16/07/2026 les-crises.fr  13min #320265

Data Centers : 108 milliards de dollars d'investissements étrangers en France, la moitié destinés à Softbank

PARIS, le 1er juin (Reuters) - Plusieurs entreprises se sont engagées à investir 93 milliards d'euros (108 milliards de dollars) en France, dont la moitié est destinée à un projet de centre de données soutenu par SoftBank (9984.T), alors que le président Emmanuel Macron cherche à tirer parti du potentiel nucléaire pour faire du pays un leader mondial dans le domaine de l'IA.

Source :  Reuters, Michel Rose, Anton Bridge
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Le président français Emmanuel Macron s'exprime aux côtés de Masayoshi Son, président-directeur général du groupe SoftBank, lors d'une déclaration commune à l'issue d'une réunion à l'Élysée, à Paris, le 1er juin 2026. LUDOVIC MARIN/Pool via REUTERS Acheter les droits d'utilisation

Macron a déclaré que les 71 projets dévoilés lors du sommet "Choose France" de cette année marquaient une année record en matière d'investissements étrangers et devraient permettre de créer plus de 15 600 emplois, alors que le taux de chômage, qui reste supérieur à la moyenne de l'Union européenne, a récemment dépassé les 8 %.

L'investisseur japonais dans le secteur des technologies SoftBank va investir 45 milliards d'euros pour construire trois centres de données d'une capacité totale de 3,1 gigawatts dans la région des Hauts-de-France d'ici 2031.

Cet investissement pourrait potentiellement atteindre 75 milliards d'euros, a déclaré Masayoshi Son, PDG de SoftBank, à la veille du rassemblement annuel organisé par Emmanuel Macron et réunissant l'élite mondiale des entreprises, qui devait s'ouvrir plus tard dans la journée de lundi au château de Versailles.

"C'est un investissement colossal qui se profile", a déclaré Son, ajoutant que ce projet aiderait l'Europe à rattraper son retard sur les États-Unis et la Chine en matière de capacité de calcul dans le domaine de l'IA.

"C'est ce que nous faisons déjà aux États-Unis ; nous disposons donc d'un modèle, nous avons le vent en poupe, et nous pouvons faire de la France le centre de l'Europe (en matière d'IA). Et l'Europe a besoin de ce type de technologie d'IA."

Cet investissement est le dernier en date d'une série d'investissements massifs réalisés par SoftBank dans les infrastructures mondiales d'intelligence artificielle.

À ce jour, Softbank a investi plus de 30 milliards de dollars dans OpenAI, détenant ainsi une participation de 11 % dans la société à l'origine de ChatGPT, et s'est engagée à investir 30 milliards de dollars de plus dans cette entreprise au cours de l'année 2026.

La compagnie joue également un rôle de premier plan dans le financement du projet Stargate, d'un montant de 500 milliards de dollars, visant à construire des centres de données aux États-Unis.

"Les États-Unis avancent à grands pas. La Chine avance à grands pas. L'Europe, le Japon et l'Asie doivent eux aussi aller de l'avant pour ne pas se laisser distancer", a déclaré Son lors d'une intervention à l'Élysée.

Les engagements d'investissement annuels dans le cadre de l'initiative "Choose France" ont atteint le chiffre record de 93 milliards d'euros en 2026, soit plus du double des 40,8 milliards d'euros de l'année dernière et atteignant un montant supérieur au total cumulé annoncé pour la période 2018-2025.

LA FRANCE COMMERCIALISE SES CAPACITÉS DE PRODUCTION NUCLÉAIRE

"Pour nous, c'est une grande réussite", a déclaré Macron lundi à propos de l'investissement de SoftBank. "Nous comblons clairement le retard que nous avions en matière de capacité de calcul en Europe."

Macron cherche à tirer parti du parc français de 57 réacteurs nucléaires et de l'excédent d'électricité croissant pour promouvoir le pays en tant que pôle d'excellence dans le secteur de l'IA et pour accueillir les centres de données, très gourmands en énergie, nécessaires pour répondre aux besoins informatiques de cette nouvelle technologie.

