publié le 19/01/2026 Par Roland Gori
« La langue ne se contente pas de poétiser et de penser à ma place, elle dirige aussi mes sentiments, elle régit tout mon être moral d'autant plus naturellement que je m'en remets inconsciemment à elle. Et qu'arrive-t-il si cette langue cultivée est constituée d'éléments toxiques ou si l'on en a fait le vecteur de substances toxiques ? Les mots peuvent être comme de minuscules doses d'arsenic : on les avale sans y prendre garde, ils semblent ne faire aucun effet, et voilà qu'après quelque temps l'effet toxique se fait sentir. » (1)
Le travail du philologue juif, Victor Klemperer, est bien connu. À partir de 1933, ce professeur de philologie de l'Université de Dresde, destitué de sa chaire par les nazis, humilié, mais épargné de la déportation du fait de son mariage avec une aryenne, tient un journal. Ce journal est en lui-même une activité de résistance, une résistance à la propagande nazie qui se diffuse par une modification de la langue, par une technicisation et une biologisation de ses expressions. Le vivant dont les nazis font un éloge incantatoire est dénié dans sa spécificité par l'usage fonctionnel, instrumental, technique que les nazis font du langage.
Les langues totalitaires
Victor Klemperer observe les conversations du quotidien, les paroles du langage ordinaire dont il constate la contamination par un vocabulaire de plus en plus enclin à privilégier les sigles (BDM (2), HJ (3), DAF (4)...), les mots techniques évoquant les machines et les automates, les métaphores biologiques. La langue s'appauvrit, « c'est comme si elle avait fait vœu de pauvreté », écrit Klemperer (5). Des mots nouveaux, des expressions nouvelles, des significations nouvelles, font leur apparition pour justifier le fanatisme racial, exclure les juifs en présentant Hitler comme le Sauveur (le Christ), le Rédempteur qui vient à la rencontre du Peuple (Volk est le mot mis à toutes les « sauces » par la cuisine nazie).
Le mot « re-monter » (Aufziehen), fréquemment employé pour les horloges ou les jouets mécaniques, est utilisé dans la langue nazie pour désigner une « action spéciale », une expédition punitive... et s'inscrit dans « l'automatisation du vivant [qui] se trouve ici confirmée par l'usage linguistique », écrit Klemperer (6). La langue s'offre en miroir des spectacles de pas cadencés dans les défilés de masse et les marches militaires, elle en est l'analogue, l'hologramme. Et cette mécanisation du vivant est revendiquée comme « naturelle » par la langue nazie dont « l'organisation » est constamment référée au « biologique » (« cellules » du Parti, valeur positive de tout ce qui est « organisé »).
Un des vecteurs les plus importants de cette propagande toxique résulte aussi de l'inversion des valeurs, de la signification des mots. Le mot « fanatisme », toujours employé dans un sens péjoratif depuis la philosophie des Lumières, acquiert un sens positif de dévouement extrême, d'héroïsme militant dans la langue nazie.
Je ne vais pas recenser ici l'énorme travail de Klemperer dont il faudrait, pour en goûter toute la finesse, restituer les mots et les expressions en allemand. Je soulignerai sa thèse : c'est par des expressions isolées, des tournures de phrases, des formes syntaxiques que le nazisme a imposé sa conception du monde à des millions d'Allemands. Cette colonisation de leurs esprits fut adoptée de façon mécanique et inconsciente au moyen d'une nouvelle langue totalitaire contaminant progressivement et insidieusement les échanges ordinaires des Allemands sous le IIIe Reich. Tel est l'apport essentiel de son travail paru en 1947.
Un an avant la parution de l'ouvrage de Klemperer, Georges Orwell publie un petit opuscule intitulé La politique et la langue anglaise, dans lequel il déplore la « décadence » de la langue anglaise dont le flou et l'incompétence des expressions employées, pour rendre compte de la vie politique ordinaire, finit par « pervertir » la pensée. Par l'analyse de « spécimens » de cette détérioration de la prose anglaise, il montre comment les écrits politiques sont de moins en moins constitués de mots choisis précisément pour leur sens, et de plus en plus des expressions « assemblées comme les éléments d'un clapier préfabriqué ».
