24/01/2026 reseauinternational.net  5min #302750

 Trump annonce la composition du « Conseil de la paix » pour Gaza

Recherché pour crimes de guerre, Netanyahou s'abstient de signer la charte du «Conseil de la paix» à Davos

par Stephen Prager

Un expert de l'ONU a déclaré que cela démontre «pourquoi la CPI et le Statut de Rome sont si importants, même si Israël et les États-Unis s'efforcent de les saper».

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou fait partie du «Conseil de paix» pour Gaza mis en place par le président Donald Trump. Mais il n'a pas pu assister à la cérémonie qui s'est tenue mercredi à Davos, en Suisse, car il risquait d'être arrêté pour crimes de guerre s'il mettait les pieds dans le pays.

En 2024, la Cour pénale internationale (CPI) a émis des mandats d'arrêt contre Benjamin Netanyahou et Yoav Gallant, alors ministre israélien de la Défense, les accusant de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité commis lors de l'offensive militaire israélienne à Gaza, qualifiée de génocidaire.

Au moins 71 000 Palestiniens, majoritairement des femmes et des enfants, ont été tués par les forces israéliennes, et au moins  169 000 autres ont été blessés au cours de la campagne militaire, selon les chiffres officiels.

D' autres estimations suggèrent que le bilan réel est bien plus lourd si l'on tient compte des conséquences du blocus israélien draconien de l'aide humanitaire et de la destruction des infrastructures qui a rendu la bande de Gaza quasiment invivable, et ce, malgré un cessez-le-feu conclu en octobre.

Ces morts sont le résultat de ce que la CPI a qualifié de campagne systématique menée par Netanyahou visant à utiliser la famine comme arme de guerre et à infliger une punition collective à la population civile de la bande de Gaza.

La Suisse fait partie des  125 nations ayant ratifié le Statut de Rome, qui a institué la Cour pénale internationale (CPI) en 1998. Cette instance internationale est chargée de poursuivre les dirigeants auteurs de génocide, de crimes contre l'humanité, de crimes de guerre et de crimes d'agression.

Avant Davos, le gouvernement suisse  a réaffirmé son engagement ferme à arrêter Benyamin Netanyahou s'il venait à fouler le sol suisse.

«En tant qu'État partie au Statut de Rome, la Suisse est tenue de coopérer avec la Cour pénale internationale»,  a déclaré l'Office fédéral de la justice au journal Haaretz. «La Suisse serait en principe tenue d'arrêter les personnes accusées si elles entraient sur son territoire actuellement, à condition qu'un mandat d'arrêt ou une demande d'arrestation s'y fondant ait été émis par la CPI, et d'engager la procédure de remise à la Cour pénale internationale».

Plusieurs autres pays, dont les Pays-Bas - où siège la CPI - ainsi que l'Espagne, l'Irlande et l'Australie, ont également  indiqué qu'ils se conformeraient aux mandats d'arrêt si Benyamin Netanyahou se rendait en Suisse.

Bien que les États-Unis et Israël n'aient pas ratifié le Statut de Rome, de nombreux autres alliés d'Israël - dont le Royaume-Uni, la France et le Canada - sont également signataires et tenus d'arrêter Netanyahou. Cependant, ce dernier n'a jusqu'à présent pas mis leur volonté à l'épreuve, et plusieurs n'ont  pas clairement indiqué s'ils respecteraient cet engagement.

Depuis l'émission des mandats d'arrêt, la Hongrie est  le seul pays membre de la CPI où il s'est rendu. Son dirigeant d'extrême droite, Viktor Orban, a refusé d'obtempérer et s'est ensuite retiré de la CPI.

Parallèlement, les États-Unis ont imposé des sanctions à la CPI, à son président, Karim Khan, et à plusieurs juges ayant participé à l'émission des mandats, et menacent d'en faire de même contre toute autre entité coopérant avec la Cour.

Le président israélien Isaac Herzog, qui représentait Netanyahou à Davos mercredi, a qualifié les mandats d'arrêt de la CPI d'« illégitimes» et a déclaré qu'il était «inacceptable et honteux» que Netanyahou soit exclu d'«une conférence qui vise à façonner l'avenir du monde et du Moyen-Orient».

Si l'incapacité de la CPI à agir unilatéralement sur ses mandats a conduit certains à les juger inefficaces, Beatrice Fihn, chercheuse suédoise à l'Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement,  a affirmé que le fait d'empêcher Netanyahou de participer à des événements comme Davos démontre «l'importance de la CPI et du Statut de Rome, même si Israël et les États-Unis s'efforcent de les saper».

«Ce mandat d'arrêt», a-t-elle déclaré, «complique la tâche de Netanyahou».

source :  Common Dreams via  Marie-Claire Tellier

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