"La France exporte de l'électricité", a déclaré Son. "Nous pouvons transformer l'électricité, cette matière première, en intelligence à plus forte valeur ajoutée, ce qui revient à dire que la France peut exporter de l'intelligence."

Le PDG japonais a déclaré que l'accord s'était conclu rapidement après sa rencontre avec Macron à Tokyo en avril, lors d'une visite d'État.

Il m'a demandé : "Masa, tu es rapide ?" Je lui ai répondu : "Oui, je suis rapide", a déclaré Son.

Il a ajouté que leurs équipes s'étaient ensuite employées à ⁠conclure l'accord à temps pour le sommet "Choose France" de Macron, dont le président se sert depuis neuf ans pour séduire les PDG et les décideurs du monde entier.

Depuis 2018, ces sommets ont donné lieu à l'annonce de quelque 231 projets, pour un montant total de promesses d'investissement à hauteur de 87 milliards d'euros.

(1 dollar = 0,8579 euro)

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Michel Rose couvre l'actualité politique et diplomatique française ; ainsi, il rend compte depuis 2017 des activités du président Emmanuel Macron à l'Élysée et de la montée de l'extrême droite sous la houlette de Marine Le Pen. Il couvre également les rapports de force au sein de l'Union européenne. Auparavant, il était spécialisé dans la macroéconomie et l'énergie. Il a travaillé au bureau de Reuters à Milan, en Italie, pendant la crise de la dette de la zone euro, ainsi qu'au siège de Londres. Diplômé de la London School of Economics et de la Sorbonne, Michel s'intéresse aux questions de santé mentale et de diversité sociale.

Source :  Reuters, Michel Rose, Anton Bridge, 01-06-2026

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises


Selon un sondage Reuters/Ipsos, les Américains se montrent méfiants face au boom des centres de données liés à l'IA

Source :  Reuters, Valérie Volcovici, Jason Lange
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Vue aérienne d'un centre de données d'Amazon Web Services, connu sous le nom d'"US East 1", situé à Ashburn, en Virginie (États-Unis), le 20 octobre 2025. REUTERS/Jonathan Ernst/Photo d'archive. Acheter les droits d'utilisation

WASHINGTON, 11 juin (Reuters) - Selon un nouveau sondage Reuters/Ipsos, seulement un Américain sur trois approuve le rythme effréné de la construction de centres de données pour l'intelligence artificielle, et la plupart s'opposeraient à l'implantation d'un tel centre dans leur propre commune.

Les résultats du sondage reflètent le malaise généralisé de l'opinion publique face à l'essor des centres de données aux États-Unis, une question qui occupe les esprits des électeurs et des équipes de campagne à l'approche des élections de mi-mandat du 3 novembre.

L'administration du président américain Donald Trump a fait du développement rapide de l'intelligence artificielle une priorité, citant la Chine comme un rival concurrentiel, et a demandé aux agences fédérales d'accélérer la délivrance des autorisations pour les infrastructures liées à ce secteur.

Ce sondage, mené pendant six jours auprès de 4 531 personnes dans tout le pays et clôturé lundi, a révélé que seuls 33 % des Américains partageaient l'avis selon lequel la construction rapide de centres de données était globalement une bonne chose. Environ 64 % n'étaient pas d'accord.

Le soutien à la construction rapide de centres de données était légèrement plus élevé chez les Républicains que chez les Démocrates.

Quelque 57 % des personnes interrogées, dont les deux tiers des Démocrates et la moitié des Républicains, ont également déclaré qu'elles s'opposeraient à la construction d'un centre de données dans leur commune. Seuls 14 % des personnes interrogées se sont dites favorables à la construction d'un tel centre à proximité de chez elles, selon le sondage Reuters/Ipsos.

Selon Cleanview, un cabinet d'études spécialisé dans le suivi des centres de données, 710 centres de données sont actuellement en service aux États-Unis et 1 062 autres projets sont envisagés.

