La question qui nous réveille est celle de la propagande et de son fonctionnement. Et ce matin on s'est levés avec le cas d'étude de l'interdiction des réseaux sociaux.
Souvent il suffit de comprendre les mécanismes d'une chose pour ne plus en être la victime. Ainsi en va-t-il de la propagande. Ce n'est pas si simple, ni à élucider ni à expliquer une fois que c'est fait.
Il s'agit avant tout dune processus de renforcement, c'est à dire d'une boucle cybernétique. La propagande consiste à introduire une faille de raisonnement qui va conduire les discussions à s'exciter autour de cette faille. Tous [ce qui sont pour et ceux qui sont contre] auront tort, du fait de ne pas avoir mis la main sur la faille. Et dans l'excitation, l'effervescence, les questions vont devenir symboliques et névralgiques, et dévier sur d'autres sujets, toujours en exploitant la même faille de raisonnement. Jusqu'au point où ladite faille ne fait plus le poids face aux crimes commis.
Dans la justice on se demande pourquoi les crimes ont été commis et comment faire pour qu'ils ne se réitèrent plus. Ici les crimes dont il est question sont ceux de l'état, qui émet la propagande et exploite les failles de raisonnements.
Comme dans le cas du sophisme, ceux qui exploitent les failles de raisonnement n'en connaissent point une miette la nature, cependant ils savent juste qu'ils peuvent les exploiter, et l'art et la manière de le faire. Quand la faille est dénoncée, ils continuent leur manège sans se rendre compte qu'elle tombe à l'eau dès le départ. L'enjeu est donc de mettre en évidence les failles de raisonnement.
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Le principe de la propagande repose sur le fait de pouvoir compter sur la défaillance humaine.
Le mimétisme est ce qui consiste à accorder sa confiance envers quelqu'un uniquement en raison du fait que les autres ont l'air de lui faire confiance aussi.
C'est une grave lacune qui peut être exploitée de bien des manières, et qui peut être utilisée dans le sens de la haine, lors Les faits-divers sur le harcèlement scolaire sont un cas d'usage du mimétisme, où le bouc-émissaire est la cible d'un harceleurs et avec lui d'une horde d'imbéciles qui l'imitent. Pourquoi font-ils cela ? Parce que le harceleur a la parole, il s'exprime, se défend, se justifie, donne des arguments. Il enrichit le dialogue. Les autres, pris de court, n'ont pas le temps de réfléchir au fond des choses. Et le harceleur est « sympa », il est cool, il fait rire, il est populaire. Même les profs et les surveillants l'aiment bien. En face, le bouc-émissaire se tait. Quoi qu'il dise, il ne fait que tendre les armes qui serviront à l'écraser. Et quand il appelle à l'aide, il ne trouve personne. Le harcèlement est une cause de suicides. Dans le mimétisme, on accorde sa confiance aveuglément à ceux qui ont la parole, même si leurs propos sont indéfendables. La défense contre la contradiction proviendra de la force brute, de l'ensemble de la horde qui s'y associe. Ainsi quand on voit quelqu'un devenir « fan » d'une personnalité, il est très fréquent que son comportement soit guidé par un mimétisme exacerbé. C'est la définition du fanatisme. C'est à dire qu'on peut la décrire comme la partie restante, le modulo, de ceux qui réfléchissent vraiment aux choses et qui ont des raisons tangibles d'agir. Le fanatique n'a pas de raison tangible, il agit par impulsivité. Il se sent protégé par son groupe. Il se propose d'en devenir le gardien. Il y a plusieurs sortes de fanatiques, de celui qui a l'âme d'un bras-droit, celui qui a l'âme d'un guerrier, et celui qui veut se montrer encore plus fanatique que les autres. Les fanatiques apportent de l'eau au moulin, ils augmentent l'argumentation, ils la solidifient, ils l'adaptent pour contrer ce qui s'oppose au règne auquel il se sent appartenir. Ici on est totalement dans l'effet du wokisme, où surgissent des « influenceurs » (c'est mal d'influencer) tiennent des discours