Il regrette la prolifération d'expressions abstraites aux dépens de mots concrets, l'usage abusif de métaphores éculées, le style prétentieux, l'emploi de mots grecs, latins ou scientifiques, bref une phraséologie qu'il juge malhonnête, véritable « catalogue d'escroqueries et de perversions du sens des mots » (7). Le langage politique devient nébuleux, stéréotypé, outrancier, menteur. George Orwell avance une hypothèse que je n'ai cessé de faire mienne depuis le début de mes travaux (8) à la fin des années 1970 : la langue n'est pas que le miroir de la pensée, elle la fabrique !Cette thèse est formulée dès les premières lignes de son opuscule :
« Il est certain qu'en dernière analyse, une langue doit son déclin à des causes politiques et économiques : il n'est pas seulement dû à l'influence néfaste de tel ou tel écrivain. Mais un effet peut devenir une cause, qui viendra renforcer la cause première et produira un effet semblable sous une forme amplifiée, et ainsi de suite. »
George Orwell aime bien les exemples concrets et pour en montrer un où la conséquence se transforme en cause, il évoque l'homme qui se met à boire parce qu'il a le sentiment d'être un raté, avant de s'enfoncer toujours plus dans les échecs à cause de son alcoolisme. Et il ajoute : « C'est un peu ce qui arrive à la langue anglaise. Elle devient laide et imprécise parce que notre pensée est stupide, mais ce relâchement constitue à son tour une puissante incitation à penser stupidement ».
Ce style moderne des écrits et des rhétoriques de propagande fait du politique un « charlatan » qui agglutine des paquets de mots préfabriqués pour entourlouper le chaland. Nous retrouvons ici les analyses réalisées par Léo Löwenthal et Norbert Guterman de l'agitation fasciste (9). L'originalité de George Orwell est de montrer que cette perversion du langage, cet avilissement de la langue, est un fait politique global dans une société donnée, à une époque donnée, soit ce que Victor Klemperer commençait à formuler lorsqu'il disait que pour la langue du IIIe Reich les critiques, qui étaient adressées à cette dégradation du langage, tombaient bien souvent, et malgré elles, dans le même travers que la langue appauvrie par la contamination nazie.
George Orwell, lucide plus que jamais, en a eu l'intuition : la langue est rapidement encline à devenir totalitaire, jusque et y compris chez les opposants aux totalitarismes. Il écrit à propos de son travail : « Relisez cet essai, et vous constaterez certainement que j'ai commis à maintes reprises les fautes mêmes que je dénonce » (10). Il y a du totalitaire dans la langue elle-même, Roland Barthes la qualifiait de « fasciste » :
« La langue, comme performance de tout langage, n'est ni réactionnaire ni progressiste ; elle est tout simplement fasciste ; car le fascisme, ce n'est pas d'empêcher de dire, c'est d'obliger à dire. Dès qu'elle est proférée, fût-ce dans l'intimité la plus profonde du sujet, la langue entre au service d'un pouvoir » (11).
Elle affirme, précise Barthes, elle fait être, elle est performative (12). Elle fait être le monde, elle le produit. La forme sous laquelle elle le produit n'est pas neutre, elle est d'entrée de jeu philosophique et politique.
Dans la langue s'insinue aussi « la grégarité de la répétition », écrit Barthes (13). Les signes n'existent que pour autant qu'ils sont reconnus, c'est-à-dire que pour autant qu'ils se répètent, se reproduisent, et entraînent avec eux la grégarité de la foule. Barthes écrit : « Dans la langue, donc, servilité et pouvoir se confondent inéluctablement » (14). Et si servilité et pouvoir se confondent inéluctablement dans une langue qui fait apparaître le sujet dans l'espace social autant qu'elle l'asservit, c'est sans doute parce qu'au début de la vie humaine il n'y avait qu'une seule langue pour dire ce qui se passait pour deux corps. Ce dont témoignent à ciel ouvert les délires de la psychose : le pouvoir de l'Autre s'empare du corps d'un sujet par le vecteur de la langue qui pénètre ses orifices.
