
par Abdelaziz Ghedia
Hier, alors que je faisais la sieste, j'ai reçu un coup de téléphone WhatsApp d'un ami. Avant de répondre, j'étais presque certain qu'il voulait me relancer pour lui tenir le service de chirurgie de la clinique qu'il s'apprête à ouvrir incessamment.
Mais non, j'avais vu tout faux. On avait déjà évoqué ce sujet, mais au point où il en est, sur le plan de la construction, ce n'est pas demain la veille. Ensuite, de là à avoir l'agrément de fonctionnement du ministère de la Santé, beaucoup d'eau coulera encore sous le pont. Ce genre de projet traîne beaucoup, en Algérie, avant de se concrétiser réellement sur le terrain. Alors soyons patients...
En fait, il m'a appelé de Lisbonne.
En couple, il venait d'y arriver.
Il voulait que je lui donne quelques informations concernant les endroits à visiter dans la capitale du Portugal. Il y a une dizaine d'années j'y étais. Et il le savait.
Après les salamaleks, j'ai lui ai annoncé d'emblée le fait que son choix de destination estivale était judicieux et qu'il n'allait pas le regretter.
Beaucoup d'Algériens ont à l'esprit que le Portugal est un pays pauvre, sous développé, alors qu'en réalité, son intégration à l'UE, en 1986, l'avait, en si peu de temps, hissé à un niveau économique tel qu'il est maintenant envié par beaucoup de pays dits émergents.
En général, les Algériens, qui peuvent se permettre de voyager, optent pour trois pays méditerranéens : France, Espagne et Italie. Et dans ces pays, trois destinations se distinguent : Paris, Rome et Alicante. L'idée d'aller au Portugal n'effleure que rarement leur esprit et cela pour des raisons qui pourraient paraître évidentes pour certains et dénuées de sens pour d'autres. J'en cite quelques-unes.
- Paris, pour des raisons historiques (entre la France et l'Algerie), pas de difficulté de communication (presque tous les Algériens parlent la langue française) et communauté algérienne nombreuse.
- Rome, pour son côté romantique (ville éternelle).
- Alicante (ou Barcelone) pour sa qualité de tourisme à moindres frais par rapport aux deux premiers pays cités.
Mais Lisbonne ? On n'y pense pas. Tout simplement. Pourtant, cette ville est très accueillante et offre un charme particulier à celui qui sait apprécier "la dolce vita"... Pour y avoir passé une dizaine de jours, en 2016, j'en parle en connaissance de cause. Ce n'est pas un dépliant touristique que je compte vous présenter ici, mais il faut dire que la ville, Lisbonne, a de quoi charmer le touriste, en famille, en couple ou seul.
D'abord, c'est une ville où le stress est pratiquement inexistant : moins de circulation automobile, moins de pollution atmosphérique et moins de casse-tête pour le shopping. Si vous êtes accompagné de votre seconde moitié (comme c'est le cas de mon ami), soyez certains qu'elle ne vous importunera pas en vous disant "cheri, j'ai envie de renouveler ma garde-robe, faisons un petit tour du côté du centre commercial"Vasco de Gama"où, paraît-il, il y a des soldes actuellement". Non, vous ne risquez pas d'entendre cela. À Lisbonne, il y a d'autres chats à fouetter. Prendre le fameux tramway N° 28 qui grimpe, cahin-caha, les sept collines de la ville, en est un, par exemple. Et à un moment donné, en un lieu donné, lorsque le tramway aura presque terminé la montée, une vue pittoresque de la ville et de la mer d'offre à vos yeux.
Rien que pour cela, Lisbonne vaut le détour. C'est, pour faire comparaison, comme si, on vous emmène, les yeux bandés, à la basilique du Sacré cœur, à Paris, et là, on vous enlève le bandeau et on vous laisse admirer l'étendue de la ville parisienne tout en bas. Ou alors, d'un balcon de l'hôtel Aurassi, sur les hauteurs d'Alger, vous contemplez la baie de la ville qui s'étend jusqu'à la Pérouse. À vrai dire, je n'ai pas trouvé de meilleures comparaisons que cela. Peut-être Rio de Janeiro, vue de l'endroit où est érigée la statue du Christ ?
Mon ami, qui venait d'arriver à Lisbonne, semblait désemparé. D'autant plus que communiquer avec les autochtones qui ne parlent généralement que le portugais, la langue lusophone, n'est pas fait pour arranger les choses. Ah ! Mince alors. J'ai oublié que mon ami s'exprime parfaitement bien en Anglais. Cela ne devrait donc pas poser de problème pour lui quand il a besoin d'une information. Il lui suffit juste de s'adresser aux bureaux d'information touristique qui sont disséminés un peu partout dans la ville.
Mais, comme il m'a sollicité pour ce service, je ne pouvais pas être en mots et j'ai fait un petit effort de remémoration pour lui donner tous les renseignements nécessaires pour un bon séjour à Lisbonne.
En particulier comment se rendre aux plages. Pour cela, il suffit de prendre le train à partir de la gare de Cais de Sodré qui longe le Tage. Et au bout de 20 minutes, vous y êtes. En fait, sur ce trajet, il y a une multitude de plages toutes aussi belles les unes que les autres et les gares sont à peine à quelques dizaines de mètres de ces plages. Mais, une particularité doit être précisée. N'oubliez pas que vous avez affaire à l'océan Atlantique. Même lorsque le soleil tape fort, l'eau est tellement froide qu'elle vous donne la chair de poule. Vous remarquerez vite d'ailleurs que la plupart des "baigneurs" ne font que prendre un bain de soleil. Ils ne s'aventurent que rarement dans l'eau ou alors juste du bout des pieds.
Et pour terminer ces conseils, je n'ai pas omis de dire à mon ami qu'à son retour de la plage, après un petit repos dans sa chambre d'hôtel et une bonne douche revigorante, ils sortent, le soir, bras dessus bras dessous et de se diriger au quartier Chiado où de nombreux restaurants, qui se disputent les clients, offrent de bons plats de sardines grillées à des prix raisonnables. Ne pas raffoler de sardines grillées à Lisbonne c'est comme se détourner de la paella à la Costa Del sol en Andalousie.
Quant au Fado, cette musique traditionnelle, née dans les quartiers pauvres de la ville, elle est à Lisboa ce que le Chaâbi est à Alger. Mais entre nous, je ne pense pas que mon ami, fan de Slimane Azem et d'Ait Menguellet saura apprécier cela.