08/08/2026 french.presstv.ir  4min #322652

Les stocks de gaz de l'Ue sont remplis à 57 %, un niveau historiquement bas pour cette période de l'année

L'inquiétude grimpe en Europe autour des stocks de gaz. Ils sont à des niveaux extrêmement bas.

L'inquiétude grimpe en plein été, une période assez stratégique dans ce domaine. "Les stocks ne sont pas aux niveaux habituels. Ceux de l'Union européenne sont remplis à environ 57%. Si on regarde sur les cinq dernières années, on était plutôt aux alentours de 74% à la même période", explique journaliste Alizé Boissin. Et les tensions dans le détroit d'Ormuz ont des conséquences sur le marché.

"Près de 20% du gaz naturel liquéfié y transite. Les menaces rendent les livraisons beaucoup plus compliquées avec des cargaisons qui arrivent plus tard et ça augmente évidemment les prix", détaille Alizé Boissin. La concurrence entre les pays et une évolution dans le fonctionnement du marché sont d'autres paramètres qui expliquent cette situation.

 Face aux fluctuations persistantes des prix de l'énergie, le gouvernement français ajuste ses dispositifs de soutien en privilégiant les travailleurs et les secteurs les plus vulnérables.

"L'Europe est en compétition avec l'Asie. La Chine et le Japon cherchent aussi à remplir leurs stocks pour passer l'hiver. Quand vous avez plusieurs grands acheteurs qui tentent de se disputer la même chose, les prix augmentent très rapidement. Avant, on avait plutôt des contrats sur 20 ou 30 ans. Aujourd'hui, ça s'achète beaucoup plus au jour le jour et donc, ça dépend évidemment beaucoup plus des prix", a-t-elle souligné.

Ces inquiétudes mettent en lumière les difficultés de l'Europe à reconstituer ses réserves avant l'hiver.

Les installations de stockage de l'UE peuvent contenir un peu plus de 102 milliards de mètres cubes de gaz, et les prélèvements couvrent jusqu'à 30 % de la consommation lors d'un hiver normal.

Un porte-parole de la Commission européenne a déclaré que la dernière évaluation de l'UE était que l'objectif de remplissage des stocks à 80 % "est suffisant pour garantir l'approvisionnement hivernal et qu'il est techniquement réalisable".

Mais les analystes restent sceptiques. Les prévisions font état d'un pic des niveaux de stockage avant l'hiver oscillant entre 67 et 76 %.

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Pour atteindre même ces niveaux inférieurs, les acheteurs européens devront proposer des prix plus élevés pour les cargaisons de GNL afin de concurrencer les acheteurs asiatiques, qui doivent remplacer leurs livraisons habituelles via le détroit d'Ormuz.

La perte de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du Qatar, due à la fermeture du détroit d'Ormuz, a réduit les approvisionnements vers l'Asie, tandis que les importations totales de GNL dans la région sont à nouveau en hausse. En Europe, elles continuent de baisser, alors que le continent doit désormais rivaliser avec l'Asie pour obtenir des cargaisons de remplacement.

La perturbation du détroit d'Ormuz a accru la concurrence mondiale pour le GNL et fait grimper les prix.

"Il n'y a actuellement aucune incitation financière à remplir les capacités de stockage aux prix du marché", a déclaré Jacob Mandel, responsable de la recherche chez Aurora Energy Research.

 En raison de la guerre israélo-américaine contre l'Iran, les stocks mondiaux de pétrole ont atteint leur niveau le plus bas depuis huit ans, selon Bloomberg.

Selon Mandel, pour remplir les stocks européens à 80 % avant l'hiver, les injections dans les réserves devraient atteindre des niveaux quasi records, ce qui ne serait possible que grâce à une intervention gouvernementale.

Quel que soit le niveau final des prix, il sera finalement répercuté sur les ménages et les industries. "Cela se traduira par des factures d'énergie plus élevées cet hiver et également l'hiver prochain", a déclaré Erisa Pasko, analyste principale chez Energy Aspects.

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