22/06/2024 mondialisation.ca  43min #250956

L'interview de Netanyahou sur Lci ou la déchéance du journalisme

Par  Alain Marshal

Netanyahou a pu justifier en prime time, sans contradiction, le génocide des Palestiniens, constitutif d'un crime contre l'humanité. La complaisance de Darius Rochebin illustre l'efficacité de l'autocensure des médias, devenus de serviles relais de propagande et non plus un contre-pouvoir. Cet article déconstruit 5 arguments mensongers de Netanyahou, souvent avancés par les apologistes d'Israël, et retranscrit intégralement cette interview de la honte.

*

L'indignation qu'a suscitée l'interview du Premier ministre israélien le 30 mai sur une des plus grandes chaînes de télévision françaises, alors même que son gouvernement d'extrême droite menait une guerre génocidaire contre la population de Gaza depuis 8 mois, était parfaitement légitime. La destruction méthodique de la population palestinienne de Gaza, prise au piège dans une enclave minuscule dans laquelle aucun endroit n'est sûr (habitations civiles, écoles, mosquées, camps de réfugiés, installations de l'ONU, zones déclarées « sûres » par l'armée d'occupation, ni même les hôpitaux, considérés comme cibles militaires privilégiées pour la première fois de l'histoire des conflits armés), a mis l'Etat d'Israël au ban de l'humanité, et amené la Cour Pénale internationale à demander un mandat d'arrêt à l'encontre du Premier ministre israélien et de son ministre de la défense pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Un  rapport récent de l'ONU particulièrement élaboré accuse Israël de crimes de guerre, crimes contre l'humanité, crime d'extermination, actes de tortures et viols à l'encontre de détenus, et utilisation de la famine comme arme de guerre, entre autres. La place d'un criminel comme Netanyahou, qui a sur les mains le sang de dizaines de milliers de femmes et d'enfants, déversé chaque jour intentionnellement, n'est certes pas le prime time sur les médias français pour y faire la promotion de son génocide assumé, mais en prison ou sur le banc des accusés.

Darius Rochebin a été d'une complaisance d'autant plus abjecte que parmi les victimes de l'armée israélienne, on compte plus de cent journalistes, les médias ayant été délibérément et systématiquement ciblés depuis le mois d'octobre pour permettre à Israël de perpétrer ses massacres de masse à huis clos, au point que ce conflit est rapidement devenu le plus meurtrier de l'histoire du journalisme (de même qu'il est le plus meurtrier pour les travailleurs humanitaires de l'ONU, eux aussi ciblés délibérément). Cette réalité macabre pour la profession rend d'autant plus impardonnable cette interview obséquieuse, qui n'a à aucun moment évoqué la question de la liberté de la presse, droit fondamental éviscéré par l'armée israélienne et son gouvernement suprématiste de manière aussi impitoyable que les femmes et les enfants de Gaza. Netanyahou, qui n'a accordé aucune interview aux médias israéliens depuis le 7 octobre, sachant qu'il serait mis en difficulté, savait pouvoir compter sur cette complaisance : ainsi une chaine de télévision française se révèle-t-elle plus docile que les médias d'un Etat dont la moindre publication est soumise à une stricte censure militaire, ce qui ne fait que confirmer la redoutable efficacité de l'autocensure exigée des journalistes (et même des humoristes, comme le montre le sort de Guillaume Meurice), dont l'alignement strict sur une ligne éditoriale pro-israélienne est exigé sous peine de licenciement, quand bien même cette complaisance confinerait à l'apologie du terrorisme d'Etat. Soit dit en passant, le groupe TF1 ne fait pas figure d'exception mais de règle, puisque les médias français et occidentaux ont été beaucoup moins prompts à remettre en cause la version des faits israélienne sur les événements du 7 octobre et le déroulement de la guerre que leurs confrères israéliens, mais ce n'est pas le sujet de cet article.

Nous nous efforcerons de réfuter brièvement 5 mensonges, falsifications et manipulations outrageantes de Benyamin Netanyahou, même si chacun mériterait un article à part entière. Nous ne nous concentrerons pas sur les points spécifiques au génocide en cours à Gaza, mais sur des arguments récurrents depuis des années dans la rhétorique des défenseurs d'Israël. Les preuves des crimes de guerre et crimes contre l'humanité perpétrés par Israël depuis le 7 octobre sont largement détaillés dans la plaidoirie accablante de l'Afrique du Sud à la CPI dénonçant  le comportement génocidaire d'Israël et  les intentions génocidaires d'Israël à Gaza, et nous traduirons prochainement des extraits éloquents du rapport de l'ONU précédemment cité. Et en conclusion, nous pointerons du doigt les déclarations et silences les plus coupables de Darius Rochebin, avant de proposer une retranscription intégrale de l'interview, qui mérite de figurer dans les annales de l'ignominie.

1. « Il ne s'agit pas de moi, il s'agit de l'État d'Israël. Il s'agit du droit du seul État juif à se défendre dans les années qui suivent l'Holocauste. »

Si l'Holocauste et le sentiment de culpabilité de l'Europe quant au génocide nazi ont pu justifier la sympathie occidentale pour la création de l'Etat d'Israël, et le soutien subséquent pour cet Etat colonial et belliciste, la mémoire de la Shoah doit être une circonstance aggravante, et non une circonstance atténuante, dans le génocide perpétré par Israël contre les Palestiniens. Le meilleur moyen de rendre hommage à la mémoire des victimes du nazisme et d' « expier » la « culpabilité » occidentale (pour autant que ce vocabulaire soit de mise) est d'empêcher qu'un autre génocide soit perpétré, non de le faciliter activement, comme le fait en particulier l'Allemagne, second exportateur d'armes à Israël après les Etats-Unis, au prétexte dément que ses auteurs sont Juifs. Il ne s'agit pas seulement de dire qu'on doit plus d'égards aux vies présentes qu'on peut encore sauver qu'aux morts du passé : c'est justement le devoir de mémoire envers les victimes du nazisme qui doit nous amener à lutter sans relâche contre les génocidaires de notre temps, pour que « plus jamais ça » ne soit pas un vain slogan.

Le mythe d'un Etat d'Israël faible et vulnérable, isolé au milieu d'un océan hostile de pays qui ont juré sa perte et ne faisant que se défendre face à la menace d'un nouvel holocauste, est grotesque : Israël est la principale puissance militaire du Moyen-Orient, a déclenché la quasi-totalité des guerres de son histoire pour parachever le nettoyage ethnique des Palestiniens et élargir toujours plus son territoire, dispose d'une centaine d'ogives nucléaires, et surtout du soutien inconditionnel et illimité de la plus grande puissance mondiale, les Etats-Unis, ainsi que des pays de l'OTAN, de leur arsenal militaire et de leur formidable machine de propagande médiatique. Colporter ce mensonge, c'est justifier le concept immonde de « génocide préventif » qui sous-tend plus ou moins explicitement le discours des thuriféraires d'Israël.

Israël, comme tout Etat, est l'Etat de ses citoyens, qu'ils soient Arabes, Juifs ou autres. La loi de l'Etat-nation du peuple juif adoptée en 2018, qui stipule que « le droit d'exercer l'auto-détermination au sein de l'État d'Israël est réservé uniquement au peuple juif », est une loi d'Apartheid qui fait des non-Juifs, y compris les plus de deux millions d'Arabes et autres minorités qui ont la citoyenneté israélienne, des citoyens de seconde zone. L'idée d'un État « juif et démocratique » est donc un oxymore, contredisant les principes fondamentaux de l'égalité et de la justice pour tous les citoyens. Pour véritablement honorer les souffrances du passé, il faut œuvrer sans relâche à ne pas les perpétuer contre de nouvelles victimes innocentes, et accorder aux Palestiniens leurs droits collectifs et individuels.

