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Destructions dans la bande de Gaza. [Photo d'illustration]
La rencontre Trump-Netanyahou confirme la continuité des grands dossiers régionaux en 2026. Gaza, l'Iran et la Syrie restent des foyers majeurs d'incertitude et de recomposition. Malgré les rivalités régionales, Washington demeure un acteur central du jeu moyen-oriental.
La sixième rencontre de l'année entre Donald Trump et Benjamin Netanyahou, le 29 décembre en Floride, a confirmé la centralité de plusieurs dossiers appelés à structurer durablement l'équilibre régional en 2026. Sans annonces spectaculaires, l'entretien a surtout entériné la poursuite de dynamiques engagées en 2025, au premier rang desquelles Gaza, l'Iran et la recomposition syrienne.
Sur Gaza, Washington souhaite avancer vers la deuxième phase du plan Trump, malgré l'absence de progrès concrets sur le désarmement du Hamas et sur la force internationale de stabilisation. La progression des forces israéliennes au-delà des lignes prévues nourrit la crainte d'une nouvelle frontière de fait, réduisant l'enclave palestinienne. Si une reprise d'une guerre totale paraît improbable, la reconstruction reste hors de portée tant que l'insécurité persiste.
Iran : reconfigurations de l'« axe de la résistance »
L'Iran demeure l'autre point névralgique. Israël a obtenu de Washington une forme de feu vert conditionnel face aux programmes balistique et nucléaire iraniens. Affaibli, l'« axe de la résistance » tente de se reconfigurer : le Hezbollah et certaines milices irakiennes sont soumis à des pressions de désarmement, tandis que les Houthis gagnent en influence. La reconnaissance du Somaliland par Israël illustre aussi une volonté d'ancrage stratégique dans la région de Bab el-Mandeb.
La Syrie constitue un terrain de recomposition majeur. Soutenu par l'Arabie saoudite et la Turquie, le nouveau pouvoir à Damas bénéficie d'une bienveillance américaine, malgré les réticences israéliennes. Un compromis sécuritaire reste incertain, conditionnant toute reconstruction. Dans ce contexte, la Turquie cherche à consolider son rôle régional sans confrontation directe avec Israël, tout en gérant la question kurde et sa rivalité feutrée avec Riyad.
Enfin, la compétition au sein du Golfe, notamment entre l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, pourrait s'intensifier au Yémen et au Soudan, avec des risques de fragmentation accrue. Malgré son discours de recentrage stratégique, Washington restera engagé au Moyen-Orient, la normalisation avec Israël demeurant un pilier de la politique étrangère de Donald Trump, même si la perspective d'un État palestinien reste lointaine.