
par Jean-Pierre Aussant
N'importe quel honnête homme n'étant pas complètement illettré et disposant d'un minimum de bon sens, sait pertinemment que l'avenir du Groenland est tout sauf la voie de l'indépendance. Comment pourrait-il en être autrement ?
Le Groenland, immense territoire regorgeant de ressources (qui deviennent de plus en plus exploitables «grâce» à la fonte des glaces et aux progrès technique dans l'extraction des minerais) et disposant d'une population de 55 000 habitants sans armée (en gros, l'équivalent de la ville de Laval, hein...) est voué, bien évidemment, dans le meilleurs des cas à rester dans la sphère européenne danoise (ou comme cela semble très probable à passer dans celle des USA), et dans le pire, à finir par se faire «maquer» en douce par la Chine (la Russie qui dispose déjà d'immenses territoires dans l'Arctique ne semble pas manifester trop d'intérêt pour ce territoire).
La vrai question n'est donc pas celle de l'indépendance mais de savoir si les Groenlandais vont être autorisés, ou pas, à choisir leur inévitable «Big Brother», oui, savoir s'ils auront, au fond, le libre choix de leur pays proxénète qui tout en les exploitant pourra «les protéger» des autres nations prédatrices. C'est tout, et le reste est du bla, bla.
Cependant, cet épisode somme toute banal quand on connait un peu la géopolitique, revêt quand même un certain intérêt en ce sens qu'au-delà de montrer même aux plus naïfs d'entre nous que l'autodétermination des pays à décider de leur destin est désormais un leurre, il incarne parfaitement ce que les citoyens occidentaux vivent à l'échelle individuelle dans leur propre pays. En effet, pour ne prendre l'exemple que de la France (mais cela est idem ailleurs) le citoyen n'a pas un vrai choix civilisationnel à sa disposition (et pour cause, nous savons bien que tous les politiciens sans exception sont favorables à l'avortement et au mariage contre nature qui sont les pierres angulaires de notre déchristianisation et génocide culturel), mais simplement le choix de son (sa) proxénète.
In fine, la sinistre farce de l'autodétermination des Groenlandais, nous renvoie en miroir notre propre grotesque bouffonnerie à croire que notre vote dans les urnes aurait une quelconque influence concernant l'évolution de nos sociétés. Eh oui, hélas, nous sommes tous des Groenlandais. Nous sommes tous des imbéciles bercées par l'illusion d'avoir droit à la parole.
Enfin, je voudrais donner un carton rouge au Danemark qui, alors que depuis des mois, Trump menace d'envahir un territoire qui lui appartient, n'a rien trouvé de mieux à faire que de lui donner des milliards d'euro en achetant des avions de combat F-35 alors que la France, pays de l'UE était en mesure de lui proposer ses rafales aussi bons que les F-35 et nettement moins chers. Certes, La Harpe nous avait prévenus : «plus le maître est vil, plus l'esclave est infâme». Nous y sommes.