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Archives pour la catégorie ‘Législation’

Actu’ du 20-04 au 26-04-09

26/04/2009

arobases en acier

Cela faisait quelques temps que j'y pensais sérieusement.... Au lieu de proposer de longs articles (que je n'ai pas beaucoup le temps de rédiger et qui sont en décalage avec l'actualité... un brin paradoxal vu la thématique de mon blog), je ferai chaque semaine une sorte de revue de presse de l'actualité info des septs derniers jours.

 

Vendredi 24 avril, l'App Store fête sa miliardième applications vendues en à peine un an (soit 3.7 millions par jour ou 43 par secondes!!).

Jour noir pour Microsoft; c'est lors de l'annonce de ses résultats que le triste constat s'est fait (ventes catastrophique de Vista, baisse du marché PC, remontée de la concurrence (Apple, Google, Firefox) et crise financière aidant): Microsoft a vu, pour la première fois en 23 ans, ses revenus baisser. Espérons que la sortie Windows 7 changera la donne....

La version Release Candidate build 7100 de Windows 7 (version 32 et 64 bits) avec une licence d'un an sera officiellement disponible au téléchargement le 5 mai... mais on peut officieusement se la procurer chez votre réseau P2P le plus proche. Impossible de croire que Microsoft n'ait rien à voir là dedans et qu'il n'essaie pas ainsi de faire oublier l'échec Vista.

L'affaire The Pirate Bay fait des émules; après le jugement défavorable au site rendu le vendredi 17 avril, le site de l'IFPI s'est fait attaquer (DDoS) en représailles. Et jeudi, la nouvelle tombe: une radio suédoise a découvert que le juge ayant rendu le jugement ferait partie de plusieurs groupes défendant l'industrie musicale. Bien que ce dernier assure qu'il a été impartial, cela laisse planer un doute inacceptable. Les avocats de TPB ont lancé un recours pour faire annuler le premier verdict.

L'amendement 46/138 a été voté le 21 avril à une très large majorité (40 pour, 4 contres et 2 abstention) par le Parent Européen. Ce dernier instaure la nécéssité d'un juge pour toute atteinte à un droit fondamental (Internet étant reconnu par l'Union Européenne comme un droit de ce type). Ce n'est qu'en fait le juste retour de l'amendement 138 (dit Bono) qui avait réussi à être écarté. Cela porte donc un coup dur à la France et à sa loi Hadopi.

 

Voilà les nouvelles plus ou moins marquantes de la semaine. Enjoy!

Nicolas Clémot Actu, Divers, Economie, Entreprise, Législation, Pirate , , , ,

Musique et Internet: pour quels changements?

06/04/2009

musique

M.A.J. du 16/04/09
Coup dur pour la liberté d'expression et la neutralité du net... les fondateurs du site The Pirate Bay ont perdu leur procès et sont condamnés à 1 an de prison ferme et à 2.7 millions d'euros d'amende. Un véritable scandale quand on sait à quel point les majors se sont ridiculisées durant ce procès et ont montré leur méconnaissance d'Internet et de son fonctionnement. En parallèle, un autre scandale a éclaté car le jugement du procès s'est ébruité presque 24h avant le jugement officiel; c'est une première pour la justice suédoise et une enquête est déjà en cours pour déterminer qui fut l'auteur de la fuite.
De toute façon, le site a fait appel et il continue toujours de fonctionner. Seul point positif, la Suède s'est enfin réveillé; le verdict a entrainé une explosions des adhésions au parti politique pirate (Piratpartiet) suédois (plus de 10 000 candidatures), ce qui fait qu'avec 30 000 membres, ce parti devient la 4ème force politique du pays (devant les verts et les communistes) et lui donne de sérieuses chances d'être représenté au Parlement européen (ce qui j'avoue, 1/ me ferait bien rire 2/ serait une excellente chose).


M.A.J. du 09/04/09

Alors que tout semblait être déjà joué, la loi a été refusé in extremis par le Parlement  (le dernier cas remonte à 1983!!). A la surprise générale, la gauche et le PC ont profité de la faible mobilisation des élus UMP pour réussir un tour de force et refuser la loi à 21 voix contre 15 lors d'un vote à main levée. Mais que les ayant-droits se rassurent, la loi passera belle et bien et le gouvernement a déjà fixé la date du 29 Avril pour une nouvelle lecture.


C'est au cœur de toutes les discussions (enfin j'espère!!), la loi Création et Internet a été, en dépit de tout bon sens, finalement voté. Je ne reviendrai pas sur les multiples raisons qui font que cette loi est une aberration, qu'elle est inapplicable (et bien heureusement, sinon nous serions une dictature) et qu'elle est déjà dépassée technologiquement parlant.

