28/01/2026 dedefensa.org  12min #303167

 Usa : nouvel assassinat à Minneapolis, par la police de Trump

Rapsit-Usa2026 : Comme un torrent

 Brèves de crise  

L'administration Trump a connu un revers important à Minneapolis en décidant de déplacer le chef des ICE (agents fédéraux chargés de rechercher les immigrants illégaux) dans cette ville et d'éventuellement commencer le retrait de ces forces ou de mettre en place une coordination et une action mieux adaptées. Ces événements sont interprétés comme une défaite majeure de Trump sur le plan tactique et communicationnel dans la "guerre hybride" qu'il est en train de mener dans le Minnesota.  RT.com en fait un compte-rendu pointilleux qui ne diffère guère des descriptions de la presseSystème :

« Le responsable controversé des opérations d'application de la loi sur l'immigration menées par l'administration du président américain Donald Trump dans le Minnesota a été démis de ses fonctions à la suite de deux fusillades mortelles, selon plusieurs médias.

» Le départ de Gregory Bovino, commandant de la police des frontières américaine, intervient après les décès de l'activiste Renee Good, le 7 janvier, et d'Alex Pretti, samedi dernier, tués par des agents fédéraux. Ces incidents ont provoqué une vague d'indignation et des manifestations dans tout le pays.

» Lundi, le président Trump a annoncé que Tom Homan, conseiller de la Maison Blanche pour les questions frontalières, serait envoyé à Minneapolis pour superviser les opérations d'application de la loi sur l'immigration. »

Le site ' lordofwar'' dans 'Telegram' donne une interprétation un peu plus large et certainement plus instructive et mieux adapté à la gravité réelle de la situation, et à la gravité de l'enjeu. Son texte est repris par ' usa.news-pravda.com' pour mieux donner une idée de l'ampleur de cette crise et des rebondissements qu'elle devrait amener aux USA. Une véritable structure de subversion, largement décrite ici et là (notamment notre texte du  19 janvier 2026 ou celui de Andrew Korybko du  27 janvier 2026), autour des réseaux Soros & autres, s'y trouve partout en place.

« Trump a subi une nouvelle défaite sur le front intérieur. Après Chicago, où les agents de l'ICE (service de l'immigration) ont échoué à « rétablir l'ordre dans les rues » et ont été contraints de battre en retraite, il essuie un autre revers majeur, cette fois à Minneapolis, dans le Minnesota.

» De plus, il semble que cette défaite dans le Minnesota aura des conséquences négatives bien plus importantes pour lui que toutes ses défaites précédentes réunies. Non seulement l'ICE a progressivement commencé à se retirer de Minneapolis, mais les événements survenus dans la ville ont déclenché une nouvelle vague de dégradation et de désintégration au sein du camp républicain, déjà fragilisé. Les Démocrates, ayant remporté cette bataille, ont lancé une véritable contre-offensive sur le front intérieur américain. Leurs chances de remporter un succès éclatant aux élections de novembre augmentent rapidement.

» Par ailleurs, je le répète, le pire pour Trump est que la désillusion grandit au sein de sa propre base électorale. Cela pourrait faire de lui un président 'canard boiteux' d'ici la fin de l'année 2026. »

Extension et profondeur du conflit

Comme on l'a dit Korybko a publie hier  un texte très détaillé sur l'organisation de cette campagne de déstabilisation. Il commence ce texte par une appréciation d'un ancien soldat des forces spéciales US, Eric Schwalm, reconverti dans les sociétés civiles de sécurité (mercenaires), qui a une longue expérience de ces attaques de subversion et de fausse-basse intensité organisées selon les principes des "révolutions de couleur" mises au point par les travaux de Gene Sharp.

Pour lui (Schwalm), il s'agit bel et bien, au Minnesota, d'une « insurrection ». Il en a convaincu Elon Musk qui se montre très actif dans cette crise, estimant qu'il s'agit d'un affrontement « mettant en jeu l'équilibre sinon l'existence de la République ».

« Elon Musk a partagé une publication d'Eric Schwalm, un ancien béret vert, qui affirme que les troubles à Minneapolis doivent être considérés comme une "insurrection". Pour rappel, l'Immigration & Customs Enforcement (ICE) et la Border Patrol (BP) ont été chargées par l'administration Trump 2.0 de faire appliquer les lois en vigueur, et deux citoyens américains ont été tués à ce jour lors d'incidents distincts alors qu'ils s'opposaient physiquement à leur action. Ce dernier point met en lumière la dimension insurrectionnelle de ces troubles, comme l'explique Schwalm dans sa publication.

