Le gouvernement islandais souhaite relancer les négociations d'adhésion à l'UE, actuellement au point mort. Il ne souhaite toutefois pas que l'UE l'aide à remporter le scrutin.
De hauts responsables du gouvernement islandais ont publiquement mis en garde contre toute ingérence étrangère dans la campagne référendaire. Euractiv a appris que Reykjavík a transmis le même message à huis clos à Bruxelles.
Des responsables islandais ont demandé à la Commission européenne de ne pas s'immiscer dans la campagne en vue du référendum du 29 août, ont indiqué deux responsables de l'UE à Euractiv. L'un d'eux a précisé que de hauts responsables de l'UE réfléchissent néanmoins à des moyens d'aider la campagne du "oui" sans contrarier Reykjavík.
Un porte-parole de la Commission a démenti ces informations, insistant sur le fait que l'institution n'intervient pas dans les élections ou référendums nationaux. Les autorités islandaises n'ont pas souhaité faire de commentaires.
Mais le référendum pourrait bien échapper à Reykjavík.
La Première ministre Kristrún Frostadóttir a délibérément accordé aux électeurs - et à elle-même - une pause estivale dans la campagne, dans l'espoir que d'autres plaideraient en faveur de la réouverture des négociations. Mais alors que le vote anticipé bat son plein, que les sondages indiquent un coude à coude et que l'Islande rurale se retourne contre le "oui", la tentative du gouvernement de dépolitiser le référendum commence à ressembler à une absence politique.
Reykjavík semble réticente à consacrer trop de capital politique à la campagne. Les principales figures du gouvernement favorables à la négociation ont trouvé le temps d'accorder plusieurs interviews très médiatisées à la presse étrangère, mais aucun ministre n'a confirmé sa participation à un débat face à face sur le territoire national. La ministre des Affaires étrangères Þorgerður Gunnarsdóttir a décliné une telle invitation bien qu'on lui ait proposé plusieurs dates.
Frostadóttir semble vouloir remporter un référendum sans en faire son référendum. Cette stratégie a fourni aux opposants un angle d'attaque évident.
L'ancien ministre des Affaires étrangères et militant du "non", Guðlaugur Þór Þórðarson, a accusé le gouvernement de rendre un mauvais service au pays. "Moins les gens en savent sur l'UE, plus ils sont susceptibles de dire oui", a-t-il déclaré à Rapporteur.
Editeurs.trices : Magnus Lund Nielsen, Christina Zhao, Sofia Mandilara, Charles Szumski
Contributeur.trice : Eddy Wax, Anupriya Datta
Traductrice : Clara Vassent
