
par Alexandre Lemoine
Le conflit autour du Groenland n'est pas la première fracture interne que connaît l'OTAN depuis la création de cette alliance. Les relations entre pays occidentaux ne sont plus harmonieuses depuis longtemps. Le différend concernant le contrôle américain sur le Groenland constitue le dernier épisode d'une longue histoire de tensions entre Washington et l'Europe.
Le président américain Donald Trump lorgne depuis longtemps sur cette île, territoire autonome administré par le Danemark.
Il a récemment renouvelé ses tentatives d'obtenir le contrôle américain sur celle-ci. Le Groenland, le Danemark et les alliés européens ont catégoriquement rejeté cette idée. Ils ont averti qu'une tentative de prise de contrôle porterait atteinte aux relations au sein de l'OTAN.
Ce différend entre les États-Unis et l'Europe n'est pas le premier cas de désaccord entre alliés, écrit le Daily Express. Des litiges surgissent périodiquement depuis la Seconde Guerre mondiale.
Voici quelques-uns des conflits les plus marquants.
La crise de Suez
La France, la Grande-Bretagne et Israël ont envahi l'Égypte en 1956, tentant de renverser le président égyptien Gamal Abdel Nasser et de reprendre le contrôle du canal de Suez. Les États-Unis ont exercé une forte pression diplomatique et économique pour arrêter la guerre, ce qui a exacerbé les tensions entre Washington et ses principaux alliés de l'époque, Londres et Paris.
La guerre du Vietnam
Les pays européens, à l'exception de la France, ont apporté un soutien diplomatique aux États-Unis, mais ont refusé de fournir des troupes. Les manifestations anti-guerre en Europe ont coûté cher aux gouvernements de tout le continent. Ils devaient choisir entre le soutien aux États-Unis et la chute de leur popularité interne.
La crise des euromissiles
La Russie a déployé de nouveaux missiles SS-20 capables de frapper rapidement des cibles en Europe occidentale. Cela a contraint l'OTAN à déployer en Europe des missiles balistiques américains Pershing équipés d'ogives nucléaires et des missiles de croisière pour maintenir l'équilibre nucléaire. Cela a provoqué des troubles en Europe, où les craintes d'une nouvelle course aux armements se sont intensifiées. Dans les années 1980, des manifestations pacifistes antinucléaires ont eu lieu dans les capitales européennes, souvent dirigées contre Washington.
L'invasion de l'Irak
Les États-Unis ont envahi l'Irak en 2003, provoquant une crise majeure dans les relations avec l'Europe. Des tensions ont été observées, notamment avec la France et l'Allemagne, après leur refus de soutenir l'attaque contre le gouvernement du président Saddam Hussein. Washington a condamné Paris et Berlin.
Des extraditions illégales
Dans le cadre de la «guerre contre le terrorisme», les États-Unis capturaient et parfois enlevaient des suspects. Ces derniers étaient transférés vers des lieux hors de la juridiction américaine, où ils étaient interrogés et souvent torturés. Le tollé public a contraint les dirigeants politiques européens à condamner cette pratique, bien que certains gouvernements européens aient facilité les opérations américaines.
Le conflit entre la Russie et l'Ukraine
Le retour de Trump au pouvoir en janvier 2025 a modifié la politique américaine concernant les hostilités en Ukraine. Trump s'est montré plus bienveillant envers le président russe Vladimir Poutine, plus froid envers Volodymyr Zelensky et a réduit l'aide militaire à Kiev. Cela a inquiété les dirigeants européens qui voient une menace pour leur propre sécurité en Ukraine.
La position sur la sécurité nationale
En décembre dernier, l'administration Trump a identifié la faiblesse des alliés européens dans sa nouvelle stratégie de sécurité nationale. Washington a critiqué la politique d'immigration européenne et la politique de liberté d'expression, remettant en question leur fiabilité en tant que partenaires des États-Unis.
La guerre tarifaire
En juillet dernier, Trump a menacé l'Europe de droits de douane commerciaux élevés dans un contexte de détérioration des relations avec un partenaire autrefois fidèle. Cela a été perçu comme un geste extrêmement hostile. Le président américain avait initialement annoncé des droits de douane de 30% sur les marchandises de l'Union européenne, principal partenaire commercial des États-Unis. Par la suite, les deux parties sont convenues d'un accord-cadre commercial établissant un droit de douane de 15% sur la plupart des marchandises.
source : Observateur Continental