Avant Internet, voler de la musique revenait à prendre un cd dans un bac et à détaler en courant… puis vint les cassettes que l'on copiait et qu'on se redonnait entre copains (en quelques sortes, le début du P2P). On se rappelle d'ailleurs à ce sujet les discours alarmistes des majors à ce sujet comme quoi les K7 allaient tuer le marché de la musique).
Mais pour notre génération (celle des moins de 30 ans) qui a grandit (ou au moins fait son adolescence) avec Internet, la conception de ce qui est du vol a changé… surtout que voler, c'est quand on prive quelqu'un d'un bien; Internet permet de copier, on ne retire rien à personne, on duplique. Actuellement, seul revendre un contenu téléchargé est perçu comme un vol… car on se substitue aux vendeurs en agissant de cette manière.

Les frontières évoluent avec le temps; il y a encore peu de temps, on nous disait que le streaming, c'était mal… MySpace a changé la donne. Internet nous a ouvert les yeux et nous a montré qu'il existait une alternative aux majors, qu'ils existaient d'autres groupes en dehors de ceux qu'on trouvait à la Fnac. Et puis télécharger gratuitement est ce illégal? En Chine non grâce à Google.
On voit ici le problème, la Loi (en générale) est décalée par rapport à la réalité et aux usages de la population. Les quelques rares artistes qui soutiennent des lois tels que celle qui vient d'être votée (par 16 députés je le rappelle… car c'est important de le mentionner) s'accrochent aux temps passés et continuent de voir en leur public, une vache à lait. Mais ce ne sont pas ceux qui sont le plus à blâmer car ces derniers se font, pour beaucoup, véritablement exploiter par l'industrie du disque. D'ailleurs, de plus en plus de groupes ou d'artistes se rebellent (et non des moindres… récemment Radiohead pour ne pas les citer) contre le système.

On en revient aux racines du problème: les majors. Ce ne sont pas des musiciens qui y sont aux commandes mais des Hommes d'affaires. Des Hommes qui vivent dans le passé et qui s'accroche envers et contre tout aux miettes sans réellement s'apercevoir que le bateau coule (enfin il a même déjà sombré depuis longtemps). Les majors sont des sociétés qui n'ont pas su anticiper l'avenir et qui propose un business model qui n'a pas évolué depuis des dizaines d'années… le problème c'est qu'ils sont puissants et surtout assez influent pour créer des lois. Ce ne sont pas les seuls dans ce cas là: l'industrie cinématographique ou la presse sont dans le même tourment.
Internet façonne déjà une nouvelle réalité et l'industrie sera forcée, un jour ou l'autre, de s'y adapter, de gré ou de force. Des concepts tels que "gratuité", "streaming" ou "licence globale" sont de sérieuses alternatives avec lesquelles il faudra composer. Bien sur, du courage sera nécessaire pour mettre de tels système en place mais comme le dit l'adage, la chance sourit aux audacieux. Ce sont les entreprises innovantes d'aujourd'hui qui continueront d'exister demain.

Nicolas Clémot Débat, Législation, Peer-to-Peer , , , , ,

Le futur du P2P

20/03/2009

darknet

Alors que la loi Création & Internet se profile dans le paysage de l’Internet français (avec toutes les graves répercussions que cela va entraîner: perte de neutralité du net, justice expéditive, justice rendue par les ayants-droits…), ce texte, qui n’est pas encore actif, est en partie déjà dépassé par une révolution de fond qui s’opère sur les réseaux d’échanges. Ce nouveau genre est une adaptation du modèle existant du P2P à celui du concept des réseaux sociaux (voire un mix): le F2F (Friend-to-Friend ou ami-à-ami).

Les F2F sont des types de Darknet (c’est-à-dire, des réseaux privés virtuels) dans lesquels les individus échangent des données entre personnes de confiance (le seul problème, étant leur taille réduite, généralement entre 8 et 10 personnes). Le F2F repose sur le même principe mais en étant plus étendu car les amis de vos amis (et ainsi de suite) peuvent indirectement échanger des fichiers avec votre ordinateur (sans jamais utiliser votre adresse IP).
Les réseaux P2P ont leurs avantages mais aussi leurs défauts, dont le plus important est bien évidemment le faible anonymat qui y règne (l’adresse IP y est toujours marquée en clair ainsi que le nom des fichiers transférés).

Toute la loi C&I repose sur la collecte d’IP mais avec de tels réseaux, le problème ne se présente plus car en sachant que vous ne vous connectez qu’à des amis ou des personnes de confiance, personne ne peux collecter votre adresse… mais les avantages ne s’arrêtent pas là; cela limite également la propagation de fakes et/ou de virus en tout genre. On peut également choisir les fichiers qu’on veut partager et avec qui on le veut (et si les amis de nos amis peuvent y accéder)… la confidentialité s’en trouve forcément renforcée.


Il existe déjà certains programmes (comme la dernière version de LimeWire ou OneSwarm) qui permettent d’utiliser le principe du F2F et, la vie privée devenant un thème central, l’offre risque de continuer à grossir. L’avenir nous dira ce qu’il en est mais on peut être certain que le F2F y jouera un rôle… le jeu du chat et de la souris entre législateur et téléchargeurs n’est pas près de s’arrêter!

Nicolas Clémot Législation, Peer-to-Peer , ,