convaincants, bien que largement perfectibles, pour séduire encore plus d'adeptes. C'est le cas aussi des églises évangéliques. D'ailleurs les deux sont liés, et ces deux sont liés au sionisme. Et enfin le sionisme est lié à la propagande, et aux coups-bas de l'état contre ses citoyens. Il y a toujours la même procédure au fond qui est réitérée. * C'est un processus de renforcement parce qu'il s'agit, au départ, de jouer sur le sentiment de sécurité des gens en leur proposant une solution à leur problème nouvellement créé, qui consiste à jouer sur le sentiment de sécurité de l'ennemi à abattre. « La peur doit changer de camp » (c'est la devise du diable). Et lorsque le sentiment d'insécurité est activé, l'ennemi à abattre est immatériel, insuffisant, fantomatique. Il n'existe simplement pas. Aucune solution au monde ne pourra rétablir le sentiment de paix hormis revenir sur le mensonge initial ; c'est à dire le fait qu'en réalité il n'y avait aucun problème, mais que c'était juste une question de formulation. Le processus de renforcement est semblable au fait de se battre contre un monstre qui est nourri par sa propre peur. Plus on a peur, plus le monstre est grand est puissant, et dès lors, on a encore plus peur, et lui se renforce encore plus. Une dictature, ou le nazisme, c'est exactement cela. Plus on lui cède de terrain et plus il en profite pour exploiter tous les aspects qui pourraient lui nuire en tant que démon. Ce qui nuit à un démon c'est de réfléchir posément aux choses, de mesurer les causes et les conséquences, de sous-peser les actions sur la balance de la raison. Le démon ne doit laisser aucune amplitude à se donner le loisir de faire preuve d'intelligence. L'intelligence est son ennemi. Lui son travail est de maintenir la pression, sociale, psychologique, punitive, et démagogique à souhait. De toutes façons il a raison sur tout et les autres ont tort sur tout. Il veut devenir un dieu. Et il n'en devient un que lorsque tout le monde est soumis, formaté, normalisé, que tout espoir a été abandonné, et qu'il n'y a plus aucune latitude, liberté ou même velléité de liberté ; ni-même besoin de liberté, ou même encore le souvenir de l'utilité d'une quelconque liberté. * Pourtant, ce faisant, il s'auto-détruit. Il perd tout ennemi à abattre, et il ne fait plus peur. Pour survivre il doit trouver de nouvelles horreurs encore plus inacceptables à faire subir. Dan l'ancien temps, les prêtres demandaient aux villageois de sacrifier aux-mêmes leurs enfants pour prouver leur loyauté, en prétextant cela par la promesse d'une météo favorable aux récoltes, qui par le fait ne profiteraient plus à ceux qui sont tués, mais qui feraient la joie de ceux qui y ont réchappé, notamment s'ils sont bien soumis et serviles. Car évidemment les « sacrifiés » n'étaient pas choisis au hasard, ce sont les jeunes qui, avec leur sens du discernement encore intact, s'opposaient à la dictature et à sa stupidité. On imagine bien comment marchait la propagande... à l'époque où il n'y avait pas de réseaux sociaux pour défendre d'autres points de vues. Dans son extrémisme, la dictature tortionnaire - tout comme les fanatiques qui la promeuvent - peut en venir à des summums d'aberration. C'est là qu'ils commettent des fautes qui les dénoncent superbement, pour le cas où le subterfuge dont ils profitent n'était pas encore assez visible. « Tuer tout le monde pour avoir la paix », est un des adages des démons. C'est stupide, s'il n'y a plus personne, ce n'est pas une vraie paix, c'est une paix factice. Dans leur pensée tout est factice. Ils se contentent des apparences pour être satisfaits. Comme Trump et son faux Nobel de la Paix, qui lui a été remis par stratégie par celle qui l'avait reçu par stratégie. Pour lui c'est suffisant. Un autre épithète du sadisme est de provoquer soi-même les crimes qu'on peut ensuite dénoncer pour justifier une propagande, qui du coup n'est plus vraiment une propagande, puisqu'elle se fonde désormais sur des