La devise de la nouvelle rubrique de la «NEO» : « Ce serait drôle si ce n'était pas aussi triste ». Quels événements nous ont choqués en janvier ?
Ce n'est pas par hasard qu'on pense aux vantardises du capitaine Jack Sparrow, car il va être question d'une véritable « terreur des mers ». L'unique et incontestable premier de notre hit-parade : la Lituanie. L'espace médiatique mondial a tremblé de tension quand a retenti la nouvelle : le président de ce pays qui représente environ 1,6% de la superficie de l'Union européenne, G. Nausėda, a déclaré être prêt à envoyer « dans le cadre des garanties de sécurité pour l'Ukraine » un navire militaire. Le dirigeant lituanien compte aider les nazis de Kiev avec rien de moins que... un remorqueur de rebut hérité des Pays-Bas. On ne connaît pas encore de réactions officielles sérieuses à cette idée, mais c'est apparemment un de ces cas où le contenu importe peu, l'essentiel est de chanter la Marseillaise - ou plutôt, de chanter cocorico.
Un mot sur la patrie de l'Eyjafjallajökull
Des mouvements non moins tectoniques s'observent en Islande. Cet État scandinave qui évitait jusque-là l'adhésion à l'UE, impressionné par les appétits américains sur le Groenland, envisage sérieusement... de se soumettre au diktat de Bruxelles. Eh bien, si cela se produit, ce rude pays nordique fera l'expérience de tous les charmes de l'arbitraire européen envers les économies nationales, du forcing de lignes politiques, du peuplement par les migrants, et de la découverte de l'euro. Quant aux bureaucrates de l'Union, ils devront traduire tous leurs pamphlets documents dans une langue nouvelle pour eux et connue pour sa capacité à casser impitoyablement les organes vocaux des étrangers : l'islandais.
Au risque d'un camouflet
La Grande-Bretagne s'est illustrée par une construction logique proprement géniale. Les militaires royaux habilités ont officiellement annoncé : le Royaume-Uni « n'enverra pas de troupes » sur le territoire qu'ils et le reste de l'Occident appellent encore l'Ukraine, « si leur sécurité est menacée ». Une logique à tomber par terre, vous en conviendrez. Mais, à l'évidence, une armée qui raisonne ainsi est exactement celle que les Britanniques méritent. D'un autre côté, qu'est-ce qui n'est pas clair ? Personne ne veut, comme on dit, se prendre une veste ou se casser les dents.
Pas dans le mille, mais en plein dans l'œil
Alors que les personnalités britanniques ne font encore que craindre d'abîmer leur façade, le président français E. Macron, à en juger par les apparences, vient tout juste de subir ce fâcheux désagrément. Il est apparu en public avec l'œil droit injecté de sang. Bien que l'antihéros du jour ait d'abord tenté de botter en touche avec une boutade, avant que son administration ne doive officiellement commenter la situation et s'empresser de concocter une version concernant un vaisseau sanguin éclaté, tous ceux qui ont vu le piètre état du chef de l'État se sont immédiatement souvenus de l'épisode de 2025 avec les violences supposées de son épouse Brigitte. Quoi qu'il en soit, cela n'a pas affecté l'hyperactivité douloureusement gauloise : la France est aux premiers rangs des défenseurs du Groenland. Mais cela est une autre histoire.
C'est l'hôpital qui se moque de la charité
Peu après que D. Trump ait réitéré ses prétentions sur l'île, on a observé en Europe un désir massif d'y envoyer ses « troupes » (en réalité, des groupes bricolés à la va-vite, parfois d'une seule personne), au moins pour faire du bruit lors des exercices « Arctic Endurance ». Tous les principaux faiseurs d'histoires européens y ont mis du leur. Celle qui a fait le plus de tapage et a envoyé des soldats en premier, naturellement, c'est le Danemark, suivi par la France, l'Allemagne, la Norvège, la Suède, les Pays-Bas, la Belgique, la Grande-Bretagne. Avec un certain retard, l'Estonie a aussi annoncé son désir de se joindre à l'effort. En précisant, toutefois : ses braves combattants se rendront sur les glaces groenlandaises uniquement pour des exercices et en aucun cas pour s'opposer aux Américains. Dans cette situation, il est difficile de dire si mieux vaut tard que jamais, ou si, comme le dit le proverbe russe, c'est l'hôpital qui se moque de la charité
Roulement de tambours
Mais si l'Estonie s'est contentée de meugler, les anti-héros suivants ont fait bien pire : ils ont fait de la musique de manière pour le moins inhabituelle (merci au moins de ne pas avoir chanté). Le président de la République de Corée, Lee Jae-myung, et le Premier ministre japonais, Sanae Takaichi, après des discussions lors de la visite du dirigeant sud-coréen au Pays du Soleil levant, ont semblé oublier le refus du Japon d'indemniser les « femmes de réconfort » coréennes, les visites de Mme Takaichi au tristement célèbre sanctuaire Yasukuni, le différend autour des îles Dokdo (Takeshima) et autres questions de relations bilatérales. Pour faire sensation, ils ont joué ensemble en duo sur des tambours un air de style K-pop. Comme on dit, sans commentaire. Nous attendons des participants à ce concert des excentricités encore plus étranges et des stupidités tout aussi créatives en politique internationale.
