26/11/2021 entelekheia.fr  3 min #198458

Les Usa et l'illusion démocratique

De plus en plus, la démocratie à l'Occidentale se retrouve réduite à une suite d'éléments de langage creux sans cesse contredits par la réalité. Ce qui n'empêche pas le chef de file de ladite démocratie de continuer à tirer des écharpes multicolores de sa manche, avec la constance obtuse d'un automate. Jusqu'à quand ?


Par B.
Paru sur  Moon of Alabama sous le titre 'Democracy' Circus
L'administration Biden a invité  110 « participants » à son  « Sommet pour la démocratie » qui doit se tenir virtuellement les 9 et 10 décembre.

Les « pays et gouvernements » invités au « Sommet ». Source Axios

L'utilisation du terme « participants » était nécessaire car tous les « participants » ne sont pas des États reconnus à l'international. Biden voulait  embêter la Chine. Il a donc invité Taiwan, qui n'est reconnu comme un État ni par les Nations unies, ni même unilatéralement par les États-Unis.

L'administration Biden n'a pas invité la Hongrie, un pays démocratique membre de l'OTAN et de l'UE, où, selon les sondages, l'opposition est en passe de remporter les élections de l'année prochaine. La Pologne, dont le gouvernement est encore plus illibéral que celui de la Hongrie, est invitée. Il en va de même pour l'Ukraine, alors même que le gouvernement Zelensky a assigné à résidence le chef de l'opposition et fermé les chaînes de télévision et les journaux de l'opposition.

La Turquie, également membre de l'OTAN, a été écartée de la liste. Le président turc, Erdogan, est peut-être autocratique, mais le premier ministre indien, Modi, l'est tout autant et il est invité.

Singapour, une démocratie quelque peu alliée des États-Unis, ne figure pas sur la liste. Cela s'explique probablement par le fait que son premier ministre a  refusé de participer à la « Coalition des démocraties » proposée par Biden, une entité de type Guerre froide visant à lutter contre la Chine.

Les « ennemis » des États-Unis comme la Russie, le Venezuela et l'Iran ne sont bien sûr pas invités, alors qu'ils organisent régulièrement des élections libres.

L'événement est donc ce que à quoi on pouvait s'attendre. Il ne s'agit pas de démocratie, mais d'un spectacle de propagande censé faire la démonstration d'un « leadership américain » là où il n'existe pas.

La propagande n'est même pas destinée à un public étranger. Elle est censée réaffirmer aux Américains que les USA ont encore la crédibilité qu'ils prétendent avoir.

Le système est devenu tellement faible qu'il ressent le besoin de rouler des mécaniques pour se rassurer.

Traduction et note de présentation Corinne Autey-Roussel
Photo Anncapictures / Pixabay

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