Charlie Barreira, 2 février 2026. C'est un tournant juridique en France depuis le début du génocide palestinien et l'impunité dont jouissent les auteurs de crimes à leur encontre. La chambre criminelle de la cour d'Appel de Paris a requis des mandats d'amener contre la présidente de l'organisation sioniste Israel Is Forever, Nili Kupfer-Naouri et la porte-parole du collectif Tsav 9, Rachel Touitou, pour complicité de génocide et incitation au génocide, dans le cadre d'une enquête ouverte en juin 2025.

La plainte ne date pas d'hier. « En novembre 2024, l'Union juive française pour la paix, un plaignant franco-palestinien membre d'Urgence Palestine, accompagné de l'association NIDAL, a déposé une plainte - à laquelle se sont ensuite joints la FIDH, Al-Haq, le Centre Al-Mezan pour les droits humains et le Centre palestinien pour les droits humains - contre la présidente de l'association « Israel is Forever » pour complicité de génocide », expliquent les associations dans un communiqué.
Blocage de camions d'aide humanitaire
Tsav 9, dont Rachel Touitou est membre, a selon ses dires bloqué à plusieurs reprises des camions d'aide humanitaire à destination de Gaza dès 2024. Israel Is Forever a appelé à rejoindre ces actions et mobilisé des volontaires. Sa présidente, Nili Kupfer-Naouri, ajoutait d'ailleurs à la télévision qu'il est « absolument immoral de penser une seule seconde à ravitailler la population civile qui est tout sauf une population innocente. »
À la différence d'un mandat d'arrêt, un mandat d'amener vise à obtenir la comparution d'une personne devant la justice, et non à sa détention provisoire automatique. Ils sont, en théorie, diffusés sur l'ensemble du territoire européen. Dans son entretien avec The News, l'avocate a déclaré : « Je ne pourrai plus mettre les pieds en France parce que je n'ai pas l'intention d'aller dans les geôles françaises, ni en garde à vue ni autrement ».
Elle a notamment dénoncé « un délire antisémite » de la justice française. De son côté, Rachel Touitou estime que les juges réagiraient plus vite pour des plaintes liées à Gaza que « contre des apologies de terrorisme proférées par des députés « insoumis ».
Pour les associations ayant portées plainte, cette décision est saluée comme « une étape juridique cruciale ». Dans leur communiqué, elles ajoutent : « De telles mesures, rares dans les affaires traitées par la section des crimes contre l'humanité, franchissent une étape décisive dans l'enquête pénale. »
Ces deux mandats d'amener interviennent alors qu'une autre plainte vise deux soldats franco-israéliens, accusés de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide.
Source : L'Humanité, 2 février 2026.