2. « Le procureur de La Haye attise les flammes de l'antisémitisme »

L'idée selon laquelle critiquer Israël relèverait, de manière assumée ou tacite, de l'antisémitisme, est une équivalence aussi absurde qu'indécente qui ne fait qu'obscurcir le débat et empêcher toute discussion légitime sur les politiques de l'État israélien et les droits imprescriptibles du peuple palestinien. Assimiler Israël au judaïsme est non seulement fallacieux, mais également dangereux, car cela signifie que tous les crimes de l'État israélien seraient imputables à tous les Juifs, où qu'ils se trouvent dans le monde.

Israël n'a pas plus de légitimité à parler au nom des Juifs en tant que peuple ou en tant que religion que l'Arabie Saoudite n'en a à parler au nom des Arabes et/ou des musulmans. Qu'il y ait « un seul Etat juif » et plusieurs dizaines de pays arabo-musulmans ne change strictement rien à l'affaire. Les dirigeants israéliens ne représentent que ceux qui les ont élus, et éventuellement ceux qui les soutiennent au-delà de leurs frontières. De la même manière qu'il serait injuste de tenir tous les musulmans responsables des actions de groupes terroristes comme Daech (dont, soit dit en passant, l'écrasante majorité des victimes sont musulmanes), il est tout aussi déraisonnable et injuste d'assimiler la critique des actions de l'État israélien à une attaque contre le judaïsme et les Juifs en général.

La religion, la race et la nation sont des concepts distincts. Les Juifs forment une communauté religieuse et culturelle diversifiée, dont une partie seulement vit en Israël. Un pourcentage substantiel et croissant de la diaspora ne soutient pas les politiques de l'État israélien, dont les critiques les plus véhéments sont Juifs – Norman Finkelstein, Noam Chomsky, Ilan Pappé, Gideon Levy, Amira Hass, Shlomo Sand, Israel Shahak, Avraham Burg, etc., contre qui a été concocté le concept grotesque de « haine de soi », l'accusation d'antisémitisme étant inopérante. De nombreux Juifs à travers le monde, et certains en Israël même (même s'ils sont très minoritaires), s'opposent à l'occupation et aux politiques d'Apartheid envers les Palestiniens. Des groupes juifs comme Neturei Karta, les Satmar Hasidim, et True Torah Jews s'opposent à l'existence même de l'État d'Israël. Par conséquent, il est erroné et réducteur de lier Israël à la judéité et/ou au judaïsme.

En amalgamant systématiquement Israël et les Juifs, on perpétue une vision monolithique qui alimente l'antisémitisme et expose injustement les Juifs du monde entier aux représailles pour les actions d'un État sur lequel ils n'ont aucun contrôle. La critique des politiques d'un gouvernement ne doit pas être confondue avec la haine envers une religion ou un peuple. C'est un devoir de vigilance et de justice que de distinguer les deux, afin de protéger les droits humains et de lutter efficacement contre toutes les formes de discrimination. Il est impératif de neutraliser l'action des pompiers pyromanes qui instrumentalisent les Juifs à des fins d'intimidation politique voire judiciaire.

Tous ceux qui assimilent antisémitisme et antisionisme pour faire taire les critiques d'Israël sont eux-mêmes les promoteurs de l'antisémitisme, car les crimes d'Israël ont atteint un tel degré d'obscénité qu'ils sont exécrables à toute personne dotée d'une once d'humanité. Si cette condamnation de l'armée d'occupation et de son gouvernement devait s'étendre à tous les Juifs à cause des abus de langage de zélotes plus soucieux de la perpétuation d'un système colonial raciste et génocidaire que de la sécurité des Juifs du monde entier (sans même parler de la vie des Palestiniens), il est de notre devoir impérieux de les démasquer, et de ne pas céder à leur intolérable chantage.

3. « Lorsqu'on va à Rafah, c'est l'équivalent du débarquement en Normandie »

La comparaison entre l'invasion israélienne de Gaza et l'action des Alliés en Normandie en 1944 est non seulement erronée mais aussi dangereusement trompeuse. Les Alliés ont débarqué en Normandie avec pour objectif de libérer l'Europe de l'oppression nazie et de mettre fin à un régime génocidaire responsable de l'Holocauste. C'était une guerre pour la justice, pour la défense des droits humains fondamentaux et pour l'éradication d'un système qui menaçait la paix mondiale.

L'invasion israélienne de Gaza ne peut en aucun cas être comparée à une libération. Gaza était déjà un territoire enclavé, soumis à un blocus sévère qui contrôle strictement les mouvements de ses habitants et limite l'accès aux ressources essentielles telles que l'eau potable, les médicaments et l'électricité. Les Palestiniens y vivent dans des conditions de privation extrême depuis près de 20 ans, avec une infrastructure dévastée par des décennies de conflit et de blocus économique. Loin de réaliser une quelconque action de libération, Israël, en tant que puissance occupante, utilise une force militaire colossale et indiscriminée contre une population civile sans moyens de défense et sans refuge, violant ainsi les conventions internationales sur les droits de l'homme et le droit humanitaire. L'analogie du sort de Gaza avec celui du ghetto de Varsovie est tout à fait probante.

Ce sont les politiques d'expansion israéliennes, soutenues par une vision messianique extrémiste qui considère tous les territoires du « Grand Israël » biblique comme appartenant aux Juifs, qui menacent la paix au Moyen-Orient et dans le monde. Cette idéologie expansionniste alimente la violence et la répression des Palestiniens, et génère une instabilité régionale et mondiale. La véritable menace pour la paix réside dans cette politique de colonisation et de conquête continue d'Israël, qui empêche tout progrès vers l'auto-détermination des Palestiniens, et les soumets à un génocide qui n'est pas sans évoquer celui des Juifs.

Comparer Israël aux Alliés de la Seconde Guerre mondiale revient à détourner l'imaginaire collectif de l'héroïsme des forces alliées pour justifier des politiques d'occupation et de nettoyage ethnique. Une analogie historique plus pertinente serait de comparer Israël aux forces nazies génocidaires, et les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie occupées aux résistants, luttant pour leur liberté et leurs droits fondamentaux, tout comme les résistants européens qui ont combattu l'occupation nazie. Ainsi, assimiler les actions israéliennes à celles des Alliés en 1944 est non seulement une falsification historique, mais aussi une justification inacceptable de l'oppression continue des Palestiniens qui détourne l'attention des véritables causes du conflit.

4. « Si vous leur donnez un État maintenant, ce sera la plus belle récompense possible pour ces terroristes. »

L'idée selon laquelle donner un État aux Palestiniens serait « une récompense au terrorisme » est une déformation grotesque des principes fondamentaux de justice et de droit international. Les droits des Palestiniens à l'autodétermination et à un État souverain sont reconnus par plusieurs conventions internationales et résolutions contraignantes de l'ONU, qui ont affirmé à plusieurs reprises ce droit inaliénable. Ignorer ces droits sous prétexte de « lutte contre le terrorisme » est non seulement fallacieux mais aussi moralement répréhensible, car cela revient à justifier la privation des droits les plus basiques d'une population entière et à infliger un châtiment collectif à des millions de personnes. Sans même parler du fait que l'utilisation d'une force militaire écrasante contre des civils désarmés et pris au piège est elle-même un cas d'école de terrorisme d'Etat.

