
par Candice van Eijk-Vacle

Près de Bordeaux, il y a le site nucléaire militaire CEA CESTA de Le Barp ayant pour administratrice générale Madame Anne-Isabelle Etienvre et pour directeur des applications militaires Monsieur Jérôme Demoment (1). Ce site est responsable de la conception d'ensemble des têtes nucléaires de la dissuasion française. De plus, ce site exploite le Laser Mégajoule, grand instrument de recherche qui permet de réaliser des expériences à très hautes températures et pressions, pour améliorer les modèles physiques de simulation du fonctionnement des charges nucléaires. Un site militaire très sensible donc. (2)
Ce site est à 16 kilomètres de la ville de Cestas correspondant à la banlieue sud-ouest de Bordeaux (3). Il est à 32 kilomètres du centre-ville de Bordeaux et à environ 7 km des incendies géants actuels non maîtrisés de Gironde qui ont débuté mercredi 22 juillet 2026. (4)
Les communes de Le Barp et de Cestas ont été évacuées. (5)
Pour la forêt du CEA CESTA, le choix a été principalement le pin maritime, écrit la préfecture de la région Aquitaine. Ce résineux hautement inflammable est dans une moindre mesure mélangé, en ce lieu, avec des feuillus (6). Il n'est pas possible de vérifier sur Google Map les essences d'arbres au plus près du CEA CESTA car ce site militaire est flouté.
Dans le département de la Gironde "les flammes ont ravagé 42 000 hectares depuis mercredi [22 juillet 2025]", soit 420 kilomètres carrés. 4, (7)
Les moyens actuellement mobilisés pour les incendies de Gironde sont : "2500 sapeurs-pompiers déployés et 18 moyens aériens [...], mais aussi 1500 militaires sont en appui des sapeurs-pompiers". (8)
"240 habitations ont été détruites en Gironde, selon la préfecture. Si aucune victime civile n'est à déplorer, plus de 75 sapeurs-pompiers ont été blessés, dont dix ont dû être évacués". 4
À Bordeaux, mardi 28 juillet 2026, il est prévu 36 degrés et mercredi 29 juillet 2026, 39 degrés. Des températures caniculaires. Ces incendies géants se produisent dans le contexte d'un été 2026 où arrive une quatrième vague de chaleur exceptionnelle et une troisième canicule.
Sachant que le site nucléaire militaire du CEA CESTA de Le Barp a notamment des matières radioactives comme de l'uranium et des déchets radioactifs (9), quelles seraient les conséquences d'un incendie de ce site, pour les Bordelais, la région, la France, l'Espagne, l'Océan... ? L'air, le sol et l'eau seraient pollués, mais sur quelle superficie ? Cela dépendrait du vent... ? Comment faudrait-il protéger la nature de cette radioactivité ? En arrosant le site... ? Comment protéger les populations...?
Selon Manfred van Eijk, réalisateur de documentaires scientifiques et historiques pour la télévision publique néerlandaise ayant fait plusieurs documentaires sur les feux de forêts dans le sud de l'Europe, une idée dans l'urgence pour protéger le CEA CESTA de l'incendie géant est de couper les arbres 50 mètres autour de ce CEA et de créer 4 ou 5 larges corridors pour les pompiers pour accéder à ce CEA en coupant les arbres et en déboisant tout sur ce passage. Une autre idée, selon lui, sur le long terme, est de ne surtout pas faire de monoculture de pin et de diversifier davantage les essences d'arbres (chênes...) et de bien nettoyer les forêts pour prévenir de futurs incendies. (10), (11)
Peut-être est-ce une idée aussi d'humidifier les sols autour du CEA CESTA, voire de les inonder avec le ruisseau Lacanau qui prend sa source dans la commune de Le Barp (12) ? Peut-être est-ce une mauvaise idée car il pourrait y avoir un risque de pollution avec de l'uranium ?
En effet, "en 2017, comme chaque année, les eaux des deux mares surveillées à l'intérieur du site [...] apparaissent marquées par l'uranium et le cuivre". (13)
Les incendies géants de Gironde et l'hypothèse de couper tant d'arbres pour protéger le CEA CESTA fendent le cœur, surtout par temps de canicule. En effet, "les forêts limitent les impacts du changement climatique et nous protègent. Génératrices de fraîcheur grâce à l'ombre et au flux d'eau, elles tirent parti de la lumière du soleil quand le béton ne fait qu'augmenter la température ambiante. L'eau transpirée par les arbres et évaporée à leur entour rafraîchit l'air et le sol", écrivent le journaliste scientifique Damien Desbordes et le juriste Quentin Ghesquière dans leur livre "S'adapter ou mourir - Coexister avec le changement climatique" de 2025. (14), (15)
Enfant, j'ai passé de sublimes et inoubliables vacances dans les Landes. J'espère de tout cœur que cette région va renaître plus belle encore avec des projets environnementaux adaptés au changement climatique.
Paix aux âmes de tous les animaux décédés dans d'atroces souffrances durant ces incendies: les écureuils roux, les cerfs, les blaireaux, les pics verts... (16)
(28) juillet 2026, 2h40
Paix