16/01/2026 ssofidelis.substack.com  4min #302001

 Usa : nouveau crime policier dans la ville-cible de Minneapolis (vidéos)

Les États-Unis virent à l'État Gestapo

Par  George Samuelson, le 14 janvier 2026

Ce week-end, les Américains sont descendus dans la rue dans plus de 1 000 manifestations à travers le pays pour réclamer justice pour une mère abattue par les services de l'immigration et des douanes (ICE).

Renee Nicole Good était une Américaine typique résidant en banlieue. Mère de trois enfants, elle aimait écrire de la poésie. Mais le 7 janvier, sa vie a été tragiquement brisée lorsqu'elle a été abattue d'une balle dans la tête par un agent de l'ICE, une nouvelle tuerie qui a profondément divisé la nation. Les manifestants affirment que Good a été assassinée sans raison, et les images de l'incident corroborent fortement cette thèse.

On y voit Renee Nicole Good avec son SUV bloquant une rue de son quartier. Si cela justifie peut-être l'intervention des forces de l'ordre, ce qui s'est passé ensuite défie toute logique. Lorsque deux agents de l'ICE se sont approchés du véhicule, ils n'ont pas tenté de discuter calmement avec elle. Au contraire, l'un d'eux a saisi la poignée de la portière et a exigé avec agressivité qu'elle sorte du véhicule. Manifestement effrayée par cette confrontation, Good a pris une décision fatale en décidant de quitter les lieux. Le deuxième agent, qui se tenait à gauche devant le véhicule, a alors tiré trois balles sur le pare-brise, touchant Good à la tête et la tuant sur le coup.

La plupart des gens savent désormais faire la différence entre un contrôle de police ordinaire et un abus de pouvoir policier. Un contrôle de routine consiste pour l'agent à s'adresser calmement au conducteur tout en effectuant les vérifications nécessaires, comme le contrôle du permis de conduire et de l'immatriculation. La plupart des Américains ont raison d'être effrayés lorsqu'ils sont arrêtés par la police, et l'agent qui intervient doit donc garder le contrôle de la situation. Ce n'était clairement pas le cas de Renee Good, qui a eu le malheur d'être en contact avec un agent de l'ICE manifestement incapable d'exercer ses fonctions.

Bien que rien n'ait encore été tranché par la justice, la façon dont Good a été traitée par l'administration Trump après ce meurtre de sang-froid n'est pas de bon augure pour les droits civiques aux États-Unis. La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a en effet qualifié la victime, mère et poète primée, de "terroriste domestique" ! Mme Noem a poursuivi, sans fournir la moindre preuve, en affirmant que Mme Good aurait "harcelé et importuné" les agents de l'ICE, avant de "transformer son véhicule en arme" dans le but de renverser l'agent qui l'a finalement tuée.

L'accusation ne s'est pas arrêtée là. Tricia McLaughlin, secrétaire adjointe du département de la Sécurité intérieure et porte-parole de l'ICE, a déclaré dans un message publié sur X que

"l'une de ces émeutières violentes a utilisé son véhicule comme une arme, tentant de renverser nos agents des forces de l'ordre dans le but de les tuer - un acte de terrorisme intérieur".

Ainsi, une mère américaine a été cataloguée au même titre qu'Oussama Ben Laden. Cette comparaison grossière ne fera qu'encourager les forces de l'ordre américaines à utiliser tous les procédés nécessaires pour lutter contre "l'ennemi", c'est-à-dire les personnes qu'elles sont censées protéger. Deux jours après le meurtre de Mme Good, des agents de la police des frontières de Portland, dans l'Oregon, ont ouvert le feu sur les occupants d'un véhicule qui tentaient de prendre la fuite.

Lorsque les agents se sont identifiés, "le conducteur a utilisé son véhicule comme une arme et a tenté de renverser les agents", a déclaré Mme McLaughlin. Un agent, "craignant pour sa vie et sa sécurité", a tiré un coup de feu et le conducteur a pris la fuite avec son passager, a-t-elle ajouté. Les occupants du véhicule ont été blessés et ont survécu à l'attaque, mais l'enquête sur la fusillade ne fournira vraisemblablement pas d'explications plausibles.

Il arrive bien sûr parfois que les autorités n'aient d'autre choix que de recourir à l'usage de la force meurtrière lorsqu'elles sont confrontées à certaines personnes dans des cas bien précis. Le plus troublant dans les incidents récents tient à l'utilisation par l'administration Trump de termes tels que "terroristes nationaux" et "émeutiers", avant même que l'enquête ne commence.

Il va être très difficile de faire croire que Mme Good était une "terroriste nationale". Si tel était le cas, les États-Unis seraient une véritable pépinière de "terroristes" se baladant tranquillement en famille à bord de leur SUV. La Constitution américaine garantit clairement au peuple américain la liberté d'expression, la liberté de réunion et le droit de dénoncer les injustices commises par le gouvernement. Toutes ces libertés ont été manifestement bafouées au détriment de cette mère célibataire américaine qui a tragiquement perdu la vie, victime du comportement irresponsable des forces de l'ordre. L'administration Trump a certes la responsabilité de recenser les sans-papiers, mais elle se doit aussi de veiller à ce que les citoyens américains ne soient pas traités comme des terroristes sous couvert de ce processus.

Traduit par  Spirit of Free Speech

 strategic-culture.su

 ssofidelis.substack.com