Le langage fabrique les pensées
La langue fabrique nos pensées et nos habitus (15), infecte nos affects et nos rêves. Cela fait plus de quarante ans que j'en poursuis la démonstration clinique (16), autre version de ce que le linguiste Klemperer a montré dans son analyse de la langue du IIIe Reich (17). Les affects, les passions, naissent des effets de ravage, de ravissement et de rapt que produit dès le début de la vie ce pouvoir de la langue de fabriquer nos subjectivités (18).
Ce pouvoir d'infection que possède la langue - en tant qu'elle produit les pensées et qu'elle conditionne les processus de subjectivation - a été théorisé par Klemperer. Lorsqu'il cite Schiller : « la langue cultivée qui poétise et pense à ta place », Klemperer généralise cette proposition au-delà de son aspect esthétique : toute langue pétrit l'être, le fait apparaître au monde, le « gère », on pourrait dire le digère, le cannibalise. La langue est parlée par une masse parlante, c'est le langage. Et ontologiquement au début de la vie, le langage privilégié est celui de l'environnement sonore, les paroles de ceux qui prennent soin de l'enfant, qui nomment ce qu'il ressent à partir de leurs propres représentations.
La psychose témoigne en martyr de cette colonisation de l'être par la langue qui, tel un vampire, suce le sang de l'être et dévore son corps. Mais la langue comme l'être n'existent qu'après avoir été confondus, vampirisés, puis individualisés. Le paradoxe est que le vampirisme de la langue siphonne l'être en même temps qu'il le nourrit. L'être n'advient, n'émerge dans l'espace social, qu'après avoir été façonné, modelé dans sa chair avant qu'elle ne devienne parole.
Il arrive, dans l'expérience de la psychose, que cette nourriture devienne essentiellement cannibale et que le sujet l'éprouve alors comme une dévoration de son être, révélant à ciel ouvert le processus de normalisation de la langue. Renversement de valeur : la parole n'est plus le sein qui nourrit, le lait qui empoisonne, mais la bouche dévorante qui tente, comme dans les cauchemars, de dévorer le sujet. Cette expérience clinique éclaire du même coup les investissements pulsionnels, érotiques et agressifs, dont les paroles peuvent devenir l'objet dans les espaces publics.
Les oreilles sont les rares orifices corporels que le sujet humain ne peut fermer. Par cette ouverture continue, il s'offre au désir de l'Autre dont, parfois, il ne peut se protéger que par le mutisme mélancolique ou la perte de compréhension des langages. À moins qu'il ne trouve dans la « bêtise » et la platitude des opinions préfabriquées l'ombrelle (19) sous laquelle il peut se mettre à l'abri.
Dans un essai présenté par l'auteur comme un texte autobiographique, intitulé « Le Schizo et les langues », Louis Wolfson (1970) relate ses démêlés avec sa langue « maternelle », la langue anglaise (20). Wolfson ne supporte pas d'entendre sa langue maternelle, l'anglais, et plus particulièrement lorsque sa mère l'énonce. Chaque mot qu'elle prononce le blesse en le pénétrant douloureusement. Il se défend de cette intrusion par une stratégie consistant à « tuer » la langue maternelle, à la « démembrer » en « désossant » les mots anglais pour les remplacer par des mots étrangers de sens identique ayant des phonèmes communs.
Cette opération de conversion linguistique passe par la voie de dictionnaires interlangues à même de tenir à distance la langue haïe. La linguistique pratiquée par Wolfson relève du meurtre rituel et sacrificiel d'une langue maternelle tout simplement confondue avec le corps de la mère. La langue, ici, est aussi l'organe anatomique. La mère le pénètre avec la langue et les tentacules alimentaires qui risquent de grignoter son esprit et coloniser son corps.
