13/01/2026 investigaction.net  9min #301711

 De violents raids aériens américains sur Caracas et des bases militaires vénézuéliennes

Venezuela : Le ministre des Relations extérieures Iván Gil et le fils de Maduro donnent des détails sur l'attaque des États-Unis

resumenlatinoamericano.org

Le député Nicolás Maduro Guerra, fils de l'ancien président déchu Nicolas Maduro (AFP)

Ceux d'entre nous qui ont pu participer à la réunion convoquée ce jeudi par l'Internationale antifasciste ont reçu des informations qui, jusqu'à présent, n'avaient pas été rendues publiques. Le ministre vénézuélien des Relations extérieures et le fils du président Nicolás Maduro ont révélé des détails sur l'attaque militaire, l'utilisation de la technologie électromagnétique, l'enlèvement du chef de l'État et l'ampleur de la violation du droit international.

Lors d'une visioconférence, le ministre des Relations extérieures de la République bolivarienne du Venezuela, Iván Gil, et Nicolás Maduro Guerra, fils du président Nicolás Maduro, ont apporté des précisions importantes sur la situation que traverse le pays, dénonçant une agression militaire en cours, l'enlèvement du chef de l'État et une violation caractérisée du droit international.

Selon Nicolás Maduro Guerra, l'offensive a débuté par une attaque électromagnétique lancée depuis un avion américain, qui a complètement paralysé la capacité opérationnelle du système de défense vénézuélien. « Nous étions aveugles, sans communication, sans pouvoir même faire décoller un avion », a-t-il déclaré, décrivant un scénario de paralysie totale des systèmes stratégiques du pays dans les premières heures de l'attaque. Il a expliqué ainsi ce qui a été un sujet permanent de la campagne de rumeurs et d'intoxication depuis le 3 janvier jusqu'à maintenant : à savoir pourquoi la défense antiaérienne n'avait pas fonctionné et pourquoi les avions n'avaient pas décollé pour contre-attaquer. « Même s'ils l'avaient fait, nous serions sans doute aujourd'hui en train de regretter que nos avions aient été abattus », ont déclaré les intervenants lors de la vidéoconférence.


Le ministre des Relations extérieures Iván Gil à l'ONU

Dans ce contexte, les autorités ont confirmé que plus de 100 personnes sont mortes le 3 janvier, y compris des civils et des soldats, des conséquences directe de l'agression. Parmi les victimes figurent également des combattants cubains qui accomplissaient des missions de coopération, selon les premières déclarations officielles du ministère vénézuélien de l'Intérieur.

Le ministre des Relations extérieures Iván Gil a été catégorique en écartant toute hypothèse de vide institutionnel. Il a assuré qu'il n'y avait pas d'absence présidentielle, que Nicolás Maduro était vivant, qu'il continuait d'être le président légitime du Venezuela et avait été kidnappé, et a maintenu que ces événements constituaient une invasion étrangère violant toutes les normes du droit international et des accords multilatéraux destinés à éviter une escalade guerrière de portée mondiale.

Maduro Guerra a également fourni des détails sur le moment de l'enlèvement. Il a déclaré que le président et son épouse, Cilia Flores, se reposaient dans leur résidence (Maduro ne dormait pas mais était assis dans un fauteuil en train de boire du jus de fruit) lorsque les forces américaines ont fait sauter la porte en bois de la chambre. Cette explosion aurait causé les blessures subies par la première dame. Bien que Flores n'ait pas fait partie de l'objectif initial de l'opération, elle a exigé d'accompagner le président.

Le fils de Maduro a également signalé que son père et Cilia se trouvaient avec deux proches, ce qui a permis d'avoir plus de détails.

Selon leurs témoignages, Nicolás Maduro a été emmené à pied, sans signe de reddition, en criant : « Allons au combat, Allons à la bataille. » Pour les autorités vénézuéliennes, cette scène contraste avec le récit international qui tente de présenter la situation comme une crise interne, alors qu'il s'agit d'un enlèvement d'un président à la suite d'une action militaire étrangère.

Concernant la conduite du pays, on a rappelé que toutes les mesures mises en œuvre aujourd'hui répondent au plan d'action laissé par le président Nicolás Maduro lui-même, et que Delcy Rodríguez est garante de sa mise en œuvre. Dans ce cadre, on a expliqué que des décisions telles que la vente du stock accumulé de pétrole à Chevron avaient été précédemment adoptées par le président avant son enlèvement, ce qui dément les versions sur l'improvisation ou la tutelle étrangère: « On continue à appliquer les indications données par mon père, » a dit le fils du président et il a ajouté qu'il est convaincu que Maduro et Cilia reviendront très rapidement au pays. Il a également répété à plusieurs reprises que lui et l'ensemble de l'équipe dirigeante du pays « sont en totale harmonie avec la présidente Delcy Rodríguez, non seulement nous adhérons mais nous sommes en fusion totale, nous sommes la même entité ».


La présidente intérimaire du Venezuela, Delcy Rodriguez (AFP)

Enfin, les autorités vénézuéliennes ont appelé à ne pas reproduire la propagande de guerre de l'agresseur et à écouter exclusivement les autorités légitimes du pays. Elles ont été d'accord sur le fait que le Venezuela a été l'objet d'une attaque militaire directe et ont prévenu que la gravité des faits place ce conflit dans une dimension qui dépasse le pays.

Le Venezuela met en garde contre une impuissance juridique mondiale face aux États-Unis

Les participants à la réunion de l'Internationale antifasciste ont dénoncé la violation du droit international, défendu l'ordre constitutionnel et confirmé leur soutien au président Maduro.