» Le journaliste citoyen Cam Higby a infiltré les conversations Signal utilisées par les opposants à l'ICE et à la BP pour coordonner l'obstruction de leurs activités à l'échelle de la ville, dans un scandale qu'il a baptisé SignalGate. 'ZeroHedge' a publié une  analyse détaillée de SignalGate, qui renvoie également à des publications d'autres journalistes citoyens tels que "0HOUR1" et "DataRepublican" enquêtant sur les membres de ces conversations (parmi lesquels figureraient des responsables locaux et étatiques) et leurs donateurs. Leurs travaux confirment le haut degré de coordination de cette campagne.

» Des rapports détaillés rapidement partagés sur les activités d'application de la loi de l'ICE et de la BP, en passant par la lecture des plaques d'immatriculation, l'aide médicale et le soutien caritatif apporté à certains participants, il ne fait aucun doute que cette campagne est coordonnée de manière professionnelle à un niveau sans précédent aux États-Unis. Les troubles nationaux de l'été 2020, que l'on peut qualifier de "guerre hybride de terreur contre l'Amérique" menée par diverses forces à travers un "syncrétisme de gauchisme économique et de fascisme social", font pâle figure en comparaison. »

Il est inutile de s'attarder aux tares et vices du Système qui nous écrase : ils sont innombrables et nourrissent un nihilisme mortel. On les connaît bien assez pour n'avoir nul besoin, ici, d'en discourir plus longuement. Tout ce qui met "le Système" en danger est une excellente chose. Le problème avec ces événements américanistes est que le but des protagonistes et de leurs financiers est à peu près de substituer un "super-Système" au Système qu'ils mettent en cause. D'ailleurs, l'on n'en attend pas moins de milliardaires tels que Soros, une partie des oligarques de la Silicon Valley et divers milliardaires américanistes défendant des causes aussi diverses que le wokenisme ou le sionisme.

Qu'ils se rencontrent ou que nous nous rencontrons en telle ou telle occasion, telle ou telle entreprise, avec Trump, sur la même ligne que Trump, oligarque lui-même, n'a non plus rien pour nous étonner. Le chaos règne et il prend garde à organiser avec zèle l'inorganisation inhérente à sa production selon des logiques absurdes, inverties et nihilistes.

James Howard Kunstler, ancien démocrate et progressiste selon la vieille école, s'est institué comme l'un des adversaires les plus tranchants de ces entreprises. Il insiste dans sa chronique du  12 janvier 2026, après la mort de Renée Nicole Good tuée par les ICE, sur les dégâts psychologiques causés par les enseignements conjugués du wokenisme et de Gene Sharp :

« Le résultat de tout ce dysfonctionnement est une société où les relations entre les hommes et les femmes sont profondément perturbées, des personnes qui ne peuvent pas avoir d'enfants - ou, par hasard, comme dans le cas de Renee Nicole Good, deux enfants qui ne vivaient pas avec elle - des personnes des deux sexes qui ne peuvent pas remplir les rôles fondamentaux de l'âge adulte, des personnes des deux sexes qui ont du mal à trouver un emploi rémunérateur, et vous vous retrouvez avec un pays peuplé de personnes brisées, de familles brisées et de comportements qui frisent la folie.

» Et ces personnes brisées sont poussées à l'autodestruction par les dirigeants cyniques d'un parti politique criminel qui cherche désespérément à cacher ses crimes et à échapper aux poursuites judiciaires... [...]

» Je parle de ces deux lunes en orbite, Hillary Clinton et Barack Obama, et de leurs nombreux subalternes, tels que John Podesta, Lisa Monaco, Norm Eisen, Adam Schiff... vous connaissez cette immense galerie de personnages. »

Nous pensons que la dernière phrase du deuxième paragraphe, que nous avons détachée pour la mettre en évidence, montre un optimisme un peu trop affirmé, - ou qui se veut un peu trop rassurant pour ses lecteurs, - de Kunstler :

« Lorsque les mises en accusation [d'Hillary, d'Obama, etc.] commenceront, les dérèglements s'atténueront. Vous verrez. »

Perspectives torrentielles

Si nous montrons ce scepticisme quant aux chances existantes d'un apaisement de la tension au cas où ceux que Kunstler estime, - avec nombre de raisons, - en être les inspirateurs sinon les instigateurs sont inculpés, il tient à ce que nous percevons de la puissance des événements et de l 'affaiblissement constant des structures légales, - dans lequel Trump lui-même a sa part de responsabilité. Déjà, d'autres commentateurs cités nous laissent à penser et à craindre (?) dans ce sens. Si l'on revient au commentaire de 'lordofwar', il y a cette image tout à fait justifiée :