La haine du langage de Wolfson donne aux mots la même valeur érotique et agressive que la nourriture. Car non seulement la mère l'attaque avec des mots, mais encore elle le tente par des aliments offerts à sa voracité. Ces nourritures apparaissent à Wolfson comme souillées par des larves, des vers et des œufs. Elles sont aussi impures et dangereuses que les mots anglais. La stratégie d'exorcisme participe du même procédé : abstraire, dévitaliser, purifier la nourriture dangereuse, en la transformant en formule chimique ou calorique, en schèmes formels du savoir.
Qu'il engloutisse avec voracité des boîtes alimentaires ou qu'il entende parler anglais, sa culpabilité n'en est pas moins grande. Ces incorporations sont des dangers équivalents, ceux de produire un envahissement de son corps, une corruption de son intérieur par les particules infectées de la mère et de ses nourritures. Il se doit, là encore, de désosser le plaisir fourni par la matière en le neutralisant par les jouissances du « savoir », savoir le nombre de calories, savoir les « formules chimiques » des nourritures, neutraliser les corps par les structures chimiques autant que par le chaos des idiomes étrangers.
Cette fiction clinique met incontestablement en scène les risques de cannibalisme que fait courir la compréhension des paroles d'un Autre. Comprendre les paroles d'un autre, c'est le prendre en soi, être infecté par lui au risque d'être sous sa tutelle, sous son emprise. La psychose met en scène cet empoisonnement par l'oreille, la névrose en fait un symptôme et la relation d'emprise son principe premier. Ce que nous nommons influence sociale, emprise psychologique, propagande et agitation politique ou publicitaire procède de cette face sombre du pouvoir symbolique de la langue et du langage. Nous nous laissons infecter par la langue, et la LTI en a constitué un exemple obscène, mais en aucune manière exceptionnel.
Ce que montre également la fiction de Wolfson, c'est la tentation de dépouiller la parole de cette chair de la langue au risque d'une dévitalisation mortifère. Il convient de le rappeler encore et encore, le langage n'est pas immatériel, il est un corps subtil, et s'il est un corps subtil c'est bien parce qu'au début de notre existence, il n'y avait qu'un seul langage pour deux corps, celui de l'Autre maternel et celui de l'enfant.
Le langage fut et reste ce lieu où se fabriquent les pensées qui ne sont rien d'autre que la mise en forme et en sens des éprouvés corporels. Les psychanalystes savent bien qu'avant d'entendre le sens des mots d'une interprétation, les patients la reçoivent comme coups, caresses, punitions, gavage ou sevrage, rapprochement des corps ou déchirement des êtres.
Ce pouvoir d'influence et d'emprise est au cœur de la relation thérapeutique comme de la politique, pour le meilleur et pour le pire, mais il est constamment présent dans les relations sociales, et c'est sur lui que se branchent les totalitarismes de masse. C'est aussi sur cette « machinerie de la langue » que se branche la psychologie des masses, non seulement dans les régimes totalitaires mais plus généralement dans les modes de gouvernementalité des conduites, c'est-à-dire dans la politique.
La langue d'aujourd'hui est technofasciste
La grégarité aujourd'hui passe par la technique, et c'est elle qui dicte la politique, le gouvernement des conduites individuelles et collectives. Ceux qui possèdent les techniques et qui accumulent les monopoles de l'information tendent à gouverner le monde par leur emprise sur les esprits. Ce technofascisme que je ne cesse d'analyser depuis près de quinze ans et dont le mot aujourd'hui tend à apparaître sur la scène médiatique est contemporain d'une révolution anthropologique que Pier Paolo Pasolini a été le premier à reconnaître et à diagnostiquer (21).
Il a montré qu'en Italie, dans les années 1960-70, une véritable révolution anthropologique s'était produite qui avait abouti à un appauvrissement considérable de la diversité culturelle au profit du « langage fonctionnel » de l'entreprise qui s'était étendu à tous les champs de l'existence. Un nouveau fascisme était apparu, - bien plus toxique que le fascisme historique -, celui de la consommation standardisée, de la dégradation du langage par la télévision, de la fausse expressivité de la publicité, des langages-signaux des slogans, du nivellement du vocabulaire et d'une « interprétation purement pragmatique (sans amour) des actions humaines [qui] dérive donc, en conclusion, de cette absence de culture ou, tout le moins de cette culture purement formelle et pratique [...] qui n'exprime que la violence et l'ignorance d'un monde répressif comme totalité » (22). Ce monde où règne le technofascisme est celui de la disparition des lucioles.
