08/01/2026 dedefensa.org  8min #301265

 Le Diable se porte bien, Dieu merci !

Le diable et son train

 Ouverture libre 

• On nous parle, avec juste raison et les meilleures intentions possibles, du Diable et des calamités dont il nous accable pour nous faire sombrer dans les abîmes du Mordor. • Tous les tracas cités ici sont détestables et évidemment haïssables. • Mais ils ne sont pas la clef générale qui nous permet d'établir l'énigme de cette époque unique que nous vivons. • On oublie la vitesse du système de la communication, créatrice de réalités métaphysiques nouvelles. • En s'en servant, le Diable fabrique le moyen qui l'abattra, et c'est à nous de le saisir et d'en user.

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Nous reprenons ci-dessous un texte sur le Diable dont la présence est aujourd'hui omniprésente, - nul n'en peut plus douter, - car comme dit l'auteur :

« Le Diable n'existe pas, mais tout se passe comme s'il existait. »

L'auteur nous décrit ses manifestations, aujourd'hui si visibles, si contraignantes et si bruyantes (ce dernier mot importe beaucoup). Il nous a semble que c'était l'occasion d'aborder un problème évidemment fondamental, sur les composants de l'œuvre du Diable, et éventuellement les moyens de lutter contre lui. L'auteur  de ce texte, Claude Bourrinet, dans 'euro-synergies-hautefort.com', s'attarde surtout, parmi ses évocations des temps passés et des sagesses perdues, sur la manifestation universelle du bruit, et du bruit d'une épouvantable laideur, comme la marque principale du Diable. Sans aucun doute, il n'a pas tort sur la marque évidente du Diable, mais il nous semble propice d'aller plus loin que lui pour explorer les voies et moyens de ces actions diaboliques en relevant plusieurs détails pour les contester sans pour autant mettre le texte en cause.

• D'abord, Bourrinet met en cause les affirmations courantes selon lesquelles notre époque est exceptionnellement mauvaise (diabolique).

« On serait donc aventureux de prétendre que le Mal soit plus présent maintenant que jadis. Répétons-le : la marche de l'humanité s'est effectuée dans une sorte de cauchemar, où les paysages sont comme les images anticipées des Enfers. »

• Ensuite, c'est l'adaptabilité du Diable au progrès qui est mise en avant. Cela ne fait aucun doute : le Diable sait se servir du progrès, pour la raisoin, évidente d'ailleurs, que c'est lui qui l'a inventé. Il n'y a nulle vicissitude pour le Diable dans le progrès, mais que des avantages.

« Et, bien que constant, invariable dans son dessein de nuire, il s'adapte très bien aux vicissitudes du progrès. »

• Enfin, voulant résumer son propos, Bourrinet met en évidence l'une des malédictions les plus catastrophiques que le Diable impose au genre humain, qui entraîne l'abrutissement, l'oubli, la fermeture de l'esprit... Rien à redire, d'ailleurs le bruit lui-même étoufferait notre propos.

« Vous me direz que ces inventions font beaucoup de bruit. Eh bien voilà, nous y sommes presque ! Car s'il est un symptôme imparable de Mal, c'est bien l'assèchement progressif et irrémédiable du silence, comme un source tarie par la construction voisine d'une immense retenue d'eau. On pourrait ajouter à ce cas clinique l'action frénétique. Notre époque bougiste, et de plus en plus agitée comme diable en boîte, a complètement oublié ce qu'était la quiétude de l'immobilité. Pascal disait juste, quand il avançait que tout le malheur de l'homme vient de ce qu'il est incapable de se tenir tranquille dans sa chambre. On peut risquer l'hypothèse que, de ce côté, les choses se sont gâtées, quand Aristote a valorisé l'action. »

Pour autant, c'est là qu'il m'importe d'intervenir pour tenter de montrer, voire de démontrer, que cette archipuissance (surpuissance, disons) du Mal que le Diable produit est aussi sa recette directe pour engendrer son autodestruction. On a vu hier l'exemple de l'Amérique, principale production du Diable et l'on conserve précieusement la formule de notre destin "surpuissance = autodestruction". Tout ce qui est dit dans le texte ci-dessous est juste mais rien n'est décisif pour définir notre époque. Or, nous pensons :

• que notre époque est "exceptionnellement mauvaise (diabolique)" ;

• que le progrès est effectivement l'arme favorite diu Diable ;

• et que si le bruit est diabolique, il n'est certainement pasd la principale production du Diable.

"Système de la communication"...