« De même, le recours par les démocrates à des tactiques de "révolution de couleur" sur le plan intérieur est extrêmement dangereux pour la stabilité interne des États-Unis. Une fois ce "génie" sorti de sa bouteille, il sera difficile de le faire rentrer. »

Korybko, lui, dans le même sens, se montre beaucoup plus explicite et appuie sa prospective sur des arguments opérationnels tout à fait acceptables :

« Indépendamment de l'opinion que l'on peut avoir sur ce dernier exemple de guerre hybride menée par des Américains contre le gouvernement fédéral, cette situation représente un défi très sérieux pour les autorités. Jamais auparavant une insurrection aussi moderne, technologiquement avancée et bénéficiant d'un tel soutien local n'avait vu le jour dans une métropole américaine. L'objectif est de neutraliser l'autorité du gouvernement fédéral à Minneapolis, ce qui pourrait entraîner un effet domino dans d'autres métropoles si ce réseau insurrectionnel reproduit sa stratégie, couronnée de succès, dans ces villes également.

» Si la situation ne s'améliore pas, Trump pourrait invoquer la loi sur l'insurrection, une éventualité que son équipe devrait avoir anticipée, malgré les déclarations de Vance minimisant ce scénario, comme le suggère l'accent mis sur la sécurité du territoire américain dans les nouvelles ' National Security Strategy' et ' National Defense Strategy'. Cette nouvelle ère de «"politique de protestation" est initiée  par les Démocrates, dont les rivaux républicains sont loin d'atteindre un tel niveau de coordination, mais si un équilibre des forces venait à s'établir, des affrontements partisans meurtriers seraient probables. »

Les États-Unis présentent une structure très inhabituelle pour les "révolutions de couleur", où le pays visé est en général fortement centralisé, mais avec ce centre assez affaibli, ce qui conduit à envisager qu'une seule insurrection suffit. Les Etats-Unis sont une véritable confédération, malgré les empiètements très importants exercés par le centre sur les pouvoirs des États. Ces pouvoirs locaux restent maîtres de la sécurité intérieure, avec des forces importantes (Garde Nationale) et des moyens à mesure, et souvent un fort sentiment de souveraineté dans ces États.

Ainsi, une seule "révolution de couleur" ne suffit évidemment pas puisqu'elle ne concernerait qu'un seul Eétat, et d'autre part il existe une opposition exacerbée entre un nombre à peu près équivalent d'États "bleus" (démocrates) et "rouges" (républicains), - autour de 25-25 avec des variations d'un ou deux dans un sens ou l'autre selon les élections. Dans des conditions d'affrontement avec un centre lui-même en crise, une telle déstabilisation conduit à une logique de désintégration plutôt qu'à une logique de révolution, - "désintégration de couleur" plutôt que "révolution de couleur".

Des transferts de population et de grandes entreprises ont déjà été observés entre des États de tendances différentes. Ainsi de la dernière initiative de l'énorme chaîne de supermarchés de distribution, Walmart, qui a annoncé qu'elle quittait la Californie (certainement en raison de l'insécurité et de ses pertes par opérations de vol et de rapines), entraînant la fermeture de 40 grands magasins.

Cette formidable hypothèque qui pèse désormais sur l'avenir des Etats-Unis constitue, comme nous ne cessons de le répéter, l'événement le plus important à inscrire dans le cours formidablement tumultueux de la  GrandeCrise. Contrairement à ce que nous en jugeons, les perspectives d'affrontement avec un "vainqueur" et un "vaincu" ne nous paraissent pas pertinentes. Il s'agit bel et bien, plutôt, d'une perspective de  déconstructuration qui touche le cœur même du Système. Pour cette raison que l'on comprend aisément, - le terrible choc que constituerait la fin du Système, mais comment s'en débarrasser sinon en "le finissant" ? - il nous paraît difficile de prendre position dans cette crise, une fois débarrassée des habituelles fadaises pour faibles d'esprit que recouvrent les mots "fascisme", "racisme", "dictature", "démocratie" & autre sordide compagnie. Le préférable est de s'installer fermement dans l' inconnaissance et d'observer l'emportement chaotique du monde.

... Pour le reste, il est possible que Trump juge qu'une chouette petite guerre extérieure occuperait les esprits et détendrait les âmes. Le choix ne manque pas : Groënland, Canada, Iran, UE, etc.

Mis en ligne le 28 janvier 2026 à 17H30

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