
Andrea Marcigliano
Source: electomagazine.it
Après tant de grondements d'orage, la pluie est finalement tombée.
Iran. Pendant plusieurs jours, le gouvernement a laissé s'exprimer dans les rues un certain mécontentement populaire, généralisé et profond. Ce mécontentement était essentiellement dû à des questions économiques, à la difficulté de commercer, qui a surtout touché les puissants Bazari.
Ces seigneurs qui dominent les grands marchés intérieurs et qui, à l'époque, étaient sans doute les principaux ennemis du Shah. Car Reza Pahlevi s'ouvrait aux multinationales, surtout américaines, menaçant de fait leur pouvoir traditionnel sur l'économie iranienne.
La tolérance du gouvernement permettait de dire que les Bazari, de Téhéran et des principales villes, étaient derrière les manifestations de rue.
En effet, Massoud Pezeshkian est un homme qui a toujours été lié aux puissants seigneurs du marché intérieur. C'est en grande partie à eux qu'il doit sa victoire électorale.
Cependant, des agents et des groupes manipulés depuis l'étranger s'étaient rapidement infiltrés dans les manifestations de rue. Des groupes armés, qui bénéficiaient du soutien de la CIA américaine et, surtout, du Mossad israélien. Ce dernier n'a pas caché son action, soutenant même ouvertement la thèse d'un changement de régime, c'est-à-dire d'un coup d'État, à Téhéran.
Un coup d'État visant à ramener au pouvoir l'héritier direct du dernier Shah, Rezha Ciro, exilé depuis plusieurs décennies aux États-Unis.
Que cet homme semble complètement détaché des réalités iranienne et étranger aux vicissitudes actuelles de l'Iran est évidemment un problème tout à fait secondaire et sans importance pour les partisans du changement de régime. À savoir le Mossad et la CIA.

Cependant, l'Iran n'est pas une petite république bananière. C'est un grand pays très peuplé. Où des peuples d'ethnies différentes sont essentiellement maintenus ensemble par un seul ciment. Social et religieux, qui trouve son apogée dans le système des ayatollahs et dans la figure, symbolique autant que réelle, d'Ali Khamenei.
Et ainsi, après les nombreuses hésitations du gouvernement, les superviseurs religieux du système iranien sont intervenus.
Dans deux directions distinctes mais convergentes.
L'une a été plus résolument répressive. En ordonnant aux milices pasdaran et basihi d'intervenir pour frapper durement, arrêter et éliminer les groupes de guérilleros infiltrés.
Et les exécutions publiques, plus ou moins sommaires, de ceux qui sont tombés entre leurs mains ont déjà commencé.
L'autre direction, cependant, a été celle de démontrer leur force à travers des manifestations de masse colossales. Dans tout le pays, de la capitale Téhéran au dernier des petits villages.
Des manifestations qui renforcent la cohésion interne et démontrent à l'extérieur la solidité du régime.
Ces deux opérations ont parfaitement réussi.
À ce stade, Washington et Tel-Aviv n'auraient d'autre choix que de mener une action militaire directe.
Un choix qui n'est toutefois pas facile à faire.