Sans devoir reprendre mes travaux précédents, je dirai, en un mot comme en cent, que cette révolution anthropologique, ce technofascisme, n'a fait que croître et s'amplifier au cours des décennies suivantes. Avec, bien évidemment, des effets de seuils. Au cours des années 1990, l'information a changé de statut : de miroir, l'information est devenue une arme sur les champs de bataille (23). Les nouvelles technologies, et en particulier l'IA, ont fait des fake news le paradigme de l'information ordinaire dont la valeur est réduite aux effets politiques et émotifs qu'elle produit (24). Bref, le technofascisme de consommation annoncé par Pier Paolo Pasolini n'a fait que croître, s'étendre et s'amplifier pour devenir le régime global de communication humaine.
À partir de ce moment-là, - et sans devoir reprendre ce que j'ai déjà développé sur le site Élucidet dans Dé-civilisation -, la question que je poserai aujourd'hui est : considérant que la langue est en même temps cause et conséquence d'une dégradation du politique, comment serait-il possible aujourd'hui, - avec des sujets humains dont la chair de l'esprit a été vampirisée par des sigles, des slogans, des fake news, un langage dévitalisé par une écriture numérique, une pensée ravalée aux probabilités statistiques -, de s'en émanciper et par le même mouvement d'éviter l'asservissement des régimes totalitaires ?
Il faudrait, pour éviter le déterminisme technologique de machines qui ne sont plus seulement des machines de production et de consommation, mais des machines cybernétiques et d'information qui façonnent les réalités matérielles et psychiques, - donc politiques -, plus qu'une interdiction du portable au collège et au lycée. Il nous faudrait vivre autrement notre citoyenneté, procéder à une révolution symbolique des valeurs et des rites sociaux. Il nous faudrait réapprendre à penser et à nous parler, sans devoir nous contenter d'une « subjectivité assistée par ordinateur » (25). Ce qui en aucune manière ne jette le discrédit sur ces formidables petites machines, mais révèle notre lâcheté morale à les laisser gouverner à notre place, et à faire élire des hommes politiques qui risquent d'en être que les supplétifs.
Il nous faudrait réapprendre la fidélité à nos paroles, proscrire le mensonge et les fake news, retrouver le goût des mots et l'empathie pour la langue et les tremblements du style. Bref, il nous faudrait apprendre à recréer les conditions de l'Amour contaminées aujourd'hui par cette pulsion de mort dont la violence n'est que le fruit.
*
Roland Gori, psychanalyste, membre d'Espace analytique, professeur honoraire des Universités. Derniers ouvrages parus : Dé-civilisation Les nouvelles logiques de l'emprise, Paris, LLL 2025 ; La fabrique de nos servitudes, Paris, LLL, 2022 ; Et si l'effondrement avait déjà eu lieu. L'étrange défaite de nos croyance, Paris, LLL, 2020 ; La nudité du pouvoir, Paris, LLL, 2018 ; Un monde sans esprit. La fabrique des terrorismes, Paris, LLL, 2017 ; L'individu ingouvernable, Paris, LLL, 2015 ; Faut-il renoncer à la liberté pour être heureux ? Paris : LLL, 2014 ; La Fabrique des imposteurs, Paris : LLL, 2013 et La Dignité de penser, Paris : LLL, 2011. Cet article reprend une partie de mes thèses développées dans : Dé-civilisation Les nouvelles logiques de l'emprise, Paris, LLL 2025.
(1) Victor Klemperer, 1947, LTI. La langue du IIIe Reich, Paris, Albin Michel, 1996, p.40.