Nous en revenons à un sujet souvent abordé qui a le pouvoir de réunir d'une façon positive (pour le Diable) les trois caractères essentiels de son action et de son ontologie : l'exceptionnalité diabolique de cette période, le progrès comme production principale du Diable et le bruit n'étant qu'un effet parmi d'autres de cette production principale. Ce que nous voulons proposer comme "production principale du Diable" dont tout le reste découle, mais pas seulement, et pas seulement dans un sens diabolique, c'est le phénomène du "système de la communication". C'est lui qui rend notre période exceptionnelle, lui qui est à la pointe du progrès, lui qui produit le bruit (notamment, mais aussi la vitesse, l'acte aristotélicien, etc.).

Pour cette raison, entièrement suscitée par nous, nous nous attachons une fois de plus à présenter le concept du "système de la communication" (pas "système de communication"), déjà  très souvent abordé et rafraîchi par quelques précisions et nouveautés. On comprendra aisément que cette principale production du Diable contaient également tout ce qu'il faut pour le détruire.

...pas "...de communication"

Le système de la communication se différencie décisivement du concept classique de "système de communication" par l'apparition d'une dimension créatrice en lui-même... Le "système de communication" étant un simple transmetteur de l'information sans aucune prétention à l'organisation et à la structuration de la connaissance tandis que le "système de la communication" est un transmutateur qui organise l'information de façon à susciter par cette activité la connaissance élaborée à quoi peuvent être utilisées ces informations ; c'est ce que nous nommons par ailleurs 'l'effet-Janus' car cette particularité que nous mettons en évidence laisse ouverte la liberté du choix de la communication, bienveillante ou malveillante, vis-à-vis du Système ou vis-à-vis de ses adversaires. Notre responsabilité humaine, la seule chose importante dont nous soyons chargés est bien entendu de faire un choix à la fois bon et judicieux, et nécessairement esthétiquement beau.

Ce passage est largement inspiré, avec quelques développements, d'un passage emprunt au texte du  2 septembre 2020. Pour la suite, nous ajoutons, entre guillemets, un passage du texte du  2 juillet 2018, largement modifié par des passages qui sont en caractères normaux par rapport à l'italique de la citation... Comme l'on voit, PhG intervient directement mais cela lui sera pardonné sans nul doute :

« Ainsi se trouve, je pense, suggérée la véritable définition du système de la communication (et la raison, jusqu'ici assez intuitive, pour laquelle j'ai tenu depuis [de nombreuses] années à écrire "système de la communication" et non "système de communication"). La "communication" dans ce cas n'est pas un simple outil, elle est une matrice féconde [dont nul ne peut préjuger, dans la communauté si assurée d'elle-même des humains, de la source ni de ses intentions, au contraire du sens (le bien et le beau) qui l'anime, qui doit apparaître à tous comme un don divin]. Le système de la communication n'est pas seulement un transmetteur, il est aussi et d'abord un transmutateur ; il ne fait pas que transmettre, il transmute ce qu'il transmet et, pour revenir à [un propos que nous répétons souvent tout en assurant de notre manque total de certitude sur ses sources et ses intentions], il transmute en même temps qu'il les transmet les informations en["événements"] par la façon qu'il les transmet, par la dynamique qu'il y met, par la forme même qu'il donne au tout.

» [Comme je l'ai laissé entendre en citant sa nature de 'matrice féconde'], je ne crois pas, bien entendu, que cette action soit simplement mécanique et dynamique. Je crois, [- et je parle ici d'une croyance relevant d'une foi surnaturelle mais hors de tout préjugé d'une institution religieuse -] qu'à considérer cette situation sans précédent possible d'aucune sorte, cette action de transmutation exercée par le système de la communication répond à un sens fondamental, dont l'inspiration échappe à tout contrôle humain [mais dont la tension générale est de choisir le bon côté de Janus et de donner des moyens de lutter contre les tendances mauvaises dont la charge de les identifier revient à l'esprit humain, trouvant ici sa justification ontologique]. Bien entendu je ne parle évidemment pas du contenu des nouvelles ("Allez jouer avec vos FakeNews", comme Montherlant disait « Va jouer avec cette poussière »), mais bien de l'essence même de cette forme absolument inédite d'un système agissant directement sur la manufacture de la métahistoire en ignorant superbement, comme l'on méprise, l'histoire événementielle à laquelle nous sommes habitués et dont le Système a si habilement abusé, [mais qui doit être désormais considérée comme inféconde, desséchée, réduite à l'état d'ossement d'un autre temps brûlés par le soleil des siècles de mensonges et de manipulations]. »

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