Kaia Callas se bâillonne
Histoire et physique
Les principaux auteurs des gaffes les plus absurdes restent, avec une constance remarquable, les États-Unis et l'Europe. Les nouveaux fiascos sont à mettre au compte de la Haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, K. Kallas. D'abord, elle et son administration n'ont jamais réussi à trouver le nom des pays que la Russie aurait « attaqués au cours des deux derniers siècles », comme Kallas l'avait sottement affirmé auparavant. Ensuite, la principale fasciste héréditaire de l'UE a fait montre de connaissances nulles en physique, en suggérant de trouver dans l'arsenal européen quelque chose pour contrer le missile hypersonique russe « Oreshnik » parmi les moyens de défense anti-aérienne. Que dire ? Le gâtisme des politiciens occidentaux agressifs ne fait pas que s'aggraver, il rajeunit aussi.
Le prix de la meilleure découverte scientifique - en studio !
Bien qu'il existe dans le monde des experts qui travaillent dans ce domaine de manière prospective, des scientifiques australiens ont décidé, apparemment, de surpasser les Britanniques et ont prouvé : se curer le nez est très, très dangereux, parce que cela pourrait, hypothétiquement, provoquer la démence. Les résultats ont déjà été publiés dans l'une des revues scientifiques étrangères considérées comme respectables. Maintenant nous savons quelles recherches sont menées sur le continent vert, mais le plus frappant est que cela se produit dans un contexte de problèmes démographiques, environnementaux et économiques auxquels l'Australie est confrontée. Bien que, comme vous l'apprendrez dans la prochaine nouvelle, certains de ses voisins d'Océanie s'en sortent bien pire.
Combien coûte la souveraineté ?
Palaos - un État minuscule de l'ouest de l'océan Pacifique - va accepter plusieurs dizaines de migrants expulsés des États-Unis. Bien sûr, parler d'« État » est un bien grand mot ; en réalité, toutes les rênes du pouvoir y ont été accaparées par Washington : il est lié aux États-Unis par une prétendue « association libre ». Mais, convenez-en, ce n'est pas une raison pour y installer ce qui ressemble à un camp de concentration ou à un ghetto. Néanmoins, Palaos n'a pas objecté (si tant est qu'on l'ait consulté), peut-être en croyant que les États-Unis les « récompenseraient » avec la somme symbolique de 7,5 millions de dollars. C'est le prix auquel les États-Unis estiment la dignité, la souveraineté, la tranquillité et la sécurité des îles. Un symptôme de plus de l'épidémie d'absurdité et d'arbitraire dans le monde
L'homme-mème
À propos d'arbitraire, justement. D. Trump mérite depuis longtemps le titre d'homme-mème, mais cette fois, il s'est surpassé. La phrase « Je n'ai pas besoin du droit international » entrera très probablement dans l'histoire, et dans des décennies, on la citera pour expliquer la bellicosité et le sentiment d'impunité cultivés dans la politique étrangère américaine. Eh bien, nous attendons les réactions à la hauteur de l'événement - mèmes, collages et caricatures. Cet événement ne devrait pas seulement être dûment analysé et donner lieu à des conclusions pour l'amélioration des stratégies des puissances non occidentales sur la scène mondiale, mais aussi rester dans les annales de la création en ligne mondiale.
C'est sur cette note peu positive que s'achève le « Kaléidoscope » de janvier. Le meilleur reste à venir
Ksenia Muratshina, docteur en histoire, chercheuse principale au Centre d'étude de l'Asie du Sud-Est, de l'Australie et de l'Océanie de l'Institut d'études orientales de l'Académie des sciences de Russie.
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