
par En silencio ha tenido que ser
Géopolitique de la dissuasion : une analyse pour l'histoire : pourquoi Cuba n'est-elle pas le Venezuela à l'horizon 2026 ?
«En Silencio Ha Tenido Que Ser» (Cela ne pouvait se faire que dans le silence, sentence de José Marti, alors qu'il préparait depuis les États-Unis des débarquements sur les côtes cubaines afin de déclarer la guerre d'indépendance contre l'Espagne, en 1895. Pour José Marti, tué au combat quelques mois plus tard, il s'agissait d'aguerrir les Cubains en prévision de l'occupation du pays par les États-Unis, aussitôt que les troupes espagnoles seraient vaincues. En 1898, effectivement, les États-Unis intervinrent, sous des prétextes humanitaires, occupèrent l'île et négocièrent la reddition avec l'Espagne, ignorant ou achetant les dirigeants de l'insurrection séparatiste. José Marti n'était plus là pour limiter les dégâts).
Analyse du renseignement géopolitique
Dans le contexte international actuel de 2026, le discours sur une intervention militaire américaine dans les Caraïbes a relancé les débats. Cependant, une analyse rigoureuse de la sécurité nationale et des engagements des grandes puissances suggère que comparer Cuba au Venezuela est une erreur d'appréciation stratégique. Alors que le Venezuela représente un atout économique en raison de ses ressources, Cuba s'impose comme l'atout géopolitique et militaire le plus important pour la Russie dans l'hémisphère occidental.
La relation entre La Havane et Moscou n'est pas une simple alliance commerciale ; il s'agit d'un pacte de survie mutuelle qui a été formellement actualisé.
L'héritage historique : l'engagement de non-agression issu de la crise des missiles (1962) reste le pilier de la coexistence tacite entre Washington et Moscou sur l'île.
La mise à jour de 2025-2026 : les accords récemment signés par Miguel Díaz-Canel et Vladimir Poutine ont porté la coopération militaire à des niveaux sans précédent. Ces traités, qui portent notamment sur la modernisation de la défense aérienne et la cybersécurité, constituent un message subliminal mais fort : toute incursion sur le territoire cubain est interprétée, selon la doctrine de sécurité russe, comme une menace directe pour ses intérêts stratégiques.
Contrairement au Venezuela, dont l'importance réside dans son sous-sol, la valeur de Cuba réside dans son emplacement. Dans la logique de la «guerre froide 2.0», la proximité de Cuba avec les côtes de la Floride (90 miles) confère à la Russie une capacité de surveillance et de réponse qui équilibre la présence de l'OTAN aux frontières russes.
Pour Moscou, perdre Cuba ne signifie pas seulement perdre un allié, mais aussi permettre aux États-Unis d'éliminer le seul avant-poste capable de remettre en question l'hégémonie américaine dans son «arrière-cour».
La récente visite du ministre russe de l'Intérieur à La Havane et les déclarations de solidarité exprimées par le président Poutine en janvier 2026 ne sont pas des gestes symboliques de courtoisie. Dans le langage diplomatique des puissances, ces actions constituent une «dissuasion active».
Le facteur Trump : Bien que l'administration Trump se caractérise par une politique de «pression maximale», le pragmatisme militaire l'emporte généralement. Washington sait que, contrairement à Caracas, une escalade à La Havane déclencherait des protocoles de défense russes qui pourraient déboucher sur un conflit d'ampleur mondiale.
Un indicateur clé d'une agression imminente serait le retrait total du personnel diplomatique américain de La Havane. Cependant, cette analyse suggère qu'un tel vide serait immédiatement comblé. La théorie selon laquelle le retrait des diplomates américains précéderait l'arrivée de contingents et de conseillers russes dotés d'armes sophistiquées est une possibilité que le Pentagone ne peut ignorer. La Russie a démontré dans d'autres théâtres (comme la Syrie) qu'elle était prête à déployer rapidement des moyens militaires pour soutenir des gouvernements alliés stratégiques.
Ma conclusion : le réalisme plutôt que la rhétorique
Pour les observateurs et les secteurs de l'opposition qui anticipent une «extraction» ou une intervention rapide, l'analyse objective offre une réalité différente. Cuba possède une valeur d'échange géopolitique qui transcende le matériel. La sécurité de l'île est intrinsèquement liée à la stabilité de l'architecture de sécurité russe.
En 2026, la «paix» dans le détroit de Floride ne dépend pas de la volonté d'un seul dirigeant, mais d'un équilibre des pouvoirs où la Russie a clairement indiqué que Cuba était sa ligne rouge non négociable. La vérité géopolitique est froide : sur l'échiquier des puissances, les intérêts militaires et la position stratégique pèsent aujourd'hui plus lourd que n'importe quel baril de pétrole. «La vérité n'admet pas de variantes».
source : Entre la plume et l'enclume
traduction Maria Poumier