17/08/2026 french.presstv.ir  4min #323545

La diplomatie iranienne dénonce la participation du Canada à la guerre menée par Washington contre l'Iran

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé la participation du Canada à la guerre menée par les États-Unis contre l'Iran, pointant le contraste entre la coopération militaire d'Ottawa avec Washington et la pression économique et diplomatique exercée par l'administration Trump sur la souveraineté canadienne.

Dans un message incisif publié lundi sur les réseaux sociaux, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a raillé la soumission du Canada face aux États-Unis, malgré les humiliations répétées du président américain Donald Trump.

"Washington qualifie le Canada de 51e État ; Washington impose des droits de douane sur les produits canadiens ; Washington insulte le Canada et le menace de sanctions à cause de la fumée des feux de forêt", a écrit M. Baghaï, en accompagnant son message d'une image d'un match de hockey. "Réponse d'Ottawa : Compris, Monsieur !"

 L'Iran a désigné la Marine royale canadienne comme organisation terroriste en réponse à la "décision illégale" du gouvernement canadien ciblant une partie des forces armées iraniennes.

Les propos du porte-parole de la diplomatie iranienne interviennent dans un contexte d'escalade de l'agression économique américaine contre son voisin du Nord. Trump a suggéré à plusieurs reprises que le Canada devienne le "51e État américain", proposant ainsi de supprimer la frontière de 8 895 kilomètres qui sépare les deux pays.

Plus récemment, le 20 juillet 2026, Trump a invoqué l'article 338 de la loi tarifaire de 1930 pour imposer des droits de douane supplémentaires de 50 % sur certaines importations canadiennes, détériorant davantage les relations avec le deuxième partenaire commercial des États-Unis.

Le gouvernement américain a également menacé d'imposer des droits de douane de 100 % sur toutes les importations canadiennes si Ottawa finalisait certains accords commerciaux.

Trump a même accusé le Canada d'être responsable de la fumée des feux de forêt qui affecte les États-Unis, reprochant à Ottawa une "négligence délibérée" dans la gestion des forêts et menaçant de prendre des mesures punitives supplémentaires.

Lire aussi:  Trump imposera des droits de douane sur le Canada et le Mexique en février

La complicité militaire d'Ottawa

Malgré cette hostilité persistante, le Canada s'est positionné comme un participant actif à la campagne militaire menée par les États-Unis contre l'Iran.

Le 19 mars 2026, le Premier ministre canadien, Mark Carney, a déclaré que le Canada était disposé à "contribuer aux efforts visant à rouvrir le détroit d'Ormuz", signalant ainsi la volonté d'Ottawa de soutenir les objectifs militaires américains dans la région.

Bien que les autorités canadiennes aient publiquement affirmé que le pays "n'avait pas été consulté, n'avait pas participé et n'avait aucune intention de participer aux actions offensives contre l'Iran", des experts ont souligné que les forces armées canadiennes sont profondément intégrées aux structures de commandement américaines.

La base militaire canadienne Camp Canada, située sur la base aérienne Ali Al Salem au Koweït, a été frappée par des missiles iraniens le 2 mars 2026, révélant l'ampleur de l'implication du Canada dans la zone de conflit.

 Le nouveau Premier ministre canadien Mark Carney a fermement rejeté la proposition de Donald Trump de faire du Canada un État américain.

Par ailleurs, la remise d'une médaille militaire à un colonel canadien a soulevé des questions quant au rôle réel du Canada dans le soutien aux opérations américaines contre l'Iran.

"Ce n'est pas la soirée hockey au Canada"

La critique de M. Baghaï s'est appuyée sur une référence ironique au hockey, sport national du Canada, lorsqu'il a déclaré : "Ce n'est pas la soirée du hockey au Canada ; c'est l'équipe de réserve de Washington."

Cette déclaration met en lumière un contraste relevé par plusieurs observateurs canadiens : alors que l'administration Trump maintient une forte pression économique et diplomatique sur le Canada, Ottawa continue de s'aligner sur Washington sur le plan militaire.

La guerre contre l'Iran a également des répercussions économiques au Canada, avec une hausse des prix de l'énergie et de l'inflation, qui se traduit notamment par une augmentation des coûts du transport et des produits alimentaires.

L'intervention militaire bénéficie d'un soutien limité auprès de l'opinion publique : près de six Canadiens sur dix (58 %) se disent opposés aux bombardements américains et israéliens en Iran.

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