INQUIÉTUDES CONCERNANT LES PRIX DE L'ÉLECTRICITÉ

Les algorithmes d'IA obligent les centres de données à consommer d'énormes quantités d'électricité, ces projets occupent souvent de vastes étendues de terrain et consomment d'importantes quantités d'eau sans pour autant créer un nombre significatif d'emplois à long terme.

À l'approche des élections de mi-mandat, certains Démocrates, dont Graham Platner, candidat progressiste au Sénat américain représentant le Maine, mènent leur campagne en mettant en avant le risque que les centres de données fassent grimper les prix de l'électricité, cherchant ainsi à exploiter la vulnérabilité des Républicains face à la hausse de l'inflation, alors que depuis plus de deux mois, le prix moyen de l'essence au niveau national dépasse les 4 dollars le gallon.

Ce message pourrait trouver un écho.

Selon le sondage Reuters/Ipsos, environ 77 % des personnes interrogées, parmi lesquelles on retrouve des pourcentages similaires de Républicains, de Démocrates et d'Indépendants, déclarent craindre que l'IA n'entraîne une hausse du prix de l'électricité.

"Cela m'inquiète énormément", a déclaré Mark Thompkins, l'un des participants à l'enquête, un Républicain de 65 ans qui vit dans une zone rurale du comté de Hancock, près d'Indianapolis, et qui occupe le poste de chef de projet principal dans une entreprise de télécommunications. "Mes factures d'électricité sont déjà assez élevées comme ça."

La Commission de développement métropolitain d'Indianapolis va examiner un projet de construction d'un centre de données d'une valeur de 2 milliards de dollars dans la partie est de la ville, lequel est présenté par le promoteur DC Blox, et ce en dépit de la vive opposition exprimée lors d'une audition qui a fait salle comble en avril.

Loren Smith, 72 ans, retraité résidant à South Bend et autre participant républicain à l'enquête, a déclaré qu'il était lui aussi préoccupé par la rapidité avec laquelle les centres de données et leurs infrastructures sont construits, ainsi que par le manque de transparence des promoteurs et des élus locaux concernant ces projets.

"Les responsables politiques restent très discrets sur ce qu'ils proposent en matière d'allègements fiscaux", a déclaré Smith, ajoutant que les centres de données figuraient parmi ses trois principales priorités pour les élections de mi-mandat."

Les inquiétudes concernant les centres de données s'inscrivent dans un contexte plus large, celui de la crainte que l'expansion rapide de l'IA ne bouleverse le marché du travail. Selon ce sondage, la moitié des Américains craignent que l'IA ne les prive, eux ou un membre de leur foyer, de leur emploi.

Face à la levée de boucliers de l'opinion publique, quatorze États ont envisagé ou envisagent actuellement d'instaurer un moratoire sur les nouveaux projets de centres de données.

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Valérie Volcovici couvre, depuis Washington, l'actualité des politiques climatiques et énergétiques américaines. Elle s'intéresse tout particulièrement aux réglementations climatiques et environnementales au sein des agences fédérales et au Congrès, ainsi qu'à la manière dont la transition énergétique transforme les États-Unis. Elle traite également, entre autres, de la pollution du plastique, un sujet pour lequel ses reportages ont été primés, ainsi que des tenants et aboutissants de la diplomatie climatique mondiale et des négociations climatiques des Nations Unies.

Jason Lange est correspondant à Washington, il est spécialisé dans les données politiques. Envoyez vos informations à jason.lange@thomsonreuters.com

Source :  Reuters, Valérie Volcovici, Jason Lange, 11-06-2026

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Ces villes se sont rebellées contre les centres de données... et ont gagné

Source :  Business Insider, Lauren Edmonds
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Lors d'une réunion publique dans le nord de l'État de New York, des habitants ont réclamé un moratoire sur la construction de centres de données. Albany Times Union/Hearst Newspapers/Albany Times Union via Getty Images

Partout aux États-Unis, les Américains se mobilisent contre l'essor des centres de données lié à l'intelligence artificielle.

