
Nicolas Maxime
Source: facebook.com
« America First ». Donald Trump a bâti son discours sur la promesse de rompre avec les « guerres sans fin » et l'ingérence extérieure, allant même jusqu'à revendiquer le prix Nobel de la paix. Pourtant, Donald Trump a annoncé aujourd'hui avoir capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse afin de les extrader vers les États-Unis, où ils seront inculpés et jugés pour trafic de drogue et terrorisme.
Alors qu'il fustigeait les interventions de ses prédécesseurs au Moyen-Orient, le président américain n'a eu aucun scrupule à traiter un État souverain comme un simple pion dans sa stratégie de domination régionale. En orchestrant une opération militaire sur le sol vénézuélien, Trump n'a pas agi en isolationniste, mais en héritier direct de la doctrine Monroe.
Trump assure que les États-Unis contrôleront le pays jusqu'à une « transition démocratique » et que les compagnies pétrolières américaines pourront y opérer librement. On a donc compris quel était l'intérêt sous-jacent de cette attaque contre le Venezuela, dans la droite ligne de l'invasion de l'Irak en 2003 : prendre le contrôle des ressources énergétiques d'un pays qui possède les plus grandes réserves de pétrole au monde.
Déjà, Trump menace la Colombie des mêmes représailles. Les conséquences seront néfastes en termes d'insécurité pour l'ensemble de l'Amérique du Sud, avec le risque majeur d'une déstabilisation régionale durable, voire de conflits internes et de guerres civiles.
Trump, derrière son anti-interventionnisme affiché, poursuit en réalité la même fuite en avant néoconservatrice que ses prédécesseurs, sans se soucier des effets dévastateurs sur les peuples concernés. Comme l'a analysé Emmanuel Todd, ce qui se manifeste ici, c'est le nihilisme de notre société en phase terminale, incapable de reconnaître ses propres limites et de proposer un projet politique et moral autre que l'expansion militaire pour imposer ses vues économiques.
L'intervention militaire américaine au Venezuela est un symptôme supplémentaire de l'effondrement de l'Occident, révélant l'incapacité d'un système en décomposition à se réinventer autrement que par la force.