Les cycles de violence perpétuels au Moyen-Orient sont directement causés et exacerbés par l'occupation illégale des territoires palestiniens par Israël, avec ses checkpoints, ses restrictions de mouvement, ses démolitions de maisons et ses confiscations de terres, qui constituent une violation flagrante du droit international humanitaire. Ces actions nourrissent un climat de colère légitime parmi les Palestiniens, qui, face à l'impuissance, voire l'indifférence du monde à leur sort depuis des décennies, se sentent privés de tout espoir d'avenir et de stabilité, et voient la résistance armée comme seul recours, ayant épuisé toutes les autres possibilités : rappelons que les deux Intifadas étaient largement pacifiques, de même que la Grande marche du retour de 2018-2019, et qu'elles ont été réprimées dans le sang et n'ont pas permis d'améliorer le sort des Palestiniens.

Donner un État aux Palestiniens n'est pas une concession politique ni un encouragement au terrorisme, comme Netanyahou voudrait le faire croire. C'est une nécessité impérieuse pour restaurer la dignité humaine et les droits fondamentaux des Palestiniens bafoués depuis des décennies. Reconnaître le droit des Palestiniens à l'autodétermination est un impératif moral et juridique, visant à mettre fin à une occupation injuste et à mettre fin au projet de déportation de toute une population, initié en 1948 (Nakba), poursuivi en 1967 (Naksa), et que le gouvernement israélien extrémiste voudrait aujourd'hui parachever tant à Gaza qu'en Cisjordanie.

Les résolutions de l'ONU sont claires sur ce point : elles appellent à la création d'un État palestinien viable et indépendant, dans le cadre de frontières sûres et reconnues, à la fin de la colonisation et de l'Apartheid, et au retour des millions de Palestiniens réfugiés. Seule l'application de ces principes pourra mettre fin aux cycles destructeurs de violence et ouvrir la voie à un avenir de prospérité pour le Moyen-Orient. Ce sont les violations successives par Israël des résolutions de l'ONU qui ont perpétué les tensions et les guerres, et non l'inverse.

5. « Notre victoire, c'est votre victoire. C'est la victoire de la civilisation judéo-chrétienne contre la barbarie. »

Le discours selon lequel une victoire d'Israël serait une victoire de l'Occident et de la civilisation sur la barbarie est imprégné de clichés colonialistes anachroniques. En réalité, c'est le soutien inconditionnel de l'Occident à Israël qui lui aliène légitimement les peuples arabo-musulmans et le Tiers Monde en général, exacerbant les conflits et sapant toute crédibilité de l'Occident lorsqu'il parle de valeurs démocratiques ou de respect des droits de l'homme, ces slogans humanistes apparaissant comme un paravent pour justifier la barbarie bien réelle infligée aux Palestiniens.

L'idée de « choc des civilisations » est une construction idéologique qui divise le monde en termes manichéens et sert à justifier des politiques impérialistes et racistes. Israël est souvent présenté comme un bastion de l'Occident en terre musulmane, mais cette vision perpétue des visées hégémoniques d'un autre siècle et ignore les injustices subies par les Palestiniens. Elle renforce les stéréotypes et l'idée de « mission civilisatrice » des races supérieures sur les races inférieures. De nombreux pays arabo-musulmans et du Tiers Monde voient en effet le soutien occidental à Israël comme une continuation de la colonisation et de l'impérialisme, et il serait difficile de leur donner tort.

Au lieu de voir le conflit israélo-palestinien comme un combat entre civilisation et barbarie, il faut reconnaître les droits et la dignité d'un peuple opprimé et occupé depuis plus de 75 ans, qui subit jusqu'à ce jour les conséquences des politiques impériales. Seule une politique qui fasse coïncider les principes du droit avec les politiques extérieures des capitales occidentales, sans deux poids deux mesures, sans hypocrisie, peut restaurer leur crédibilité auprès des peuples du sud.

Les déclarations et silences coupables de Darius Rochebin

Darius Rochebin ne s'est pas contenté de laisser Netanyahou débiter tous ces mensonges, il a parfois apporté sa caution explicite, voire surenchéri sur les déclarations criminelles d'un génocidaire. Il a ainsi affirmé « On voit bien que vous tuez beaucoup de combattants du Hamas », une affirmation totalement gratuite qui tend à accorder du crédit au ratio grotesque de 1 combattant tué pour chaque civil tué avancé par Netanyahou. En faisant mine de dénoncer « l'excès de morts, le si grand nombre de morts à Gaza », Darius Rochebin semble soutenir l'idée qu'il y aurait un nombre acceptable de morts civiles. En affirmant que « Tout le monde convient qu'il faut lutter par la force contre les islamistes », Darius Rochebin valide l'idée du choc des civilisations : il faudrait ainsi empêcher les « islamistes » d'être ce qu'ils sont, même en « Islamie », la population palestinienne étant musulmane et conservatrice et votant logiquement pour l'Islam politique (une définition fréquente du terme « islamiste »). Rappelons que le Hamas a été démocratiquement élu dans des élections auxquelles Jimmy Carter, l'ancien Président américain, était présent en tant qu'observateur, et qu'il  a qualifiées d' « honnêtes » et « justes ». Et en insistant pour demander « Est-ce que ça veut dire que vous détruirez les centres nucléaires avant ? Une heure avant, une semaine avant, un mois avant qu'ils aient la bombe ? Est-ce que ça c'est certain ? », Darius Rochebin semblait sinon encourager Netanyahou à passer à l'action (et donc à déclencher une guerre régionale voire mondiale), du moins la présenter comme légitime, alors que l'AIEA a établi le caractère pacifique du programme nucléaire iranien, et qu'Israël, Etat belliqueux par excellence, n'est pas, contrairement à l'Iran, signataire du Traité de non-prolifération des armes nucléaires, ce que le journaliste se garde bien de mentionner.

Enfin, voici un petit florilège des affirmations et dénégations les plus infâmes de Netanyahou, qui se passent de longs commentaires.

  • « On a tout fait pour éviter la famine. La consommation de calories, c'est 3200 calories par personne, c'est 1000 calories de plus que ce qui est requis au quotidien. » (propos aussi outrageux que s'il était tenu au sujet de détenus de camps nazis de concentration ou d'extermination, d'autant plus qu'avant même le 7 octobre, toute la population de Gaza était soumise à  un régime de privations machiavéliquement calculé)
  • « Nous faisons tout pour éloigner les civils des zones de conflit… le nombre de pertes civiles relatives aux pertes de combattants, c'est le taux le plus bas qu'on a vu dans une guerre urbaine moderne… c'est à peu près un pour un… Notre politique, c'est de minimiser les pertes civiles…. Je pense qu'un seul mort civil, c'est trop. » (il n'est plus à prouver qu'Israël cible délibérément les civils :  la plaidoirie de l'Afrique du Sud à la CPI citait notamment les multiples déclarations de responsables israéliens, dont Netanyahou, affirmant qu'il n'y a AUCUN innocent à Gaza ; les images apocalyptiques de destructions de masse de quartiers résidentiels suffisent à réfuter ce mensonge abject)
  • « 50 000 terroristes qu'on a tués » (le ratio des tués à Gaza ne serait donc plus de 50% de combattants, mais de 100%, y compris les femmes, les enfants, les nourrissons et les prématurés : tous les Palestiniens sont des terroristes aux yeux de l'armée israélienne)
  • « Le Hamas va de nouveau soumettre les Palestiniens, ils se serviront de Gaza comme d'une base pour continuer ces attaques où ils décapitent les femmes, violent les femmes, brûlent des bébés. » (en répondant avec solennité « Nul ne diminue l'atrocité de ce qui a été commis le 7 octobre. Nul ne diminue l'atrocité de ce qui a été commis le 7 octobre. », Darius Rochebin apporte sa caution à ces mensonges largement réfutés sur les événements du 7 octobre)
  • « Nous sommes sortis de Gaza. Nous avons abandonné nos bases, nous avons tout donné aux Palestiniens. » (même après le retrait israélien de 2005, Gaza restait occupée selon le droit international : si les geôliers d'une prison en quittent l'enceinte pour la surveiller de l'extérieur, les prisonniers restent prisonniers)
  • « les Palestiniens, une fois déradicalisés, doivent avoir une autonomie. Ils doivent avoir le pouvoir de se gouverner eux-mêmes et pas le pouvoir de menacer Israël » (la « déradicalisation » signifie l'acceptation de la colonisation, de la dépossession, de l'Apartheid, dans une sorte de camp de rééducation totalitaire qui a pour but de briser la volonté des Palestiniens, ce qui est le but du goulag de Gaza ; et « l'autonomie » promise est celle de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie, à savoir servir de milice à Israël pour mater toute velléité de révolte, sans aucune des prérogatives régaliennes d'un Etat)