Aujourd'hui, de plus en plus d'élus locaux leur apportent leur soutien, en adoptant des restrictions, en imposant des moratoires ou en interdisant purement et simplement la construction de ces structures.

Restrictions en vigueur concernant les centres de données Source : Interconnected Capital, "US Data Center Moratorium Tracker" Randy Yeip/BI

Les centres de données sont devenus un sujet de controverse majeur aux États-Unis, où les géants de la technologie, les développeurs et les investisseurs injectent des milliards de dollars dans des projets de construction à grande échelle. Ces installations abritent les serveurs qui font fonctionner les produits d'IA commercialisés par les géants de la technologie et les principales start-ups spécialisées dans l'IA, telles qu'Anthropic et OpenAI.

Même si les centres de données ne sont pas une nouveauté aux États-Unis, la révolution de l'IA alimente une demande sans cesse croissante et nécessite des installations dont la taille éclipse largement celles du passé. Une enquête de Business Insider publiée la semaine dernière a révélé qu'en 2025, 1 416 centres de données seraient déjà construits ou dont la construction aurait été approuvée dans 45 États et à Washington.

Remarque : les emplacements des installations proviennent des adresses indiquées dans les autorisations d'émission délivrées pour les groupes électrogènes de secours des centres de données et peuvent différer légèrement des emplacements physiques. Certaines images satellites peuvent ne pas refléter l'emprise actuelle au sol. Pour les sites dont les autorisations ont été caviardées ou ne mentionnaient pas la puissance des groupes électrogènes, la consommation d'électricité est mentionnée comme "non communiquée". Dans certains cas, un seul permis régit les groupes électrogènes de plusieurs centres de données sans préciser leur nombre dans chaque installation. Pour les permis mentionnant clairement plusieurs adresses, Business Insider a cartographié chaque emplacement ; la consommation d'électricité estimée correspond toutefois au total de l'ensemble des sites concernés.

La Maison Blanche a soutenu l'initiative visant à multiplier les centres de données. En 2025, l'administration Trump a accéléré la procédure fédérale d'octroi des permis de construire et a chargé le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, d'apporter un soutien financier à certains projets. L'administration a également soutenu le projet Stargate, un cofinancement réunissant OpenAI, Oracle et SoftBank qui vise à développer une infrastructure dédiée à l'intelligence artificielle.

Les partisans de ces projets affirment que les centres de données créeront de nouveaux emplois et renforceront l'économie, et que de plus ils sont indispensables si les États-Unis veulent rivaliser avec la Chine pour devenir le leader mondial de l'IA. Les détracteurs, en revanche, s'inquiètent davantage de l'impact que ces installations auront sur les communautés où elles sont construites.

Ils s'inquiètent de l'impact sur l'environnement, la faune, les ressources en eau, la qualité de l'air, les coûts de l'électricité, la circulation et les niveaux de bruit. Certains ont également critiqué les élus locaux et les promoteurs immobiliers pour ce qu'ils qualifient de manque de transparence dans le processus d'autorisation. Ces derniers mois, les manifestants ont envahi les réunions publiques, lancé des pétitions et sont même allés jusqu'à intenter des actions en justice pour empêcher la construction de centres de données.

Certaines personnalités de premier plan du secteur des centres de données, notamment Jeff Bezos et Kevin O'Leary, ont tenté d'influencer l'opinion publique. Cette campagne de communication n'a toutefois pas eu beaucoup d'impact. Une enquête menée en début d'année par le Pew Research Center a révélé que les Américains ont d'autant plus une mauvaise opinion des centres de données qu'ils en savent davantage à leur sujet.

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Lauren Edmonds est une journaliste primée au sein de la rédaction de Business News. Lorsqu'il n'y a pas d'actualité brûlante, elle traite des finances personnelles, de l'économie au quotidien et des moyens à disposition pour atteindre l'indépendance financière, notamment grâce à l'investissement, à l'immobilier, aux activités complémentaires et aux petites entreprises. Elle publie également des articles sur les programmes de revenu garanti et de revenu de base universel aux États-Unis.

Source :  Business Insider, Lauren Edmonds, 14-06-2026

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