04/02/2026 reseauinternational.net  6min #303809

 Epstein Files, le procureur général adjoint : « les images de mort, d'abus physiques et de blessures sont exclues des publications »

Le squeal d'Ariane

par Mendelssohn Moses

Papa Mendelssohn a comme principe de ne jamais regarder des images d'êtres humains qui se font trucider, torturer ou humilier, a fortiori car il tend à tomber dans les vapes comme une midinette.

Le procureur général adjoint, Todd Blanche, a admis que le ministère de la Justice avait exclu les images montrant «la mort, des violences physiques ou des blessures» de la publication des dossiers Epstein, aujourd'hui. Le gouvernement reconnaît donc l'existence de preuves…

Tout va suffisamment mal en Occident actuellement, sans se souiller avec d'atroces pensées et surtout, sans se mettre à ressembler à ce que l'on affirme haïr en se repaissant de telles images.

Ainsi, dans cette affaire Epstein, ce «Manuel du Rules-Based International Order» selon Alex Christoforou et dont la gravité dépasse tout ce que le «commun des mortels» serait prêt à admettre comme hypothèse, ce qui intéresse Mendelssohn ce sont les «Formes» - (the Shapes). On se souviendra qu'une Forme platonicienne est ce que la philosophie actuelle dénomme «objet intellectif» (Thought-Object), c'est à dire un objet susceptible d'être cerné et donc intelligible à la raison. En ce sens la notion d'une Forme est objective, plutôt que d'être un jugement de valeur : cerner une réalité complexe sous forme d'une idée connaissable et utile.

Il semblerait donc que la Forme sous laquelle il serait possible de reconnaître l'affaire Epstein, est le passage de l'interface MI6/Services US+France/État Jabotinski, au centre de laquelle se trouvait feu Robert Maxwell, à ses successeurs Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell. Évoquée hier par Alexander Mercouris sur The Duran, cette hypothèse est plus que vraisemblable, en raison notamment de l'engagement constant de Jeffrey Epstein dans des opérations financières de grande envergure, impliquant des contacts au sommet dans la plupart des états de l'OTAN.

Backtrack, back to Robert Maxwell, Ukrainien de son vrai nom Jan Hoch, né en 1923 dans une famille juive orthodoxe. Intrépide, Maxwell se retrouve dans les forces tchèques en exil à 17 ans, puis s'enrôle dans l'armée anglaise en 1943. Envoyé en mission par le Foreign Office à Berlin à la fin de la guerre, à 23 ans à peine il y fait - grâce sans doute aux forces anglaises occupantes - ses premiers pas d'entrepreneur douteux dans un pays en ruine. Dès 1948, l'année même où il prend la nationalité britannique, et en dépit de l'embargo qu'imposait son nouveau pays en la matière, on le retrouve en contrebandier d'armes tchèques pour les Jabotinskiens. Puis, parmi ses successives incarnations, il a été éditeur scientifique (Pergamon Press), magnat de presse (Daily Mirror, MacMillan...), du football, et député travailliste. Surtout, ses liens avec l'État Jabotinski sont de notoriété publique au point que même Wikipedia ose en parler (1). Parmi les pleureuses lors de ses funérailles chez les Jabotinskiens, pays où selon le Times of Isrxxxx il était devenu le plus gros investisseur, se trouvaient une demi-douzaine de chefs du renseignement. À sa mort en 1991, le public découvre que Maxwell aurait siphoné (au profit de quoi ou de qui ?) £400 millions de fonds de pension ; au total £750 millions disparus (où ? (2)).

Déjà, avec de tels antécédents, Ghislaine Maxwell, présentée à Jeffrey Epstein par son père (!), aurait dû être «pas touche». La notoire photographie d'elle avec Andrew Mountbatten-Windsor aux cotés de feue Virginia Giuffre, a été prise dans la maison même de Maxwell à Londres.

Quant à Epstein lui-même, tout le gratin occidental savait. Si les premières accusations formelles datent de 2008, les circonstances de son départ comme enseignant (non diplômé !) du lycée huppée Dalton fin des années 1970 (3) interrogent déjà, d'autant plus qu'il se retrouve recruté sur le champ à la banque d'affaires Bear Stearns.

Ce qui amène la question du Manuel du Rules-Based International Order : le réseau Epstein (cf. le billet de Matthec Stoller ici. (4)

Dans l'énorme liasse produite la semaine dernière suite aux efforts du député US Thomas Massie et alliés, se trouvent - à supposer qu'ils soient véritables - des courriels datés de décembre 2013 entre le financier Ariane de Rothschild et Epstein, dont la première intéressée ne nie toutefois pas l'existence. Sur un ton d'extrême familiarité et dans «l'anglais» spécialement lacunaire qu'affectionne cette classe de gens (I want to discuss this with u (sic) when I come to NY (5)), cette mère de quatre enfants soulève le problème que lui pose l'amuseur Dieudonné. Suite à quoi, des mesures sont prises en France contre ce dernier.

Sur X, a été publié un autre échange Ariane de Rothschild-Epstein, où ce dernier aurait parlé de l'Euromaïdan en 2014 ainsi : «le désordre en Ukraine devrait nous fournir de nombreuses, oui de nombreuses, opportunités». (6)

D'ailleurs, faut-il se surprendre que dans la correspondance d'Epstein avec d'autres tiers, il est question d'Imran Khan («menace pour la paix pire que Poutine, etc.»). (7)

Quoiqu'il en soit, le CV d'Ariane de Rothschild s'étend sur des pages. Elle dispose d'une fortune personnelle imposante, dirige des fondations, est l'un des gestionnaires d'une ville privée (!) dans l'État Jabotinski qui appartient à la Fondation Edmond de Rothschild (8)). Le simple fait de la retrouver en échange amical avec cet individu dangereux, est le Fil d'Ariane sur lequel on tire déjà. (9)

Justement, Mendelssohn invite le lecteur à étudier le cas de Peter Mandelson, faiseur de rois dont Tony Blair (10), tombeur de Jeremy Corbyn (11), protégé de la Commission européenne. (12)

Qu'il y ait ou pas des poursuites devant la justice - et vu l'état des tribunaux et des procureurs en Occident, ne rêvons pas - l'heure du Squeal d'Ariane arrive.

 reseauinternational.net