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20/01/2022 2 articles infomigrants.net  3 min #200895

Paris : un camp de migrants évacué la veille de la « nuit de la solidarité »

Un campement de jeunes migrants à Paris, le 30 juin 2020 (photo d'illustration). Crédit : Reuters

Mercredi 19 janvier au matin, 279 exilés sans-abri ont quitté leurs tentes installées près de l'Accor Arena de Bercy, dans le XIIe arrondissement de Paris.

Ces migrants, essentiellement originaires d'Afrique, vont être redirigés vers des centres d'hébergement d'urgence en Ile-de-France ou des accueils de jour, a indiqué la préfecture de région, qui a conduit l'opération.

Tous "vont bénéficier d'une évaluation de leur situation administrative, d'un accompagnement social, sanitaire et administratif" avant d'être "orientés vers des hébergements adaptés", a poursuivi la préfecture.

"Ils étaient à la rue depuis un mois" au moins, a indiqué à l'AFP Pierre Mathurin, responsable parisien de l'association Utopia 56, qui leur venait en aide.

Parmi ces 279 migrants, figuraient 59 familles, représentant 149 personnes, et près de 90 jeunes se déclarant mineurs. De nombreux primo-arrivants sur le territoire français composaient ce groupe et une quarantaine d'hommes seuls étaient également présents lors de l'évacuation, précise Utopia 56.

Une évacuation "menée en anticipation de la nuit de la solidarité"

Pierre Mathurin se félicite que ces personnes aient été prises en charge mercredi mais il souligne l'"hypocrisie" d'une telle évacuation. Cette opération "a clairement été menée en anticipation de la nuit de la solidarité", dénonce-t-il. Lancée en 2018 par la Ville de Paris, la "nuit de la solidarité" permet d'effectuer un comptage annuel du nombre de sans-abri. Elle aura lieu dans la nuit de jeudi à vendredi pour permettre d'affiner le recensement de la population.

À (re)voir :  "Plus de sans-abri qu'avant" : quand Paris recense les personnes à la rue

"Ça nous fait doucement rire. C'est très hypocrite. On sait que si il n'y avait pas eu la nuit de la solidarité, l'évacuation n'aurait pas été faite", estime le militant, assurant que la Ville de Paris espère ainsi comptabiliser moins de personnes à la rue. Il rappelle que le campement était signalé depuis plusieurs semaines aux autorités.

L'évacuation mercredi matin "faisait suite aux 28 opérations de mise à l'abri de 2021 qui ont permis de prendre en charge 7 319 personnes", a souligné pour sa part la préfecture dans un communiqué. Quelque 155 000 précaires sont pris en charge "chaque nuit" en Ile-de-France, toujours selon cette source.

Par ailleurs, ce mercredi encore, un  squat de migrants, situé à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, a été lui aussi évacué. Une cinquantaine de personnes y avaient trouvé refuge début janvier.

Certaines d'entre elles avaient déjà été évacuées, mi-décembre, d'un camp de migrants installé à Bercy, là encore situé dans le XIIe arrondissement de Paris, une zone décrite par les associations comme moins surveillée par les forces de l'ordre que le nord-Eest parisien.  Trois cent trente et un migrants avaient été pris en charge par les autorités lors de cette opération mais plusieurs d'entre eux étaient depuis retournés à la rue, indique Pierre Mathurin.

 infomigrants.net

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admin [Commentaire] 2022-01-20 #11341

pour la deuxième fois, quand la presse découvre un squat, ils s'en font expulser quelques jours après.
Alors quoi, ne pas en parler pour les protéger ?
C'est comme si la répression se tournait vers l'information.


Articles enfants
1 occurrence 20/01/2022 infomigrants.net  4 min #200904

Évacuation du squat de Saint-Ouen : « ils n'ont même pas pu récupérer leurs affaires »

Moins de 15 jours après leur installation, la cinquantaine d'occupants du squat de Saint-Ouen, en région parisienne, ont été délogés mercredi 19 janvier par les forces de l'ordre. Vers 10h30, des équipes de la police nationale et de la police municipale, accompagnées d'un service de sécurité privée, ont investi le bâtiment.

"Ils ont brisé le cadenas [accroché au grillage de l'entrée, ndlr], cassé une fenêtre et fait sortir les personnes par là", explique à InfoMigrants Paul Alauzy, responsable des maraudes de Médecins du monde (MdM), s'appuyant sur les témoignages des migrants.