02/02/2026 reseauinternational.net  5min #303612

 Une nouvelle guerre américano-israélienne contre l'Iran embrasera toute la région (secrétaire général du Hezbollah)

«Pourquoi ne critiquez-vous pas l'Iran ?»

par Caitlin Johnstone

Dès que les tensions s'exacerbent avec un gouvernement aux visées impérialistes, on me demande systématiquement pourquoi je ne le critique pas.

«Pourquoi ne critiquez-vous pas l'Iran ? Vous passez votre temps à critiquer l'Occident et Israël ; vous êtes hypocrite si vous ne critiquez pas l'Iran».

Ils sont sidérés que je ne dise rien de dur sur le dernier méchant du jour. À la télévision, tout le monde critique l'Iran. Les deux principaux partis politiques critiquent l'Iran. Leurs podcasteurs et commentateurs politiques préférés critiquent l'Iran. Alors pourquoi Caitlin Johnstone ne critique-t-elle pas l'Iran ? Il doit y avoir quelque chose de louche et de traître chez elle.

This will be a catastrophic war in which countless innocent Iranians will perish. I am sick to my stomach thinking about friends and loved ones who’ll have to endure this madness.
🚨 EXCLUSIVE from @DropSiteNews: U.S. Military Tells Key Middle East Ally to Prepare for Attack on Iran
In addition to military targets, Trump is considering strikes on senior Iranian leaders with the aim of spurring the overthrow of the Iranian government.…

Ce sera une guerre catastrophique où d'innombrables Iraniens innocents périront. J'en ai la nausée à l'idée de mes amis et de mes proches qui devront subir cette folie.

Il ne leur vient jamais à l'esprit qu'une personne de principe puisse privilégier la lutte contre les abus du pouvoir en place dans son propre pays et sur lequel elle peut exercer une influence, plutôt que de crier impuissante contre un «régime» étranger qui ne la concerne en rien.

Il ne leur vient jamais à l'esprit que si l'on entend autant parler du «méchant du jour», c'est uniquement parce que les États-Unis intensifient leurs agressions contre le pays ciblé et que les médias impérialistes fabriquent le consentement à ces hostilités.

Il ne leur vient jamais à l'esprit que cette campagne de propagande frénétique est la principale raison pour laquelle le «méchant du jour» occupe autant leurs pensées.

Il ne leur vient jamais à l'esprit de se demander à qui profite réellement le fait que la population occidentale scande «L'IRAN EST MAUVAIS ! LE RÉGIME DOIT PARTIR !» à l'unisson, comme des animaux animatroniques dans un parc d'attractions, tandis que les tambours de la guerre résonnent de plus en plus fort.

Il ne leur vient jamais à l'esprit que l'on puisse s'opposer par principe aux politiques bellicistes de l'empire américain, car ces politiques sont systématiquement désastreuses et l'empire américain représente la structure de pouvoir la plus tyrannique au monde.

Ils n'envisagent jamais ces choses car la plupart des Occidentaux passent leur vie entière dans une bulle de propagande qui les abreuve constamment d'histoires sur la méchanceté des ennemis de l'empire occidental, tout en leur cachant presque tout des exactions commises par ce dernier.

"Why don't you criticize the Iranian government??"
Because I'm a serious adult interested in having serious adult conversations. If you want to hear one more white westerner yelling "AYATOLLAH BAD BAD BAD" go turn on the nearest television to literally any channel.

«Pourquoi ne critiquez-vous pas le gouvernement iranien ?» Parce que je suis une adulte sérieuse qui souhaite avoir des conversations sérieuses entre adultes. Si vous voulez entendre un autre Occidental blanc hurler «AYATOLLAH MÉCHANT MÉCHANT MÉCHANT», allumez la télévision la plus proche, n'importe quelle chaîne.

L'Occidental moyen ignore même qu'il vit au sein d'un empire. L'Australien typique pense : «Je suis ici, dans mon pays souverain et indépendant, et les États-Unis sont un autre pays, là-bas, qui fait ce qu'il veut. Israël est aussi un autre pays indépendant, là-bas, qui fait ce qu'il veut. Idem pour le Royaume-Uni, l'UE, la Nouvelle-Zélande, le Canada et tous les autres pays que l'on m'a appris à apprécier».

En réalité, ce sont tous des États membres d'une gigantesque structure de pouvoir mondiale qui fonctionne plus ou moins comme un seul empire en matière de politique étrangère. Et ils œuvrent de concert pour subvertir, saper et, finalement, absorber les nations que l'on nous a tous appris à détester.

La presse occidentale ne critique pas cette structure de pouvoir. Les Occidentaux n'en entendent pas parler à l'école. Ils ignorent son existence, et l'idée même qu'elle puisse être légitimement critiquée et combattue ne leur vient jamais à l'esprit.

On ne voit pas la presse occidentale critiquer l'empire occidental centré sur les États-Unis. On ne la voit même pas critiquer les États-Unis dans leur ensemble. Vous les verrez publier des critiques à l'encontre de présidents, de politiciens ou de partis politiques en particulier, mais vous les verrez rarement parler des abus liés à la guerre, au militarisme, à la guerre économique et aux systèmes de surveillance qui persistent d'une administration à l'autre, quel que soit le dirigeant en place.

Tout le monde aspire à la paix jusqu'à ce que la propagande de guerre s'abatte sur eux. Tout le monde est pacifiste jusqu'à ce que la propagande de guerre commence. N'importe qui vous dira vouloir la paix et abhorrer les violences de masse. Puis, les médias, comme toujours, se mettent à diffuser des récits d'atrocités commises dans un pays ciblé par un empire, et soudain, la population se retrouve à soutenir des frappes aériennes sur la capitale de ce pays, persuadée d'en être arrivée là par ses propres moyens.

C'est pourquoi il est si déconcertant pour un Occidental de voir un autre Occidental critiquer le bellicisme occidental plutôt que le méchant officiel du moment. Ils n'ont pas l'habitude de recevoir de telles critiques. Ils n'y sont pas préparés. Ils n'ont été conditionnés qu'à s'attendre à des critiques contre Téhéran, Poutine, le Hamas, Maduro, ou toute autre personne que l'empire cible à un moment donné. Par conséquent, toute divergence par rapport à leurs attentes conditionnées leur paraît étrange et suspecte. Ils ont l'impression que quelque chose de grave se trame.

Mais le fait qu'un Occidental concentre ses critiques sur l'empire occidental n'est pas un signe de gravité. C'est plutôt un signe que quelque chose de grave se trame, un signe que très peu d'Occidentaux osent aborder.

Je ne critique pas l'Iran car je ne souhaite pas alimenter une campagne de propagande de guerre impériale servant un agenda abominable que je ne soutiens pas. Je souhaite concentrer mes critiques sur la structure de pouvoir sous laquelle je vis réellement, car c'est ce que l'on fait lorsqu'on n'est pas un flagorneur servile, et parce que la structure de pouvoir sous laquelle je vis se trouve être le tyran le plus abusif de la scène mondiale.

source :  Caitlin Johnstone via  Marie-Claire Tellier

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