(2) Bund Deutscher Madel (Ligue des Jeunes Filles Allemandes)
(3) Hitler Jugend (Jeunesse Hitlérienne)
(4) Deutsche Arbeitsfront (Front du Travail Allemand)
(5) Victor Klemperer, 1947, LTI. La langue du IIIe Reich, Paris, Albin Michel, 1996, p.45.
(6) Victor Klemperer, 1947, LTI. La langue du IIIe Reich, Paris, Albin Michel, 1996, p.77.
(7) George Orwell, 1946, La politique et la langue, Paris, Fayard, Mille et une Nuits (à paraitre fin janvier 2026).
(8) Roland Gori, 1978, Le corps et le signe dans l'acte de parole, Paris, Dunod, 1991.
(9) Analyse que j'ai évoquée dans un précédent article d'Élucid (Les prophètes du mensonge) et dans mon dernier ouvrage, Dé-civilisation. Les nouvelles logiques de l'emprise, Paris, LLL, 2025.
(10) George Orwell, 1946, op. cit.
(11) Roland Barthes, 1977, Leçon, Leçon inaugurale de la chaire de sémiologie littéraire du Collège de France du 7 janvier 1977, Paris, Seuil, p.14.
(12) JL Austin nomme « performatifs » les énoncés de langage qui produisent les actions qu'ils énoncent. Dire « je t'aime » ne relève pas d'un acte de langage qui se contente de décrire, il produit ce qu'il énonce. Par la suite Austin en vient à considérer que tout acte de langage détienne un certain degré de performativité. John Langshaw Austin, 1962, Quand dire, c'est faire. Paris, Seuil, 1970.
(13) Roland Barthes, 1977, Leçon, Leçon inaugurale de la chaire de sémiologie littéraire du Collège de France du 7 janvier 1977, Paris, Seuil, p.16.
(14) Roland Barthes, ibid., p.16.
(15) Le terme d'habitus a été conceptualisé par Pierre Bourdieu comme « schème de pensée », « schème de conduite », il signifie à l'origine « mode d'être ou d'agir », « manière de se comporter ». Il est la traduction latine d'un terme employé par Aristote pour désigner les facultés acquises.
(16) Roland Gori, 1972, « Wolfson ou la parole comme objet », Mouvement Psychiatrique, 3, p. 19-27 ; Le corps et le signe dans l'acte de parole. Paris, Dunod, 1978 ; La preuve par la parole, Paris, puf, 1996.
(17) Victor Klemperer, LTI La langue du IIIe Reich (1975), Paris, Albin Michel, 1996.
(18) Roland Gori, Logique des passions (2002), Paris, Flammarion, 2005.
(19) Gilles Deleuze et Félix Guattari, 1995, Qu'est-ce que la philosophie ? Paris, Les Éditions de Minuit, 2005, p. 202.
(20) Louis Wolfson, Le schizo et les langues, Paris, Gallimard, 1970 ; Roland Gori, 1974, « Ce que parler peut être ou l'allégeance du texte au corps-I ». Evolution Psychiatrique, 2, 293-313 ; Roland Gori, 1974, « Ce que parler peut être ou l'allégeance du texte au corps -II ». Evolution Psychiatrique, 4, p. 167-185 ; Roland Gori, Le corps et le signe dans l'acte de parole, Paris, Dunod, 1978 ; Roland Gori, 1996, La preuve par la parole. Essai sur la causalité en psychanalyse, Toulouse, érès, 2008.
(21) Pier Paolo Pasolini, 1973, Analyse linguistique d'un slogan, Écrits corsaires, Paris, Flammarion/Champs, 1976, p. 34-40.
(22) Pier Paolo Pasolini, 1974, Pas d'amour, pas de culture : un langage sans origine, Écrits corsaires, Paris, Flammarion/Champs, 1976, p.68.
(23) David Colon, 2023, La guerre de l'information. Les États à la conquête de nos esprits, Paris, Texto, Tallandier, 2025.
(24) Roland Gori, 2025, op. cit.
(25) Félix Guattari, Les trois écologies, Paris : Galilée, 1989, p.28.