01/08/2026 reseauinternational.net  6min #321987

L'Iran avertit Paris et Londres : le déminage d'Ormuz est une ligne rouge

par Faouzi Oki

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a déclaré en fin de juillet que Téhéran avait averti le Royaume-Uni et la France de ne mener en aucun cas des opérations de déminage dans le détroit d'Ormuz, affirmant que les deux pays avaient informé l'Iran de leur projet dans le cadre d'une coalition réunissant une trentaine de pays. Le vice-ministre a averti que si une flotte s'approchait du détroit d'Ormuz dans ce but, ou que des équipements ou tout navire destiné à une opération de déminage étaient amenés dans la zone, ceux-ci constitueraient des cibles légitimes pour la République islamique d'Iran.

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a également déclaré que le déminage du détroit d'Ormuz relève de la responsabilité exclusive de l'Iran, conformément à l'article 5 du mémorandum d'entente (memorandum of understanding). "Le détroit d'Ormuz fait partie de la sécurité de l'Iran et constitue une capacité ainsi qu'un moyen de défense du pays", a-t-il souligné. Gharibabadi a également déclaré que la politique de l'Iran est que le détroit d'Ormuz ne revienne jamais à son état d'avant-guerre. Il a annoncé que si l'Iran avait ouvert la voie sud du détroit, il n'aurait plus du tout pu exercer sa souveraineté sur celui-ci.

L'Iran ne s'inquiète d'aucune action visant à stabiliser sa souveraineté sur le détroit, "pas même d'une éventuelle reprise de la guerre". Ces propos interviennent après que Macron avait affirmé en juin que "le droit de passage en transit sans entrave, sans redevance, à travers le détroit d'Ormuz constituait la pierre angulaire de l'accord entre Washington et Téhéran". Il avait également annoncé qu'une coalition multinationale, cofondée par la France et le Royaume-Uni, était prête à faciliter la reprise du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz en protégeant les navires marchands. "Une vingtaine de pays ont d'ores et déjà indiqué leur engagement ferme à contribuer à une telle opération", avait-t-il précisé, lors du sommet du G7 d'Évian.

Mi-juin, Jean-Noël Barrot avait indiqué que la Marine nationale n'avait pas encore entamé d'opérations de déminage en raison de la reprise des hostilités entre Washington et Téhéran. "Nous sommes prêts à le faire à condition que le calme revienne", avait-t-il déclaré. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaei, avait déjà affirmé plus tôt que la position de Téhéran concernant le détroit d'Ormuz est claire, réitérant son opposition à toute intervention extérieure dans cette zone.

Le président Donald Trump a suspendu les opérations militaires américaines contre l'Iran afin de permettre la diplomatie, a déclaré lundi un responsable de la Maison Blanche à MBN, ajoutant que Washington reste prêt à recourir à nouveau à la force si Téhéran intensifie ses actions. En réponse à la question de MBN sur les raisons pour lesquelles les opérations militaires américaines avaient été arrêtées. Le président Trump a déclaré "qu'il préfère une solution diplomatique, mais il conserve toutes les options si l'Iran poursuit les activités terroristes dans le détroit d'Ormuz ou contre ses alliés".

Les opérations militaires américaines contre l'Iran sont suspendues depuis vendredi, après 13 jours de frappes aériennes intensives. Cette pause coïncidait avec les efforts de médiation d'Oman et du Pakistan visant à ramener les deux parties à la table des négociations. Plusieurs médias ont proposé des explications différentes pour cet arrêt. Le Wall Street Journal a rapporté que la campagne avait été suspendue en raison de pénuries de munitions, tandis que le Washington Post a indiqué que des hauts commandants militaires américains avaient déconseillé à Trump d'étendre les frappes en raison des risques importants encourus et des inquiétudes concernant la diminution des stocks d'armes. Dans une déclaration fournie au Washington Post et partagée avec MBN par la Maison Blanche, le président a carrément rejeté ces reportages. "L'article est totalement faux, Nous avons bien plus de munitions que quiconque au monde, et bien plus que nécessaire. Nos entreprises de défense fabriquent, en ce moment, plus de munitions qu'elles n'en ont jamais fabriqué auparavant, en plus d'étendre leurs usines et équipements à des niveaux records", a déclaré Trump.

L'ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies, Mike Waltz, a informé que Trump avait temporairement suspendu la campagne militaire afin de créer une ouverture à des négociations. Fred Fleitz, ancien responsable du Conseil de sécurité nationale sous la première administration Trump, a déclaré à MBN que l'atmosphère actuelle semblait prometteuse, suggérant que les deux parties testaient les perspectives de paix par l'intermédiaire de médiateurs tiers. Fleitz a souligné que Téhéran avait annoncé qu'il arrêterait ses attaques, tandis que Trump affirmait donner une chance à la diplomatie. "Je ne sais pas si cela tiendra, mais il y a un peu d'espoir", déclara-t-il, évoquant la possibilité de parvenir à un accord qui mettrait fin aux hostilités et rétablirait la pleine liberté de navigation à travers le détroit d'Hormuz.

L'ancien secrétaire adjoint à la Défense des États-Unis, Mark Kimmitt, a déclaré à MBN que le président Donald Trump ne permettrait pas que les approvisionnements en munitions deviennent un obstacle aux opérations militaires. Il a refusé de commenter s'il y avait des signes que les opérations militaires pourraient s'étendre à l'avenir, affirmant que ces informations étaient classifiées. C'est que leur objectif est que chaque compagnie maritime et chaque pays souhaitant faire des affaires dans le détroit d'Ormuz et transborder par le détroit d'Ormuz doit obtenir l'approbation iranienne et potentiellement les payer. Chaque jour, l'impasse se poursuit sans accord formel, l'Iran perçoit qu'il consolide sa position de facto.

Le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) souligne que le détroit d'Ormuz restera fermé tant que les menaces et l'ingérence des États-Unis dans la région persisteront. Dans un communiqué publié jeudi, le CGRI a annoncé une nouvelle infraction maritime recensée, mardi soir, dans les eaux du détroit d'Ormuz, rappelant que trois pétroliers avaient tenté de traverser le détroit par une route dangereuse au sud, incités par des aéronefs américains. Le communiqué indique que deux des pétroliers ont été contraints de faire marche arrière après qu'un incendie se soit déclaré sur l'un d'eux. "Le détroit d'Ormuz fait partie de notre territoire, et les valeureux hommes de la marine du CGRI en assurent un contrôle total. Aucun acteur extérieur, venu de milliers de kilomètres, ne sera autorisé à s'y ingérer".

 Faouzi Oki

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