Conclusion

Cette interview reflète de manière exemplaire la déchéance du journalisme mainstream en France voire en Occident, où il a tourné le dos à son rôle de « quatrième pouvoir » pour servir la soupe aux puissants, et même faire l'apologie du terrorisme et du génocide. A ce titre, elle méritait d'être retranscrite intégralement, ce que nous faisons ci-après. Un journalisme responsable nécessite d'exposer les faits et de demander des comptes aux responsables de telles atrocités, plutôt que de servir de plateforme pour leurs distorsions de la vérité. La crédibilité des médias et le droit du public à être informé sont en jeu lorsque des falsifications si ignobles passent à l'antenne sans contradiction digne de ce nom. Noam Chomsky parlait de « fabrique du consentement » pour désigner la propagande médiatique, et on voit qu'aujourd'hui, on peut faire accepter aux populations un génocide diffusé en direct sur les écrans de nos réseaux sociaux (les médias étant trop timorés pour diffuser ni même mentionner ces images, qui démasqueraient leur complicité).

Si Darius Rochebin n'a pas une seule fois prononcé les termes de « liberté de la presse » ou de « génocide », il a prononcé le mot « pardon » à 11 reprises, pour s'excuser d'interrompre Netanyahou. Ce n'est pas à un criminel de guerre et criminel contre l'humanité qu'il aurait dû adresser une demande de pardon avec tant de servilité, mais à ses confrères journalistes assassinés par dizaines par l'armée d'occupation en Palestine occupée et au Liban, aux dizaines de milliers de dépouilles et de cadavres déchiquetés à Gaza, aux enfants Palestiniens orphelins et/ou amputés sans anesthésie, et à ses téléspectateurs.

***

Interview de Netanyahou sur LCI, le 30 mai 2024

Retranscription réalisée d'après Watch my interview with the French TV network TF1 et ce que nous pouvions entendre en anglais. En l'absence du verbatim en anglais, certains propos sont perdus lorsque le journaliste et Netanyahou parlent simultanément.

Agrandir l'image : Illustration 1

Darius Rochebin : Monsieur le Premier Ministre, bonsoir.

Benjamin Netanyahou : Bonjour.

Darius Rochebin : Vous êtes Benjamin Netanyahou, le Premier ministre d'Israël. Dans ces circonstances de guerre, le procureur de la Cour pénale internationale demande un mandat d'arrêt contre vous. Quelle a été, d'abord à titre personnel, votre première réaction ?

Benjamin Netanyahou : Il ne s'agit pas de moi, il s'agit de l'État d'Israël. Il s'agit du droit du seul État juif à se défendre dans les années qui suivent l'Holocauste, et le procureur de La Haye combat ce droit à travers deux falsifications.

La première, c'est de faire une fausse équivalence entre les dirigeants démocratiquement élus d'Israël et les chefs du Hamas. C'est comme le procès de Nuremberg lors de la Deuxième Guerre mondiale, c'est comme si on mettait de Gaulle et Winston Churchill face au commandement allemand. Les traiter de la même manière, c'est comme mettre Al-Qaïda et le président américain dans le même procès. Bien sûr, c'est de la folie.

La deuxième attaque contre Israël, c'est qu'ils disent qu'on a une politique qui consiste à affamer les civils. C'est absolument faux. On a mis un demi-million de tonnes de nourriture et de médicaments à disposition. On a pavé des routes, on a ouvert de nouvelles voies terrestres, on a fait des largages par avion. On a tout fait pour éviter la famine. La consommation de calories, c'est 3200 calories par personne, c'est 1000 calories de plus que ce qui est requis au quotidien. Donc, c'est une accusation complètement fausse. Nous ne ciblons pas les civils.

Darius Rochebin : Monsieur le Premier ministre, monsieur le Premier ministre, pardon, permettez-moi de vous interrompre. Permettez-moi de vous interrompre. Est-ce que vous comprenez que les bombardements, par exemple à Rafah, donnent lieu à ces accusations ? On voit bien que vous tuez beaucoup de combattants du Hamas, mais au prix de tellement de victimes civiles innocentes.

Benjamin Netanyahou : Chaque mort de civil est une tragédie. Chaque fois que je vois un enfant, une femme ou un civil innocent mourir, pour nous, c'est une tragédie. Mais pour le Hamas, c'est une stratégie. Ils utilisent sciemment les civils comme des boucliers humains. Nous avons envoyé des milliers de pamphlets, d'affiches, nous avons passé des appels téléphoniques, nous faisons tout pour éloigner les civils des zones de conflit. Et le Hamas, eux, font en sorte que les civils restent dans ces zones en leur tirant dessus s'ils essaient de partir. C'est pour ça qu'on a des pertes civiles.

Mais je veux que vous sachiez que le nombre de pertes civiles relatives aux pertes de combattants, c'est le taux le plus bas qu'on a vu dans une guerre urbaine moderne. C'est plus bas qu'à Mossoul ou Raqqa, alors qu'on a des terroristes qui se cachent dans des tunnels. Alors le rapport, c'est à peu près un pour un. C'est très élevé pour moi, mais c'est le ratio le plus bas qu'on ait vu dans ce genre de situation.

Darius Rochebin : Monsieur Netanyahou, pardon, pardon. Comment croire, comment croire au un pour un ? Les États-Unis, pardon, les États-Unis, vos alliés, les Etats-Unis disent « beaucoup trop de morts civiles ». Ce sont les États-Unis, vos alliés, qui le disent. Ça n'est pas un pour un. Le secrétaire à la Défense américain a parlé de 25 000 femmes et enfants. On voit bien qu'il y a une disproportion. Est-ce que vous y êtes obligé ? Est-ce que vous êtes obligé de faire cette stratégie-là ? Je rappelle qu'Israël sait comment agir et tuer de manière ciblée. Votre propre frère Yoni est mort en héros dans ces circonstances. Est-ce que c'est vraiment impossible de mener des opérations commando plutôt que cette action massive qui tue tant d'innocents ?

Benjamin Netanyahou : Ce ne sont pas des attaques non ciblées. On fait tout ce qu'on peut. Par exemple, au Mali, les forces françaises ont ciblé des commandants terroristes et ils ont accidentellement bombardé un mariage. Il y a eu 3 terroristes morts et il y a eu énormément de morts civiles. C'est une tragédie, c'est quelque chose qui se produit en guerre, mais je ne dirais pas que Macron est un criminel de guerre. Je ne dirais pas que l'armée française a fait ça exprès, et nous ne le faisons pas exprès non plus.

Parfois, malheureusement, nous ciblons même nos propres personnes. Il y avait des otages qui échappaient au Hamas. Ils se sont rendus, ils couraient vers nos forces, ils étaient à quelques centaines de mètres et malheureusement on les a tués. Il y a des pertes de tirs amis, il y a des pertes de civils.

