Le détroit d'Ormuz reste fermé à la navigation commerciale normale, contrairement aux allégations du président américain, Donald Trump qui soutient qu'il est ouvert à tout trafic maritime à l'exception des navires iraniens.
Le locataire de la Maison-Blanche a annoncé cette semaine sur les réseaux sociaux que le détroit était ouvert à "tous les navires", sauf ceux de l'Iran, déclarant que les États-Unis étaient désormais "le garant du détroit d'Ormuz".
Cependant, les données de suivi maritime montrent que seuls cinq navires ont traversé le détroit mercredi, dont un yacht, plusieurs petites embarcations et un pétrolier transportant des produits chimiques, a rapporté dans son édition de ce vendredi 17 juillet le quotidien américain The Washington Post.
Des milliers de navires sont restés bloqués dans le golfe Persique depuis le début de la nouvelle agression américano-israélienne contre l'Iran, avec seulement un nombre limité de navires ayant pu emprunter cette voie maritime lors de brèves pauses dans la guerre.
Ces derniers développements interviennent après l'effondrement d'un protocole d'accord négocié par le Pakistan visant à mettre fin à la guerre, à la suite des violations du document par les États-Unis.
L'Iran appelle les pays de la région à coopérer pour garantir la sécurité du détroit d'Ormuz, affirmant que la présence américaine est la principale source d'instabilité.
Le Commandement central américain (CENTCOM) a mené au cours de la semaine dernière plusieurs vagues d'agression militaire contre des provinces du sud de l'Iran, tuant pas moins de 40 Iraniens, dont des civils.
L'Iran a riposté à ces attaques en lançant des missiles et des drones contre des installations militaires américaines dans la région.
Les États-Unis ont rétabli leur blocus naval illégal contre les navires iraniens, une mesure condamnée par Téhéran comme un acte de "piraterie maritime".
Sous l'ordre de Donald Trump, les forces terroristes américaines ont ciblé vendredi matin plusieurs ponts dans la province de Hormozgan, tuant au moins sept personnes.
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Dans le cadre du dit blocus, les forces navales américaines ont averti les navires à destination des ports iraniens de faire demi-tour et mis hors service ceux qui refusaient de se conformer. L'un de ces cas concernait un pétrolier vide battant pavillon de Curaçao qui tentait de rejoindre le terminal pétrolier de l'île iranienne de Kharg.
Mardi, les forces américaines ont diffusé un message radio aux navires rassemblés près du détroit, déclarant : "Les forces américaines sont prêtes à maintenir la liberté de navigation et à protéger le commerce légal conformément au droit international. La route sud du détroit reste ouverte."
Selon un enregistrement examiné par The Wall Street Journal, un marin a répondu à la radio par l'expression anglaise "F- off", une injure pouvant se traduire par "allez-vous faire voir".
L'Iran a déclaré que le détroit d'Ormuz resterait fermé "jusqu'à nouvel ordre" et au moins "jusqu'à la fin de l'ingérence américaine dans la région".
En réaction aux propos de Donald Trump, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi a rejeté les allégations des autorités américaines concernant cette voie maritime stratégique.
"Le président américain Donald Trump a absolument raison. Quiconque assure un passage sûr et sécurisé aux navires commerciaux à travers le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré pour ce service", a écrit M. Araghchi sur les réseaux sociaux.
"L'Iran a toujours été le gardien du détroit d'Ormuz et le restera pour toujours. 20 %, c'est bien sûr trop élevé. Nous serons équitables", a-t-il ajouté.
Le porte-parole de l'armée iranienne, le général de brigade Mohammad Akraminia, a également rejeté l'idée selon laquelle les frappes américaines contre des sites situés sur la côte sud de l'Iran pourraient affaiblir le contrôle de Téhéran sur le détroit.
"La République islamique d'Iran est capable d'exercer son contrôle sur le détroit d'Ormuz à partir de n'importe quel point de son territoire", a-t-il martelé.
Il a souligné que le contrôle iranien de cette voie maritime stratégique ne dépendait pas de côtes ou d'îles spécifiques, ajoutant : "Sans aucun doute, nous résisterons jusqu'au bout et nous neutraliserons les interventions américaines dans la région."
L'agression américaine a perturbé le transport d'environ 20 millions de barils de pétrole brut et de produits raffinés par jour.
Le Fonds monétaire international (FMI) a déclaré mercredi que l'économie mondiale avait évité le pire après le récent choc pétrolier grâce aux réserves constituées ces dernières années. Toutefois, des responsables du FMI ont souligné que ces réserves ont désormais été largement puisées, une évolution qui pourrait affaiblir la capacité mondiale à absorber un choc similaire à l'avenir.
L'épuisement des réserves accroît le risque que les fluctuations des prix du pétrole se répercutent plus directement sur les consommateurs et l'industrie.