Les autorités vénézuéliennes ont dénoncé l'application de la loi « du plus fort », et ont alerté sur une situation où le monde sera sans défense juridique face aux États-Unis.

Le Venezuela défend la légalité et l'ordre constitutionnel

Durant son intervention le ministre vénézuélien des des Relations extérieures, Iván Gil, a affirmé que le pays est obligé de défendre et de faire valoir la loi en avertissant que sa violation affecte non seulement le Venezuela, mais peut s'étendre à n'importe quel autre pays.

Gil a soutenu qu'on ne peut accepter que le monde soit sans défense juridique ni qu'on impose la loi du plus fort. Il a affirmé que le président Nicolás Maduro et la camarade Cilia Flores « seront le symbole de cette victoire ».

Il a souligné que la Constitution Vénézuélienne, la Force Armée Nationale Bolivarienne et le peuple mobilisé sauront défendre avec dignité les principes de l'État de droit en conformité avec les déclarations de la présidente par intérim Delcy Rodríguez.

Unité institutionnelle et soutien du pouvoir public

Le ministre des Affaires étrangères a mis en avant la cohésion de l'ensemble des institutions publiques du pays, toutes engagées dans une unité politique et une mobilisation constante aux côtés du peuple vénézuélien. Cette coordination ne se limite pas au domaine juridique ou administratif mais s'exprime aussi dans les rues pour exiger le respect du droit international et faire valoir la Constitution.

« Gil a indiqué que le Tribunal suprême de justice a rendu un arrêt d'application obligatoire qui a permis de protéger l'État social de droit et de justice consacré dans la Constitution. Cette décision reconnaît que le seul président constitutionnel de la République bolivarienne du Venezuela est Nicolás Maduro Moros.

Appel international d'ALBA-TCP (Alliance bolivarienne pour les Amériques)

S'exprimant lors de la réunion, le vice-ministre pour l'Amérique latine du ministère vénézuélien des Affaires étrangères et secrétaire exécutif de l'ALBA-TCP, Rander Peña Ramírez, a déclaré que défendre la révolution bolivarienne, c'est défendre toute l'humanité.

Dans l'avenir, la question sera de savoir ce que feront les dirigeants latinos américains après ce qui s'est passé le matin du 3 janvier. Au-delà de la compréhension des faits, ce qui est essentiel, c'est de définir les actions à accomplir dans les jours à venir, a-t-il souligné.

Le responsable a dénoncé la violation de l'immunité d'un président en exercice, l'enlèvement du chef d'État vénézuélien et de la première dame, ainsi que la violation « grossière » de la souveraineté du pays.

Plainte pour violation de la souveraineté vénézuélienne

Le parlementaire a déclaré que lors de l'agression américaine aux premières heures du 3 janvier, plus de 150 avions ont été utilisés et les radars neutralisés, ce qui a laissé le pays sans capacité de détection.

Il a également rendu hommage aux 32 combattants cubains et membres des Forces armées nationales bolivariennes qui, selon lui, sont morts au combat « jusqu'à la dernière seconde » en défendant le président Nicolás Maduro.


Manifestation pour le retour de Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores (AFP)

Appel à la solidarité, à l'unité et à la mobilisation face à une menace plus grande

Maduro Guerra a demandé le soutien de la communauté internationale et souligné la nécessité de gagner la bataille de l'opinion publique : « Je demande l'aide au monde, à ce monde qui nous écoute, » a-t-il déclaré, insistant sur l'importance de rendre visible ce qui s'est passé et de construire un soutien international.

Le parlementaire a brossé un profil personnel du président Nicolás Maduro, qu'il a décrit comme « un homme bon et humble », fils d'un économiste et d'une femme au foyer, frère, de 3 femmes travailleuses, père et grand-père de 17 petits-enfants.

Le député a également parlé au nom de la famille de ceux qui, affirme-t-il, l'accompagnent aujourd'hui dans cette situation.

Maduro Guerra a raconté qu'au moment des faits, le président se reposait dans sa résidence et n'était pas réfugié dans une installation de sécurité.

Il a avoué qu'au moment des événements, il avait sous-estimé l'ampleur des faits dénoncés et n'avait jamais imaginé une opération de cette nature. C'était une trahison réalisée par surprise, a-t-il déclaré.

Plus tard, il a averti que ce qui s'est passé pourrait être un essai pour de futures actions plus importantes et que l'humanité doit connaître ces faits car ils constituent une menace qui dépasse les frontières du Venezuela.

Le président Nicolás Maduro « est vivant »

Le député a rappelé que le président Nicolás Maduro avait été élu le 28 juillet 2024 et avait prêté serment le 10 janvier 2025. Selon lui, il continue d'être le chef d'État en exercice malgré son enlèvement.

À cet égard, il a souligné que l'Assemblée nationale n'a pas et ne déclarera pas une absence présidentielle, car le président « est vivant ».

L'unité n'est pas décrétée, elle se construit jour après jour, a-t-il ajouté et a clairement indiqué que le processus bolivarien actuel a été guidé par l'exemple de l'ancien président Hugo Chávez et de l'actuel président Nicolás Maduro.

Mentionner Chávez et Maduro renvoie également à Diosdado Cabello, Delcy Rodríguez, Jorge Rodríguez et à l'ensemble du chavisme, depuis le haut commandement politico‑militaire jusqu'aux structures de base du PSUV.

Source en espagnol :  resumenlatinoamericano.org

Traduction :  bolivarinfos.over-blog.com

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