Notre politique, c'est de minimiser les pertes civiles et on fait des choses qu'aucune armée n'a jamais faites dans l'histoire. On dit aux civils de partir, on leur donne de la nourriture et il y a des civils qui quittent Rafah, mais on a quand même des tragédies qui se produisent comme ce qui est arrivé l'autre jour. Mais ce n'est pas notre politique, ce sont des choses qui se produisent en dépit de nos politiques.

Donc, je pense que le procureur de La Haye nous accuse à mauvais escient. Ce que je pense qu'il fait, c'est qu'il attise les flammes de l'antisémitisme parce que les gens dans le monde se disent : « Eh bien, s'il y a ces accusations qui viennent de la CPI, ça doit être des accusations sérieuses. » Et on a vu d'autres tribunaux qui étaient soi-disant des tribunaux sérieux, comme dans l'affaire Dreyfus, qui ont alimenté les flammes de l'antisémitisme en Europe au XIXe siècle, et cela se reproduit au XXIe siècle.

Darius Rochebin : Mais, monsieur Netanyahou, pardon, est-ce que vous voyez, est-ce que vous voyez, pardon, dans les rues de Paris, de Londres, de Rome, partout, ces centaines de milliers de gens qui manifestent contre l'excès de morts, le si grand nombre de morts à Gaza ? Tous ne sont pas des antisémites. Il y a peut-être des groupuscules antisémites, mais ce sont des gens de bonne foi qui manifestent. Qu'est-ce que vous leur dites ?

Benjamin Netanyahou : Je leur pose la question : où étaient-ils quand des millions, et non pas 50 000 ou 20 000, c'est quand même beaucoup de pertes comparé aux 50 000 terroristes qu'on a tués, mais où étaient-ils quand des millions étaient assassinés, lorsqu'on les sortait de leur maison en Syrie, en Irak, au Yémen ? Des millions de personnes ont été tuées et à ce moment-là, ils n'ont rien dit. Ce qu'ils font, c'est qu'ils ciblent la démocratie d'Israël, le seul État juif, parce que les Juifs se défendent. C'est ça qu'ils font et ils instrumentalisent le droit international pour cela. C'est ce qui se passe lorsqu'on compare les dirigeants de la démocratie israélienne aux dirigeants terroristes du Hamas.

Lorsqu'on ment pour dire que nous ciblons les civils, que nous affamons les civils, on attaque toutes les démocraties et on sape aussi le droit international. Et les juges, lorsqu'ils se réuniront pour parler de ça, je pense qu'ils rejetteront ces calomnies antisémites qui ne devraient pas se retrouver dans des cours internationales.

Darius Rochebin : Benjamin Netanyahou, vous rappelez l'histoire et il est vrai qu'il y a eu des crimes de guerre même commis par les alliés pendant la guerre, comme le bombardement de Dresde. Ce sont des faits. Mais aujourd'hui, en 2024, quoi qu'il en soit, est-ce que vous admettez qu'il y a trop de morts, trop de morts civiles à Gaza ?

Benjamin Netanyahou : Je pense qu'un seul mort civil, c'est trop. Mais nous ne faisons pas de bombardements non ciblés à Gaza. Nous ne faisons pas ce que les alliés ont fait à Dresde, nous ne faisons pas de tapis de bombes à Gaza. Je ne vais pas me comparer à ce qu'on a fait par le passé, mais nous ne faisons pas ce genre de chose.

Lorsqu'on va à Rafah, c'est l'équivalent du débarquement en Normandie, de l'attaque contre l'Allemagne. Et certaines gens disent qu'on peut laisser intacte 20 % de l'armée nazie, ne rentrez pas à Berlin. C'est ça en fait qu'on fait. Il y a énormément de bataillons des terroristes du Hamas à Rafa et les gens nous disent de les laisser là-bas. Mais vous savez ce qui va se passer, ils vont simplement reconquérir Gaza. Ils vont de nouveau soumettre les Palestiniens, ils se serviront de Gaza comme d'une base pour continuer ces attaques où ils décapitent les femmes, violent les femmes, brûlent des bébés, ils ciblent nos civils. Considérez l'équivalent, c'est l'équivalent de 8 000 morts français en une journée.

Darius Rochebin : Monsieur le Premier ministre, nul ne diminue l'atrocité de ce qui a été commis le 7 octobre. Nul ne diminue l'atrocité de ce qui a été commis le 7 octobre. Mais je viens d'entendre votre comparaison avec le débarquement en Normandie. La grande différence, c'est que Gaza n'est pas votre terre. Ça, j'imagine que vous l'admettez. Est-ce que vous comprenez maintenant les voix, Emmanuel Macron notamment, qui a appelé le président palestinien Abbas dans la perspective de la reconnaissance de l'État de Palestine ? Que répondez-vous à cela ?

Benjamin Netanyahou : Tout d'abord, nous sommes sortis de Gaza. Nous avons abandonné nos bases, nous avons tout donné aux Palestiniens. Donc, pourquoi ont-ils fait cela ? Ils n'ont pas fait la paix avec Israël. Ils ont creusé des milliers de kilomètres de tunnels, plus que le métro parisien. Ils ont tiré des roquettes sur nos villes, ils ont décapité et brûlé notre peuple, ils ont violé nos femmes. Ce n'est pas un État paisible et si vous leur donnez un État maintenant, ce sera la plus belle récompense possible pour ces terroristes.

Je veux que vous sachiez que cela rentre dans le cadre d'un conflit plus large contre l'axe de la terreur qui inclut le Hamas, les Houthis, le Hezbollah, et s'ils réussissent ici, ils réussiront partout. Ça encouragera énormément les actions terroristes partout dans le monde, y compris en France.

[En français] « Excusez-moi, mon français n'est pas si précis. Je dis que notre victoire, c'est votre victoire. Notre victoire, c'est la victoire d'Israël contre l'antisémitisme. C'est la victoire de la civilisation judéo-chrétienne contre la barbarie. C'est la victoire de la France. »

Si nous perdons ici, vous perdez ici. Si nous gagnons ici, vous gagnez ici.

[En français] « Notre victoire est votre victoire. »

Darius Rochebin : Monsieur le ministre, bien sûr qu'il y a l'usage de la force et tout le monde convient qu'il faut lutter par la force contre les islamistes. Mais les Palestiniens, le peuple palestinien, est-ce que c'est le moment de lui donner un espoir, de lui dire « Après la guerre, vous aurez un État » ? L'Espagne le fait, l'Irlande, la Norvège. Que dites-vous à ces États et d'abord à la France ?

Benjamin Netanyahou : Je dis qu'aujourd'hui, lorsqu'on parle d'un État palestinien, ce ne sera qu'un État fantoche de l'Iran. Ce sera un État terroriste. 80 % des Palestiniens soutiennent les massacres du 7 octobre. Aucun des membres de l'Autorité palestinienne, pas un seul, n'a condamné cette attaque. Ils apprennent à leurs enfants qu'il faut détruire Israël. Ils payent les terroristes lorsqu'ils tuent des Israéliens.

Mon point de vue, c'est qu'on doit faire trois choses après Gaza. La première chose, c'est que l'on doit vaincre les terroristes du Hamas. Et ça, c'est notre guerre, pas contre la population, mais contre les terroristes. On doit vaincre le Hamas. Ensuite, on doit s'assurer qu'il y ait une démilitarisation effective et une déradicalisation. Il faut changer les curriculums dans les écoles et dans les mosquées pour aller vers la paix et non pas vers la guerre.

