03/01/2026 mondialisation.ca  7min #300748

 De violents raids aériens américains sur Caracas et des bases militaires vénézuéliennes

Les États-Unis attaquent le Venezuela et kidnappent Maduro

Par  Nate Bear

L'invasion américaine du Venezuela a commencé.

Des vidéos montrent des bombes s'abattant sur la capitale Caracas et quatre ou cinq autres lieux à travers le pays.

Selon des informations non confirmées, des Marines américains combattraient les troupes vénézuéliennes, parachutés dans le pays à bord d'hélicoptères Chinook. Si ces informations devaient se confirmer, elles suggèrent que les États-Unis mènent une opération de décapitation contre Maduro et son cabinet, dans le but de les kidnapper ou de les tuer.

(Mise à jour : Trump vient d'annoncer la capture de Maduro. Les États-Unis vont ainsi imposer une nouvelle cheffe d'État au Venezuela, Maria Corina Machado, et appeler cela la restauration de la 'démocratie'.

On attribuera ces événements à Trump. Mais ce serait oublier l'essentiel. L'invasion du Venezuela n'a rien à voir avec Trump. Elle concerne l'Amérique.

Les Démocrates vont se rallier en soutien à cette opération. Toute critique portera sur la forme, pas sur le fond. Sur la tactique, pas la stratégie.

Le soutien à cette dernière invasion américaine d'un pays étranger est multipartite, car les États-Unis sont une démocratie despotique, oligarchique et factice, qui se délecte de la violence et du pouvoir impérial.

C'est la nature même de ce pays.

Obama a été le  premier à qualifier le Venezuela de menace pour la "sécurité nationale", une déclaration ayant permis de conférer des pouvoirs d'urgence et ouvert la voie à l'anarchie trumpienne.

Dans l'une de ses dernières actions avant la fin de son mandat, Biden a augmenté la "prime" sur Maduro à 25 millions de dollars.

C'est littéralement le Far West. Un empire enragé.

Même Mamdani, le golden boy progressiste le plus à gauche du parti démocrate, a  qualifié Maduro de dictateur répressif à plusieurs reprises. Il est maire de New York. Il aurait pu s'en servir comme excuse pour se taire.

"Je ne m'intéresse pas aux dirigeants d'Amérique latine avec lesquels Donald Trump est en conflit, je m'intéresse aux New-Yorkais".

Facile !

Mais la réponse est non.

L'empire est une drogue redoutable.

Mais Nate, Maduro est un dictateur, un monstre ! Et l'invasion est une erreur.L'un n'empêche pas l'autre.

Sur Twitter/X, des internautes prétendument de gauche, anti-guerre et anti-impérialistes ont décidé, quelques secondes après que les États-Unis ont appuyé sur la gâchette, que ce serait  un excellent argument à faire valoir. Alors que le sang des Vénézuéliens innocents est versé, ils ont décidé que répéter la propagande impérialiste faisait d'eux des commentateurs sérieux.

Franchement, si c'est le niveau de conscience des anti-impérialistes, n'espérons pas mettre fin un jour à l'empire et à sa violence.

"X est un dictateur/monstre" a toujours été l'argument utilisé pour justifier guerres, invasions et impérialisme. Si vous l'ignorez, surtout après deux ans de génocide soutenu par une propagande atroce basée sur le même principe, à savoir que "le Hamas est un dictateur/monstre", c'est que vous n'avez vraiment strictement rien appris.

Si vous ânonnez ces inepties alors que les  États-Unis envahissent leur soixantième pays en soixante-dix ans, il n'y a vraiment plus que deux options. Soit a) vous savez ce que vous faites, ce qui fait de vous une mauvaise personne, soit b) vous ne savez pas ce que vous faites, ce qui fait de vous une mauvaise personne EN PLUS d'être ignare.

Soyons bien clairs : les envahisseurs sont les monstres. Ce sont ceux qui ne parlent pas votre langue, arrivent de milliers de kilomètres pour tuer vos amis, vos voisins et vos concitoyens. Ce sont eux. Sans hésiter. Et avec zéro excuse.