faits réels, quoi que symboliques et névralgiques. Le « mal » s'est déplacé du discours à l'acte, et si la sauce prend, d'autres actes suivront « naturellement ». Et là, la machine sera lancée. C'est comme cela qu'on déclenche des guerres. Mais surtout ce qu'il faut voir avec certitude est que « le mal », la propagande, se sert des gens contre eux. Il se sert de leurs réactions, de leurs émotions, de leur humanité, et de leur sentiment de sécurité. Il les met au défi. S'ils mordent à l'hameçon, ils ne trouveront de solution contre le mal, que le mal lui-même, c'est à dire l'absence de réaction, l'absence d'émotion, l'absence d'humanité. * Dans le cas qui nous a occupé aujourd'hui, l'interdiction des réseaux sociaux, on observe un faux-pas du mal. C'est très amusant. Déjà premièrement on peut vivre sans réseau sociaux, dans ce cas on peut faire des sites, ou des réunions in real life, retransmises en vidéo. Cela peut booster une forme de contre-contre-révolution qui n'est pas attendue ni désirée par le pouvoir dictatorial en place. Deuxièmement, il s'agit de conditionner la liberté d'expression, donc d'une dénégation de la constitution et des Droits de l'homme. Dès lors, si on accepte cela pleinement, on peut interdire la propagande d'état, et demander à ce qu'elle soit signée, que chacun respecte la loi de sorte qu'on puisse identifier qui parle. De plus, si on lève l'anonymat sur internet, alors pourquoi ne pas lever le secret du vote ? En effet, il est motivé par le fait qu'on ait « peur » des interprétations et des préjugés, des idées reçues et des jugements qui peuvent tomber sur la tête des votants. C'est stupide en soi car il y a des lois contre cela, normalement. La question du secret des votes est celle qui permettrait de prouver publiquement que les scrutins ne sont pas truqués, et par la même - et ça c'est drôle - d'opérer des scrutins chroniques, constants, sur toutes les questions politiques, directement depuis son portable. Et là, je ne suis pas sûr que ce soit ce que veut la dictature. Pourtant ils fabriquent eux-mêmes les outils pour le faire. Enfin il faut voir la volonté qui est derrière cette opération dictatoriale. En brimant les moins de quinze ans et en forçant les citoyens à s'identifier légalement, de façon à pouvoir les fliquer (une loi est passée pour autoriser à le faire), il s'agit de lutter contre ce que « eux » appellent de la propagande, qui s'oppose à leur propre propagande. La vraie propagande nécessite des médias de masse pour enclencher l'effet de mimétisme, tandis que les réactions et les impressions populaires, qui circulent sur les réseaux sociaux et qui se moquent du ridicule de la propagande officielle, ne sont pas de la propagande. Déjà, ils sont amplement étouffés, filtrés, et filtrés par les algorithmes. Mais apparemment cela ne suffit pas. Peut-être voudraient-ils revenir à l'époque bénie d'avant internet, où on pouvait soumettre les gens avec un seul mensonge déblatéré du revers de la main pour se débarrasser des curieux. aujourd'hui de nombreux faits historiques peuvent être lus avec la grille de lecture de la propagande d'état dont on voit clairement le jeu, et l'habitude qu'il a pris de pratiquer. C'est seulement si on considère les citoyens, le peuple, comme des personnes fébriles intellectuellement, qui pratiquent le mimétisme de façon aliénée, qu'on craint les réactions et les impressions. Et justement l'enjeu de gain d'intelligence collective doit consister à diminuer les effets de meute dues au mimétisme. Au lieu de cela, ils (la dictature) le craignent, car ils l'entretiennent, car ils en ont besoin. On peut donc dire que le but premier de l'interdiction des réseaux sociaux est de ne surtout point luter contre le mimétisme et la crédulité, mais au contraire de se proposer de la « protéger ». * Seulement, par ses actions erratiques et désespérées, la dictature ne cesse de s'auto-dénoncer pour ce qu'elle est, en demandant le silence pendant qu'elle ment.
