07/01/2026 euro-synergies.hautetfort.com  4min #301179

 De violents raids aériens américains sur Caracas et des bases militaires vénézuéliennes

Venezuela: Double stratégie entre Midterms et projection de puissance mondiale?

Venezuela: Double stratégie entre Midterms et projection de puissance mondiale?

Elena Fritz

Source:  t.me

Qui observe froidement les événements de ces dernières heures, comprend rapidement: cette opération ne suit pas une logique unidimensionnelle.

Elle n'est ni uniquement motivée par des enjeux intérieurs, ni simplement réductible à une politique étrangère. Il s'agit plutôt d'une double stratégie délibérée, où des effets à la fois internes et externes sont générés simultanément.

Commençons par le constat opérationnel. L'action militaire américaine au Venezuela est en réalité achevée.

Elle n'a pas évolué en une vaste campagne militaire, n'a pas connu d'escalade, ni a été pérennisée. Selon tout ce que l'on sait jusqu'à présent, elle n'a duré que quelques heures.

La méthode était remarquablement précise. Des frappes aériennes limitées ont créé un corridor, puis un débarquement ciblé de forces spéciales par hélicoptère a suivi.

L'objectif était exclusivement l'arrestation de Nicolás Maduro et de sa femme, suivie d'une évacuation immédiate vers les États-Unis.

Avec cette étape, la phase active de l'opération a pris fin.

Un détail est important: l'infrastructure pétrolière vénézuélienne est restée intacte.

Seuls quelques objectifs militaires clairement définis ont été touchés. Cela indique un refus de tout scénario de destruction totale et fait plutôt penser à une démonstration de puissance strictement personnalisée. Il ne s'agissait pas de l'État Venezuela, mais d'une figure bien précise.

Sur le plan militaire, il s'agit presque d'un exemple modèle d'opération spéciale moderne: courte durée, moyens limités, objectifs clairs - avec une efficacité politique maximale.

Cette efficacité se déploie simultanément à deux niveaux.

Au niveau intérieur, la logique est évidente. Les États-Unis approchent des élections de mi-mandat en novembre. Avec Maduro en détention aux États-Unis, une procédure pénale commence, qui s'inscrit parfaitement dans le cycle électoral. Donald Trump pourra alors se présenter en tant que président qui ne discute pas, mais agit :

Il a fait arrêter le «plus grand baron de la drogue» et l'a présenté devant un tribunal américain.

C'est un narratif puissant - exploitable juridiquement, médiatiquement et émotionnellement.

Mais cette seule dimension est insuffisante.

Sur le plan international, l'opération ouvre plusieurs leviers simultanément. Le premier concerne le Venezuela lui-même. La question centrale n'est pas de savoir si le pays existe toujours formellement - c'est le cas -, mais si un scénario de «changement de régime light» se dessine: pas d'invasion, pas d'occupation, mais une pression extérieure combinée à des mouvements internes au sein de l'élite.

Le second levier est d'ordre économique-stratégique: il concerne le pétrole.

Le Venezuela détient d'importantes réserves. La perspective d'une ouverture partielle ou d'une réorganisation des flux d'exportation peut influencer le prix mondial du pétrole. Et par conséquent, l'opération touche inévitablement la Russie.

Le prix du pétrole peut exercer une pression fiscale. Un prix bas ou volatile peut réduire la marge de manœuvre de Moscou - et influencer ainsi la position de négociation russe dans le conflit en Ukraine. Reste à voir si ce levier aura réellement un effet, mais il est plausible qu'il soit pris en compte.

Une attention particulière doit être portée à la réaction de la Chine dans ce contexte - ou plus précisément: sur sa retenue, jusqu'à présent.

Pékin n'a pas protesté, n'a pas enclenché d'escalade, n'est pas intervenu publiquement. Cette attitude paraît moins neutre qu'une stratégie d'attente délibérée. La Chine signale surtout une chose: elle veille à ses propres intérêts, sans loyauté inconditionnelle envers une alliance. Pour Moscou, c'est une observation pertinente, voire gênante.

Nous voici donc au cœur de l'évaluation de la situation. Cette opération n'est pas une guerre au sens classique.

C'est une démonstration de puissance politique avec des moyens militaires limités, qui se légitimise aussi bien sur le plan intérieur qu'elle met la pression à l'extérieur.

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