Cette invasion tourne autour des ressources et de la projection de puissance. L'objectif est de voler le pétrole et d'envoyer un signal au continent pour montrer qui est le patron. Trump l'a dit lui-même. Alors que les commentateurs libéraux du Guardian et du New York Times affirmaient qu' il était  "exagéré" de prétendre que l'intérêt de Trump pour le Venezuela concernait le pétrole, ce dernier s'est présenté devant une caméra et a  littéralement déclaré le pétrole au coeur de ses préoccupations.

Il a rappelé que le Venezuela, sous Hugo Chávez, a nationalisé l'industrie pétrolière, conformément au vote du peuple, et a révoqué les concessions sur les champs pétrolifères accordées aux compagnies pétrolières américaines. Ils ont instauré le socialisme. Et pour l'Amérique capitaliste, c'est le plus grave des péchés. Il s'agit donc bien du pétrole, et, par conséquent, de réaffirmer le capitalisme dominé par les États-Unis comme unique système économique tolérable sur le continent.

Après tout ce que nous savons et tout ce que nous avons vu, croire que cette dernière invasion américaine est motivée par des valeurs telles que la liberté, la démocratie ou la justice, ou par la lutte contre des "monstres", n'est pas seulement stupide, mais carrément angoissant. Croire, à ce stade, que les États-Unis sont les gentils suppose un bon cocktail de suprématie, de racisme, de déni et de lavage de cerveau, ce qui est vraiment très, très inquiétant.

Mais, avec des tours de passe-passe rhétoriques, des critiques sur les tactiques et non sur la stratégie, voilà exactement ce que vont faire les libéraux. Ils diront que même s'ils n'avaient peut-être pas agi exactement comme Trump, il fallait que Maduro parte. Le pays qui a tué des millions de personnes ces dernières décennies, fourni les armes et financé un génocide, et a infligé et continue d'infliger des horreurs indescriptibles aux populations civiles, passera une fois de plus pour le justicier.

Et  comme je l'ai écrit il y a quelques semaines, l'invasion du Venezuela démontre une fois encore que le droit international n'existe pas. :

"On parle ici de l'empire américain. De l'impunité impériale. De la puissance brute. De bombardiers B-52. De huit cents bases militaires américaines dans quatre-vingts pays. D'unités d'intervention. D'escadrons de la mort. De massacres d'enfants. De la famine organisée. De genocides. De l'apartheid. De la répression contre quiconque s'oppose à l'empire, dissimulée par le langage et les artifices du droit international.Un droit international vraiment concret, effectivement applicable et universaliste, censé restreindre les exactions des États, quel qu'il soient ? N'y comptez pas".

Encore une invasion américaine de notre vivant.

Le complexe militaro-industriel s'est une fois de plus déchaîné.

Encore des morts, après des années, des décennies d'hécatombe. Des gens massacrés avec une violence inouïe par l'empire le plus meurtrier de tous les temps.

Tout cela commence à sentir le réchauffé.

Et Cuba pourrait être la prochaine sur la liste. Cuba dépend en effet fortement du pétrole vénézuélien. Comme l'a souligné John Mearsheimer, la stratégie vénézuélienne est en partie motivée par Cuba, car Marco Rubio est obsédé par le renversement du gouvernement socialiste cubain.

Cuba pourrait donc être pris pour cible.

Ou peut-être que, suite à la visite de Netanyahou à Washington la semaine dernière et à l'avertissement de Trump à l'Iran, les bombes vont de nouveau pleuvoir sur Téhéran.

Une chose est certaine : il y aura une prochaine fois.

Parce que c'est l'empire.

Parce que c'est l'Amérique.

Nate Bear

Article original en anglais :  The US Attacks Venezuela, Kidnaps Maduro, ¡Do Not Panic!, le 3 janvier 2025.

Traduit par  Spirit of Free Speech

La source originale de cet article est  ¡Do Not Panic!

Copyright ©  Nate Bear,  ¡Do Not Panic!, 2026

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