Selon un rapport, le trafic maritime commercial dans le détroit de Bab el-Mandeb a chuté à son plus bas niveau depuis des mois après que les forces yéménites ont ciblé les installations pétrolières saoudiennes le long de la côte de la mer Rouge.
Selon les données de transport maritime publiées le lundi 27 juillet par Kpler, seuls 11 navires transportant des marchandises ont franchi le détroit de Bab el-Mandeb, la veille, sur fond du blocus appliqué par les Yéménites aux exportations saoudiennes.
La baisse du trafic maritime a fait grimper les prix du pétrole brut en Asie de l'Ouest, en Europe et en Afrique à leur plus haut niveau depuis deux mois, selon les estimations publiées la semaine dernière.
Parmi les navires ayant traversé Bab el-Mandeb dimanche, sept étaient des pétroliers, dont trois entrant en mer Rouge. Deux très grands transporteurs de pétrole brut (VLCC) faisaient route vers le port saoudien de Yanbu pour charger du brut, tandis que le troisième était un pétrolier lié à la Russie.
Quatre navires ont quitté la mer Rouge le même jour, dont le VLCC New Explorer, battant pavillon de Hong Kong, transportant environ deux millions de barils de brut saoudien et émirati à destination du port chinois de Ningbo.
Parmi les autres cargaisons expédiées figuraient un million de barils de pétrole brut russe à destination de la Chine et environ 750 000 barils de pétrole brut saoudien à destination du Pakistan.
Un autre VLCC battant pavillon hongkongais, le New Pearl, traversait également le détroit de Bab el-Mandeb en direction du port chinois de Zhoushan, avec à son bord deux millions de barils de pétrole brut saoudien. Il devenait ainsi le quatrième superpétrolier à destination de la Chine à quitter la mer Rouge depuis l'annonce du blocus naval par le Yémen.
Le 13 juillet, les forces saoudiennes ont frappé l'aéroport international de Sanaa, violant un cessez-le-feu en vigueur depuis quatre ans, ce qui a entraîné la reprise des opérations de représailles des forces armées yéménites.
Dans les jours qui ont suivi, les forces yéménites ont ciblé des sites stratégiques en Arabie saoudite, notamment l'aéroport international d'Abha, en réponse directe à la poursuite de l'agression militaire saoudienne.
Le porte-parole des forces armées yéménites, le général Yahya Saree a annoncé que des installations pétrolières d'Aramco, en Arabie saoudite, ont été frappées par des missiles et des drones.
Lundi dernier, le mouvement de résistance yéménite Ansarallah a annoncé l'adoption d'une politique de "siège pour siège", déclarant un blocus naval contre le trafic maritime saoudien via le détroit de Bab el-Mandeb.
Le mouvement a déclaré que cette mesure visait à contrer les restrictions et la pression militaire imposées au Yémen, soulignant que ses opérations se poursuivraient jusqu'à la fin des attaques contre le pays.
Samedi, le porte-parole des forces armées yéménites, Yahya Saree, a déclaré que le groupe de résistance avait ciblé des installations appartenant à la compagnie pétrolière nationale saoudienne Aramco dans les villes de Jizan et de Yanbu.