Je l'ai fait moi-même, j'ai fait quatre traités de paix. Ma vision de la paix, c'est que les Palestiniens, une fois déradicalisés, doivent avoir une autonomie. Ils doivent avoir le pouvoir de se gouverner eux-mêmes et pas le pouvoir de menacer Israël.

Darius Rochebin : Mais Benjamin Neyanyahou, tout ce que vous déclarez, pardon, tout ce que vous décrivez, est-ce que ça passe par une occupation de Gaza ? Si, comme vous le dites, il faut aller jusqu'à changer les manuels scolaires, etc., est-ce que ça veut dire qu'Israël devra occuper pendant une certaine période Gaza?

Benjamin Netanyahou : Je pense qu'il va falloir qu'on ait des responsabilités sécuritaires parce qu'il va falloir empêcher la résurgence du Hamas ou d'autres groupes terroristes. J'aimerais bien qu'il y ait une force internationale qui fasse cela, mais je ne vois pas cela se dessiner. Et jusqu'à ce que ce soit le cas, c'est Israël qui sera responsable de la sécurité, non seulement de la nôtre, mais de la vôtre aussi, parce que des terroristes pourraient aller frapper l'Europe depuis cet État terroriste.

Darius Rochebin : Ça veut dire, pardon, soyons précis, Monsieur le Premier Ministre, s'il vous plaît, que vous resterez à Gaza aussi longtemps que nécessaire, même si ça devait durer des mois ou des années ?

Benjamin Netanyahou : Je ne sais pas s'il faudra occuper Gaza, mais il faudra pouvoir y rentrer à n'importe quel moment pour arrêter les terroristes. Vous devez comprendre que ce n'est pas seulement notre problème. Vous avez eu des choses horribles avec le professeur [Samuel] Paty, le père Hamel égorgé dans son église [en français]. Vous avez eu les massacres du Bataclan, les massacres à Nice, les attaques à Toulouse. Vous avez ces terroristes qui sont chez vous et vous devez imaginer que si vous construisez un État terroriste, non pas à des milliers de kilomètres de Paris, mais dans la banlieue, à côté de chez vous, est-ce que vous pensez que ça, ça créerait la paix ?

Donc, non, on doit se débarrasser du Hamas et on doit s'assurer que les terroristes ne s'y reconstituent pas. Et si on ne fait pas cela et que les terroristes s'y rétablissent grâce à ces décisions terribles de la CPI lorsque Israël mène une guerre que n'importe quelle démocratie mènerait, et qu'Israël est à ce moment-là attaqué – bien sûr, on ne se laissera pas faire –, alors à ce moment-là, ça encouragera les terroristes partout dans le monde.

Darius Rochebin : Monsieur le Premier ministre, monsieur le Premier ministre, quel est votre but final de guerre ? Vous savez que beaucoup, y compris aux États-Unis, craignent que vous vous installiez pour toujours. Est-ce que votre engagement est à la fin de rendre Gaza à une pleine Autorité palestinienne ?

Benjamin Netanyahou : À une Autorité palestinienne qui est favorable à la paix, qui veut une vraie réconciliation, une paix avec Israël. Mais je l'ai dit publiquement, je l'ai dit en hébreu : bien sûr, nous n'allons pas nous réinstaller à Gaza. Ce n'est pas la question. La question, c'est de savoir… c'est la nature du gouvernement qui va s'installer à Gaza. S'assurer que ce ne soit pas une menace pour Israël.

Regardez ici la carte du monde arabe en vert. Israël, c'est ce petit point rouge. Je ne sais même pas si vos caméras peuvent le voir. L'Iran, c'est le pays en noir là. L'Iran veut conquérir tout le Moyen-Orient et ensuite attaquer l'Europe, la France, perpétrer davantage de ces actes de terrorisme que vous avez subis. La seule chose qui les en empêche, c'est Israël, ce petit pays mais puissant. Moi, j'ai fait la paix avec de nombreux pays du monde arabe. Après l'Égypte et la Jordanie, on a fait la paix avec le Maroc, le Bahreïn, le Soudan, et on veut étendre cette paix. L'Iran veut le contraire.

Journaliste: Benyamin Netanyahou, parlons-en, s'il vous plaît, parlons de l'Iran. L'Iran que vous mettez en noir sur votre carte. Est-ce que vous bombarderez les centres nucléaires iraniens avant qu'ils n'aient la bombe atomique ? L'Iran menace de vous détruire. Est-ce que pour vous, c'est une assurance que vos forces détruiront les centres nucléaires avant qu'ils n'aient la bombe ?

Benjamin Netanyahou: L'Iran nous a attaqués avec des centaines de missiles. Heureusement, aucun d'entre eux n'a réussi à pénétrer nos défenses. Bien sûr, nous nous défendions. Je suis engagé pour empêcher l'Iran d'avoir des armes nucléaires. Nous les avons retardés de près d'une décennie, mais nous ne les avons pas arrêtés. J'étais très heureux de voir d'ailleurs que la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne veulent mettre en place des sanctions contre l'Iran qui se dirige vers l'arme nucléaire. Je pense que c'est la bonne politique.

Mais je veux que vous sachiez que la raison pour laquelle ils disent cela, ce n'est pas parce que l'Iran nous menace nous. La raison, c'est que l'Iran développe des missiles balistiques qui peuvent atteindre Paris, Berlin, Londres, avec des ogives nucléaires. Donc, il se prépare à attaquer le monde entier. On ne combat pas seulement pour nous-mêmes. Bien sûr, on protège notre pays…

Darius Rochebin : Est-ce que ça veut dire que vous détruirez les centres nucléaires avant ? Une heure avant, une semaine avant, un mois avant qu'ils aient la bombe ? Est-ce que ça c'est certain ?

Benjamin Netanyahou: Cela signifie que nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher l'Iran d'avoir des armes nucléaires. Ils ont déclaré ouvertement qu'ils utiliseraient ces armes pour nous détruire. Moi, je dis qu'ils vous mettront aussi vous en danger car ils les utiliseront pour vous faire du chantage, pour faire du chantage aux États-Unis. C'est ce que l'Iran veut. L'Iran veut conquérir le Moyen-Orient, puis l'Europe, et vous intimider avec des armes nucléaires.

Lorsque nous combattons le Hamas, nous combattons l'axe iranien. Lorsque nous combattons le Hezbollah, nous combattons les Iraniens. Lorsque nous répondons aux attaques iraniennes, nous combattons l'axe terroriste iranien. Nous sommes sur la ligne de front, mais nous ne sommes qu'un obstacle entre vous et eux, parce qu'à leurs yeux, nous sommes le Petit Satan, mais l'Occident est le Grand Satan. Je me moque de la propagande, c'est ça la vérité.

Darius Rochebin : Monsieur le Premier Ministre quel est votre sort, quel sera votre sort personnel ? Quel sera votre sort personnel si demain la Cour pénale internationale accepte la réquisition du procureur ? Un mandat d'arrêt vous visera. Vous pourrez aller aux États-Unis par exemple, mais est-ce que ça veut dire que vous éviterez l'Europe ? Est-ce que ça veut dire que même si votre avion a une avarie et que vous devez vous poser à Paris ou à Rome, vous seriez arrêté ?

Benjamin Netanyahou : Vous savez, je ne veux pas parler de ma situation personnelle. Ce n'est pas le problème. Je combats le terrorisme depuis que j'étais un jeune soldat dans les Forces de défense israéliennes. Mon jeune frère a été tué pendant qu'il sauvait des otages juifs à Entebbe, en 1976. J'ai moi-même été blessé lorsque je faisais partie d'une force qui a sauvé des passagers d'un avion qui avait été détourné à Tel Aviv. J'ai combattu le terrorisme toute ma vie. Si je dois maintenant subir quelques désagréments dans ce combat contre le terrorisme, eh bien, soit.

