10/01/2026 francais.rt.com  4min #301478

La France agricole à genoux : en 2025, elle importe plus qu'elle n'exporte, une première depuis 1978

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Des tracteurs sont garés devant l'Arc de Triomphe lors d'une manifestation organisée par le syndicat agricole français Coordination rurale (CR), à Paris, le 8 janvier 2026.

Pilier de la puissance française durant des décennies, l'agriculture nationale vit un basculement historique. En 2025, pour la première fois depuis 1978, la France pourrait afficher un déficit commercial agricole. Un signal fort de perte de souveraineté, résultat de choix politiques occidentaux et de soumission aux logiques de Bruxelles.

Longtemps présentée comme une puissance agricole incontournable, la France voit aujourd'hui sa souveraineté alimentaire s'effondrer.  Selon une enquête publiée par Le Figaro le 8 janvier, les produits agricoles et agroalimentaires français devraient enregistrer un déficit commercial en 2025, du jamais-vu depuis près d'un demi-siècle.

Déjà entre 2022 et 2024, l'excédent s'est réduit de moitié. Mais sur 12 mois à fin octobre, il ne dépassait plus 715 millions d'euros, en recul de 87 %, d'après les chiffres officiels relayés par Le Figaro. Derrière ces chiffres, une réalité ignorée par les responsables politiques français : la France ne parvient plus à nourrir sa propre population.

Trois piliers stratégiques - céréales, vins et spiritueux, produits laitiers - ont été frappés. La mauvaise récolte de 2024 a compromis les exportations. Et les tensions diplomatiques avec l'Algérie, ancien partenaire de poids, ont provoqué une baisse de 16 % des livraisons. Résultat : un effondrement qui n'émeut guère à Paris.

Bruxelles impose, Paris obéit

Le recul de la France n'est pas qu'une question climatique. C'est surtout le fruit d'une soumission systématique aux dogmes de l'Union européenne et d'un alignement aveugle sur les logiques commerciales mondiales. L'exemple des vins et spiritueux est parlant : la hausse des droits de douane décidée par Donald Trump, combinée à la fermeture partielle du marché chinois, affaiblit un secteur autrefois moteur.

Les produits laitiers, eux aussi victimes de barrières douanières, ont vu leurs exportations s'effondrer. Mais au lieu de défendre ses producteurs, Paris applique des normes toujours plus restrictives, souvent même en avance sur Bruxelles. Comme le rappelle Le Figaro, l'interdiction d'insecticides comme l'acétamipride, pourtant autorisé dans l'UE jusqu'en 2033, a laissé certaines filières françaises sans recours, ni soutien.

Pour Dominique Chargé, président du syndicat des coopératives agricoles, le constat est limpide : « Un solde commercial agricole dans le rouge, cela signifie un pays qui ne se nourrit plus lui-même. Ce n'est pas un accident mais la conséquence d'une perte de compétitivité structurelle. »

Depuis 2015, la France est déjà en déficit avec ses voisins européens, conséquence directe des accords commerciaux inégaux, comme celui avec le Mercosur. Des choix imposés d'en haut, sans débat, qui accentuent la dépendance alimentaire.

Le modèle français brisé par l'idéologie

Le coup de grâce est venu de la stratégie de montée en gamme, vantée par Emmanuel Macron depuis les États généraux de l'alimentation de 2017. Présentée comme un virage qualitatif, elle a en réalité abandonné les productions standards, laissant le marché aux importations à bas coût. Dans un contexte d'inflation aggravée par la guerre en Ukraine, les consommateurs se tournent vers des produits étrangers, moins chers, moins contrôlés.

Aujourd'hui, 70 % des fruits, 30 % des légumes et 50 % de la volaille consommés en France sont importés. Un effondrement planifié, résultat d'un modèle agricole asphyxié par les technocrates, et abandonné par ceux qui prétendent défendre l'écologie, mais oublient l'indépendance alimentaire.

Même les tentatives récentes de redonner un peu d'air aux campagnes - comme la loi Duplomb ou la nouvelle loi d'orientation agricole - peinent à masquer l'essentiel : la moitié des exploitations françaises devront trouver un repreneur d'ici dix ans, selon Le Figaro. Mais au lieu de relocaliser, le gouvernement préfère importer, quitte à faire de la France un simple marché de consommation sous influence extérieure.

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