptés par des missiles antiaériens russes S-300, à partir de navires opérant en Méditerranée orientale. L'information était venue du journal libanais As-Safir le 13 septembre. Cet événement indiquait clairement que les capacités stratégiques défensives de la Russie étaient à même de s'opposer aux capacités stratégiques offensives des États-Unis. Le 7 septembre, à Astana, Xi Jinping annonçait son projet de nouvelles routes de la soie et disait qu'il allait falloir dédollariser l'économie mondiale. À ce moment-là, on pouvait voir l'association objective de la puissance militaire russe et de la puissance économique chinoise pour contrer l'hégémonie américaine. Le partenariat stratégique entre ces deux pays n'a fait que se préciser et se renforcer.

En mars 2014, à la suite du rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie consécutive à un référendum, six banques russes furent exclues du système de paiement interbancaire SWIFT. La conséquence fut le développement d'un système concurrent chinois, le CIPS, et d'un système russe, le MIR, puis d'actions coordonnées qui allaient mener à la création de la banque des BRICS. Précisons que SWIFT, en plus d'être un système technique est aussi et peut-être surtout, un outil de renseignement considérable car il offre une vision globale sur les échanges financiers mondiaux. Une fois de plus, et pas la dernière, les États-Unis se sont tiré une balle dans le pied en raison d'un hubris obsolète.

Puis, le 10 avril 2014, le destroyer USS Donald Cook, équipé du système AEGIS entrait en mer Noire pour une mission de démonstration de force au large de la Crimée. Deux jours plus tard, un SU-24, avion des années 70 aux entrées d'air carrées et à la signature radar énorme, entra dans le volume de détection des radars américains, fut détecté, sa trajectoire analysée, puis soudain, plus d'image sur les radars du système AEGIS. Quelques minutes plus tard, le SU-24, équipé d'une nacelle de guerre électronique, survolait le pont du Donald Cook. À partir de cet incident, j'ai compris que la Russie avait la supériorité militaire sur les États-Unis. En effet, dans mon livre L'art de la guerre aérienne, je démontre de manière logique que la supériorité dans le domaine de l'information, et particulièrement de la guerre électronique, est le préalable à la supériorité aérienne, elle-même préalable aux actions de surface.

La supériorité russe en matière de guerre électronique fut confirmée par le général Tony Thomas, chef du Commandement des opérations spéciales des États-Unis en Irak, lors d'un symposium sur la guerre électronique, GEOINT 2018 : "Actuellement, en Syrie, nous nous trouvons, du fait de nos adversaires, dans l'environnement de guerre électronique le plus agressif que l'on puisse trouver dans le monde. Ils nous attaquent chaque jour, interrompant nos communications, désactivant nos EC-130, etc. [...] l'infériorité sévère des forces US dans le domaine de la guerre électronique. [...] les capacités de guerre électronique de la Russie ne fonctionnent pas à pleine capacité en Syrie. Si la Russie décidait de le faire, les États-Unis perdraient toutes leurs capacités de communication dans la région..."

Du reste, le déploiement d'une cinquantaine d'aéronefs en Syrie fin septembre 2015, au nez et à la barbe des radars de l'OTAN, confirmèrent cette supériorité.

Puis, le 1er mars 2018, à l'occasion d'un discours, Vladimir Poutine dévoilait de nouvelles armes invincibles développées par les centres de recherche russes, hypersoniques ou sous-marines. Ces armes hypersoniques invulnérables confèrent à la Russie une supériorité stratégique offensive et lui offre un outil de dissuasion conventionnelle intermédiaire. Sauf à rester confiné dans une bulle d'auto-persuasion, il n'était alors plus permis de douter de la supériorité de la technologie militaire russe.

Enfin, venons-en à l'asymptote de la courbe de Stuart Kauffman. À la suite du refus de l'OTAN d'accéder à ses demandes de définir un cadre de sécurité en Europe, Vladimir Poutine lance l'opération militaire spéciale (OMS) le 24 février 2022. Cette opération militaire confronte l'armée russe à celles de l'OTAN en Ukraine et elle révèle la supériorité militaire écrasante de la Russie sur l'OTAN, donc sur les États-Unis, dans les domaines de la technologie, de la capacité industrielle, de la stratégie et de la tactique. Le monde entier, en dehors de l'occident lobotomisé par la propagande des médias de grand chemin, a alors pris conscience de cette supériorité, ce qui a constitué un facteur décisif d'accélération de la dédollarisation de l'économie mondiale. En effet, sous le parapluie russe (plus de 40 pays africains ont signé des accords de coopération militaire avec la Russie) les pays du sud global peuvent se passer sereinement du dollar pour leurs échanges commerciaux. Ils n'ont plus à craindre de mesures de rétorsion de la part de l'armée américaine.

L'Empire est en phase finale d'effondrement et on a l'impression que les "élites" occidentales ne l'ont toujours pas compris. Les États-Unis se comportent toujours comme s'ils pouvaient dicter leur loi au reste du monde. Ainsi, face au nouvel ordre mondial qui se lève à l'est, leurs réactions sont inappropriées, voir grotesques. Sans entrer dans les détails techniques des menaces et des décisions prises par l'actuel président des États-Unis ainsi que de leurs conséquences, qui paye le prix des droits de douane ou ce genre de choses, on peut résumer la situation actuelle de la façon suivante : les États-Unis utilisent des modes d'action qui fonctionnent dans le cadre d'un rapport de forces du fort aux faibles alors qu'ils n'ont toujours pas compris qu'ils sont dans un rapport de forces du faible aux forts. Du coup, non seulement leurs actions sont inefficaces, mais pire, elles se retournent contre eux dans un effet de boomerang. De façon caricaturale et théâtrale, Donald Trump accélère la chute de l'Empire et renforce les liens entre les pays des BRICS+ et de l'OCS+. Alors, n'ayant plus de prise sur le sud global, il s'en prend à ses vassaux, les pays européens dirigés pas des psychopathes médiocres, couards, idiots et incultes.

De toutes les façons, les États-Unis vont devoir "passer à la caisse". Finiront-ils en pays du Tiers-monde ? Se disloqueront-ils ? L'avenir le dira. En tout état de cause, ces scénarios sont possibles.

Les pays d'Europe occidentale suivront, chacun à sa façon. L'OTAN et l'UE s'effondreront comme s'est effondrée l'URSS et les "élites" actuellement en place devront rendre des comptes. Les pays occidentaux subiront des changements de régime. Ces événements se produiront mais il est difficile de prévoir la tournure exacte qu'ils prendront. Il est donc important de s'y préparer, penser le futur souhaitable et la transition pour y arriver : la place de la France redevenue souveraine dans un monde multinodal, fondée sur des principes ; la stratégie à mener pour atteindre cet objectif ; la phase de transition, pacifique, fondée sur le droit et implémentée avec méthode.

 Régis Chamagne

 1 - Les origines de la construction européenne
 2 - La réalité des institutions européennes
 3 - Les raisons d'espérer
 4 - Vers une révolte ?

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