Il ne s'agit pas de moi, il s'agit de nous, nous tous. Est-ce que nous avons le courage, la force, la conviction, la capacité de faire face à ces meurtriers, ces sauvages ? Ou est-ce qu'on se plie à ces accusations fausses, absurdes et scandaleuses de la CPI ? Est-ce qu'on se soumet à cet antisémitisme ? Est-ce que les juges se soumettent à cet antisémitisme ? C'est vraiment une tâche sur la CPI dont ils ne se remettront jamais.

Les gens ont le droit de dire : « Ça suffit ». Je peux vous dire que 80 % du public américain soutient Israël. Je pense que 20 %, c'est un nombre énorme de gens qui soutiennent le Hamas, mais il y a aussi 20 % de personnes qui disent que Ben Laden avait raison et que l'Amérique avait tort. Il y a des gens partout qui se lèvent pour Israël.

Darius Rochebin : Monsieur Netanyahou, un mot sur les otages. Vous rappelez le passé héroïque de votre frère, qui avait sauvé, qui s'est battu, qui est mort dans ces circonstances-là. Aujourd'hui, le sort des otages, en quelques mots, où en est-on ? Signe de vie de ces otages ? Et puis, dès lors que les otages seraient tous libérés, est-ce que ça peut être la fin de l'opération ?

Benjamin Netanyahou : La fin de la guerre pourrait arriver immédiatement si le Hamas dépose les armes, se rend et libère les otages. On peut terminer ça en 5 minutes, mais ce n'est pas ce qui se passe. Ils gardent les otages. Nous avons réussi à obtenir la libération de la moitié des otages grâce à de la pression militaire, mais aussi grâce à des exploits. On a sauvé certains otages. C'est très difficile à faire, parce qu'il y a ce réseau de tunnels souterrains de 500 km, qui est plus long que le métro parisien. Donc, on fait tout ce qu'on peut pour les libérer.

Moi, je veux mettre fin au cauchemar de ces otages. C'est inimaginable, leur souffrance. Il y a aussi des otages français là-bas. Il y avait 42 citoyens français qui ont été tués par ces monstres du Hamas, et nous voulons sauver tous les otages. C'est notre engagement. Je pense que ça va main dans la main avec notre autre objectif, qui est de détruire le Hamas, détruire les terroristes, non pas la population. On veut obtenir la libération des otages et on veut s'assurer que Gaza ait un avenir différent, qui ne menace pas Israël.

Darius Rochebin : Monsieur le Premier ministre, j'aimerais vous entendre s'il vous plaît sur les colonies de la Cisjordanie. Il n'y a pas que Gaza en Cisjordanie, vous avez des colonies illégales au regard du droit international. Est-ce que un jour vous allez les démanteler ? Est-ce que le démantèlement de ces colonies fait partie, quand il faudra faire la paix avec les Palestiniens… Ils ont du chemin à faire et vous aussi vous avez du chemin à faire. Est-ce que vous démantèlerez les colonies illégales de Cisjordanie ?

Benjamin Netanyahou : Ce ne sont pas des colonies illégales. Ça fait partie de notre territoire national. Nous ne sommes pas les Belges au Congo.

Darius Rochebin : C'est le droit international.

Benjamin Netanyahou : C'est très discutable. Le droit international, la résolution 242 dit qu'il faut qu'il y ait un retrait, non pas de ces zones, mais de certaines zones qui ne sont pas spécifiées, et toutes ces colonies, ce n'est que 2 à 3 % de la zone construite. C'est notre patrie, depuis 2000 ans.

Darius Rochebin : Avec beaucoup d'extrémistes, vous le savez, très violents. Est-ce que ça veut dire que vous ne les quitterez jamais ? Est-ce que ça veut dire que vous ne les quitterez jamais ?

Benjamin Netanyahou : Nous ne sommes pas des colonisateurs, monsieur. Nous allons devoir vivre ensemble. Les Palestiniens, je ne veux pas les faire partir et ils ne pourront pas nous faire partir. Nous devons négocier la paix, nous devons décider où exactement sera la frontière. Mais l'essentiel, c'est que les Palestiniens, 100 ans avant et après l'établissement de l'État d'Israël, ils doivent surmonter l'obstacle principal à la paix, et ça, c'est le refus palestinien de reconnaître l'État juif, quelles que soient les frontières, c'est ça qui empêche la paix.

Darius Rochebin : [Yasser] Arafat a reconnu. Arafat, pardon, Yasser Arafat avait dit leur Charte [de l'OLP] est caduque, et aujourd'hui, monsieur Abbas ne nie pas l'existence d'Israël ?

Benjamin Netanyahou : Bien sûr que si, il la nie. Parce que si vous regardez les livres dans les écoles, si vous voyez ce que l'Autorité palestinienne et ce qu'Abbas enseignent à ses propres enfants, c'est exactement la même rhétorique que celle du Hamas. Ils enseignent la destruction d'Israël. Ils sont payés en fonction du nombre d'Israéliens qu'ils tuent. Ce n'est pas ça la paix. Moi, je veux un changement dans les années à venir. Je ne veux pas tuer les Palestiniens. Je ne veux tuer aucun Palestinien. Je veux tuer les terroristes, bien sûr. Mais je veux dire que nous reconnaissons l'État d'Israël et nous voulons qu'il soit reconnu, non pas seulement dans les mots, mais aussi dans les faits. C'est ça qui ouvrira la porte à la paix entre Israël et les Palestiniens. Nous avons déjà ouvert la porte.

Journaliste: Monsieur Netanyahou, tout à l'heure…

Netanyahou : Nous avons pu faire la paix avec plusieurs États arabes, parce qu'ils ne se définissent pas par la destruction du seul et unique État juif.

Darius Rochebin : Tout à l'heure, vous disiez… Vous étiez… Est-ce qu'il y aurait une force internationale pour prendre le relais à Gaza ? Vous disiez « Ca semble pas prendre forme. » Mais si ça prenait forme, si demain les Américains, les Français, les Allemands disaient : « D'accord, nous allons assurer l'ordre à Gaza », est-ce que vous leur donnez les clés ? Est-ce que vous leur dites oui ?

Netanyahou: J'ai dit que je serais heureux de voir une participation d'une force internationale, à la fois d'États arabes et de la communauté internationale. J'aimerais une gestion civile de la bande de Gaza. Ça ne nous intéresse pas d'administrer la bande de Gaza. De ce point de vue, nous voulons voir une force qui empêchera le retour des terroristes. Et si une telle force internationale devait se composer, nous en serions très heureux. Mais pour l'instant, je n'en vois pas qui se forme. Et si vous en connaissez une, je serai ravi de l'envisager. Mais je ne pense pas que ça sera faisable dans un avenir immédiat. La gestion administrative des civils, oui, je suis d'accord. Mais la gestion des affaires sécuritaires et militaires, je ne pense pas.

Darius Rochebin : Est-ce que vous avez parlé à Monsieur Macron au téléphone ?

Netanyahou: Oui, j'ai eu de nombreuses conversations téléphoniques avec lui.

Journaliste: Oui, mais ces dernières heures et ces derniers jours, notamment après ce qu'il a dit sur la reconnaissance potentielle de l'État de Palestine.

Netanyahou: Non, je n'ai pas eu de conversation à ce sujet. Mais encore une fois, je pense que si Monsieur Macron et les citoyens français considéraient la possibilité d'avoir un État palestinien dans la banlieue parisienne, c'est de ça qu'on parle. Et imaginez qu'il y ait des milliers de terroristes qui veuillent détruire Paris, tuer des citoyens français, conquérir la France. Vous ne suggéreriez pas cela. Et c'est ça que serait un État palestinien aujourd'hui. C'est ça que nous disons.

