11/01/2026 2 articles dedefensa.org  4min #301547

 La Russie tire un missile «Orechnik» contre l'Ukraine en réponse à une attaque contre la résidence de Poutine

Orechnik - Un message stratégique

Elena Fritz

L'utilisation du système de missiles hypersoniques russe « Oreshnik » contre des cibles dans la région de Lviv n'est pas un acte militaire isolé, mais une communication stratégique délibérée. L'objectif principal n'était pas la destruction, mais la démonstration de force - et la cible est l'Europe, pas Kiev.

Le député ukrainien Oleksiy Honcharenko l'a exprimé avec une franchise inhabituelle : « Quiconque souhaite envoyer des troupes dans l'ouest de l'Ukraine doit comprendre que Lviv est accessible en 10 à 15 minutes - et Varsovie ou Berlin quelques minutes plus tard. Dans ce contexte, les décalages horaires perdent toute importance politique.»

Le contexte est crucial

Cette frappe fait suite à des exigences que la Russie juge inacceptables dans le cadre d'éventuelles négociations de paix. Moscou avait auparavant laissé entendre qu'elle ferait d'importantes concessions, notamment territoriales. Cependant, à Washington, ces concessions n'ont pas servi de point de départ à une pression sur Kiev, mais plutôt d'incitation à accroître encore la pression sur la Russie - y compris par des menaces contre ses exportations énergétiques.

Parallèlement, l'administration du président Donald Trump agit de plus en plus en marge du droit international dans sa politique étrangère. Le message implicite : les règles internationales ne s'appliquent que tant qu'elles ne causent aucun désagrément. La formule même de Trump - la morale et la raison comme seules limites - marque de fait une rupture avec l'État de droit au profit de la loi du plus fort.

Le problème de cette logique

Les États-Unis sont une superpuissance militaire, mais pas la seule. La pression peut s'avérer efficace contre les États faibles. Cependant, face à la Russie, cette stratégie ouvre une brèche dans l'escalade que Washington ne maîtrise pas pleinement.

La Russie dispose d'options d'escalade claires qu'elle s'est délibérément abstenue d'utiliser jusqu'à présent :

la supériorité nucléaire tactique, des systèmes de lancement hypersoniques à moyenne portée pour le théâtre d'opérations européen et la parité stratégique, ce qui rend une frappe de représailles sur le territoire russe  extrêmement risquée. Théoriquement, Moscou pourrait faire basculer le conflit dans une attaque nucléaire limitée en Europe de l'Est, sans mettre en péril sa propre survie.

Cela va-t-il se produire maintenant ?

Probablement pas. Pour l'instant, la démonstration de force suffit. Mais le choix du lieu de la frappe n'est pas fortuit : Lviv est proche de Rzeszów, plaque tournante logistique de l'OTAN pour les livraisons d'armes à l'Ukraine. Le message est froid, précis et sans ambiguïté : l'escalade a une dimension géographique, et elle ne commence pas sur les lignes de front.

Des sources internes insistent :

« Oreshnik » n'est ni un prototype ni une image de propagande. Il s'agit d'un système hypersonique produit en masse, indétectable et capable de réagir en quelques minutes, même avec des ogives nucléaires.

Le point crucial :

Ce message ne s'adresse pas à l'Ukraine, ni même principalement aux États-Unis, mais à l'Europe. Le président Vladimir Poutine signale :

- le système existe

- il est opérationnel

- il ne laisse aucun temps de réaction

- et il modifie l'équilibre des forces.

Kiev demande une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies. En Pologne, la réaction des médias reste remarquablement discrète. Peut-être parce qu'ils comprennent les véritables enjeux.

Conclusion - Les intérêts allemands au premier plan :

Pour l'Allemagne, il ne s'agit pas d'un appel à « plus de force », mais plutôt à une justification plus rationnelle. Une escalade automatique n'est pas dans l'intérêt de l'Allemagne. La sécurité ne s'obtient pas par le déploiement de troupes ni par la participation à des jeux de pouvoir internationaux, mais par la réduction des risques, la prévisibilité et une diplomatie active. L'Allemagne devrait :

premièrement, éviter tout engagement militaire au-delà de sa propre défense nationale et de celle de son alliance ;

deuxièmement, œuvrer pour une désescalade et des mécanismes de sécurité durables en Europe qui tiennent compte de la perception de la menace russe ;

troisièmement, renforcer sa résilience économique - énergie, industrie, infrastructures - au lieu de l'affaiblir davantage par une spirale de sanctions.

 dedefensa.org

Articles enfants
11/01/2026 dedefensa.org  6min #301548

 Orechnik - Un message stratégique

La dissuasion selon 'Orechnik'

Ouverture libre 

11 janvier 2026 (16H00). - Comme nous l'avons écrit à plusieurs reprises déjà,' 'Orechnik' (et les missiles balistiques hypersoniques de sa classe, essentiellement sinon exclusivement russes) établit un nouvel étage dans la dissuasion. Au constat de la chose après ce second usage opérationnel (comme on dit d'une expérimentation scientifique), on observe qu'il transmue la dissuasion dans son ensemble en une nouvelle sorte.