Ça doit se faire dans l'avenir par des négociations qui ne sont pas imposées par une force extérieure, parce que ça ne mènera pas à la paix. Ça mènera à une guerre encore pire, en particulier parce que le Hamas a promis d'utiliser un tel État pour refaire les attaques du 7 octobre, encore et encore et encore. Donc la grande majorité des Israéliens, 99 contre 9 à la Knesset, récemment, s'est opposée à l'établissement d'un État palestinien. Et c'est compréhensible, parce que nous ne voulons pas nous suicider.

Darius Rochebin : Monsieur Premier Ministre, un mot encore personnel. Je me rappelle Noah Klieger, survivant d'Auschwitz. Il écrivait, je crois, dans le Yedioth Ahronoth. Personnage extraordinaire, il disait « Bibi, Bibi Netanyahou, c'est la chutzpah, c'est le culot. Mais pour le meilleur ou pour le pire ? » Est-ce qu'aujourd'hui, c'est le pire ? C'est-à-dire est-ce qu'aujourd'hui, hélas, vous aggravez l'image d'Israël, ou est-ce que ça veut dire [que] vous ne comptez que sur vous-même ?

Benjamin Netanyahou : Écoutez, la grande majorité des Israéliens sont d'accord avec mes politiques. Israël est une démocratie. Parfois, les gens ne sont pas d'accord avec moi, mais globalement, les Israéliens comprennent que nous devons vaincre le Hamas. Ils comprennent aussi qu'il y a une campagne de propagande constante pour dire « Eh bien, Netanyahu a une position, et le peuple israélien n'est pas d'accord. » Mais les sondages hier ont montré tout le contraire.

Je ne me soucie pas de mon propre avenir. J'ai risqué ma vie de nombreuses fois. J'ai été blessé, on m'a tiré dessus. J'ai perdu un frère. J'ai eu un de mes camarades soldats qui est mort dans mes bras lorsque j'étais un jeune soldat. Je connais le cout de la guerre. Je connais le fardeau de la guerre, la douleur de la guerre. Et je veux la paix, mais je veux une vraie paix. Et je ne sacrifierai pas le droit du peuple juif à se défendre, dans le seul État qui soit un État juif, en raison d'une procédure absurde de la CPI qui devrait être rejetée par les juges, en raison d'une propagande antisémite absurde.

Ces accusations contre Israël, contre le peuple juif, il y en avait au Moyen-Âge. On brûlait les Juifs au Moyen-Âge. On en faisait des martyrs. Staline a déclenché des procès contre les médecins juifs. Il y a eu, bien sûr, les nazis. Et maintenant, c'est une nouvelle attaque. Israël est une démocratie…

Darius Rochebin : Pardon, Monsieur le Premier ministre, vous avez raison de rappeler avec justesse l'antisémitisme et les horreurs de l'antisémitisme, mais pardon. Est-ce que vous convenez qu'aujourd'hui, aujourd'hui, des Israéliens comme des Arabes peuvent commettre des crimes de guerre ? Il se peut. C'est une accusation que la Cour porte, mais c'est une accusation aussi que certains États soupçonnent. Je rappelle les États-Unis eux-mêmes l'ont dit. Donc bien sûr qu'il faut rappeler l'antisémitisme. Est-ce que tôt ou tard aussi, il faudra des jugements ? Vous-même avez dit pour Rafah qu'il y a une erreur qui a été commise. Est-ce que, par exemple, ceux qui ont donné l'ordre, l'erreur, seront jugés chez vous en Israël ?

Benjamin Netanyahou : Eh bien, il y a une enquête pour voir, et s'il y a des gens qui sont coupables, bien sûr, il y aura un procès. La CPI a été fondée pour mettre en accusation des pays qui n'ont pas de systèmes légaux indépendants en place, des États qui ne sont pas démocratiques, qui n'ont pas le principe de séparation des pouvoirs. Nous, nous avons le système judiciaire le plus indépendant de la planète, peut-être de la galaxie, et tout le monde le sait. Et donc, en fait, le procureur de la CPI ne s'est même pas embarrassé à vérifier les faits. Il a annulé sa visite en Israël, il voulait simplement s'attaquer à Israël, il voulait simplement nous accuser à tort.

En Israël, on fait tout le contraire. À chaque fois qu'il y a un tel incident à Gaza, à Rafah, où que ce soit, évidemment, il y a une enquête. Nous avons un système judiciaire indépendant, comme la France, comme le Royaume-Uni, comme les États-Unis. Là, ces pays étaient censés se rendre au Soudan, ils n'y sont pas allés, il y a d'autres pays où ils ne sont pas allés. Ils ne font rien. Sur l'Iran, ils ne font rien sur le Yémen, ils ne font rien sur la boucherie en Syrie de Bachar al-Assad. Israël, c'est un pays qui a un système, un vrai système indépendant, et le procureur ne voulait pas s'intéresser à cela, il voulait simplement nous mettre en accusation.

Mais ce n'est pas moi qu'il accuse, par cela, c'est la démocratie, c'est toutes les démocraties, c'est vous aussi, parce que une fois que ça fait jurisprudence, on sera attaqué et les terroristes seront encouragés. Et vous verrez les effets à la fois sur l'antisémitisme qui se développera, et ça entachera la Cour pour toujours. Et il y aura aussi une montée du terrorisme de l'axe iranien. Et en fin de compte, ils veulent s'attaquer à vous. Nous, nous sommes juste sur leur chemin, mais c'est vous qu'ils veulent attaquer.

Darius Rochebin : Monsieur le Premier Ministre, merci, merci d'avoir été notre invité. Merci beaucoup.

Benjamin Netanyahou : Merci à vous. Merci.

***

Si ce n'est déjà fait, je vous invite à signer et à faire largement circuler  cette pétition sur change.org, qui appelle à ma réintégration à la CGT, d'où j'ai été exclu pour avoir initié une pétition dénonçant les positions ambigües de la Confédération suite au 7 octobre et demandant un soutien authentique à la cause palestinienne(que vous pouvez également  lire et signer ici).

La source originale de cet article est  Le blog d'Alain Marshal

Copyright ©  Alain Marshal,  Le blog d'Alain Marshal, 2024

 mondialisation.ca

 Commenter
newsnet 2024-06-22 #14209

enfin quelqu'un s'est dévoué pour s'atteler à cette tâche ingrate qui est un des plus grands scandale - un preuve historique - de la partialité (nazie) des médias : l'interview tranquilou, en toute violation de la loi, d'un criminel sur lequel pèse un mandat international d'arrestation.

Fen 2024-06-22 #14212

Au départ Satanyahu n'est pas semite, c'est un sioniste d'origine polonaise, faite lui passer un test d'ADN, c'est un menteur pathologique. La thora doit être bani à tout jamais car elle enseigne la haine d'autrui, le mensonge, le vol, le meurtre, le viol, la torture et la destruction au nom d'une bande d'illuminés qui se surestime. Israel n'a aucun droit, c'est au départ une fraude d'un fonctionnaire anglais corrompu Balfour qui a accepté un pot de vin du banquier corrompu Rostchild en lui vendant une terre sans frontières qui ne lui appartenait pas, il n'est donc pas étonnant que cette déclaration qui en fait n'est qu'une banale lettre n'ait pas été signé par les officiels de l'époque, personne ne voulait apposer son nom sur une telle fraude. Depuis, les palestiniens se font tuer, voler,

Afficher la suite