05/02/2026 legrandsoir.info  6min #303923

 Epstein Files, le procureur général adjoint : « les images de mort, d'abus physiques et de blessures sont exclues des publications »

Le Système Epstein : L'Autopsie d'une Impunité et le Devoir de Réveil de la Société Civile

Mustapha STAMBOULI

À l'aube de 2026, l'examen public des documents déclassifiés révèle une réalité déroutante : l'argent et l'influence ont longtemps tissé une impunité au cœur des hautes sphères du pouvoir. Mais l'actualité ne se limite pas à des chiffres : elle vit aussi dans des scènes qui mettent la société à l'épreuve de sa conscience. Dans une salle parisienne où le choc des mots peut réécrire l'opinion, une confrontation inattendue entre figures publiques démontre que les enjeux dépassent le cadre national et interroge notre capacité à transformer le verbiage en mécanisme de salut public. Cet épisode, à la frontière entre réalité et fiction, interroge notre aptitude à faire de la transparence le socle d'un ordre plus juste et à faire émerger, durablement, la voix des citoyennes et des citoyens contre les réseaux d'influence.

Introduction

En ce début d'année 2026, l'actualité internationale est percutée par une onde de choc dont nous ne mesurons pas encore toutes les conséquences. Les récentes déclassifications massives de documents liés à l'affaire Jeffrey Epstein, ordonnées par la justice américaine et relayées par des collectifs de citoyens vigilants, ne sont pas de simples révélations de faits divers. Elles constituent l'acte de décès d'une certaine idée de l'élite et le procès d'un système de domination globale qui a fonctionné, des décennies durant, en dehors de toute règle humaine et légale.

I. L'Architecture du Silence : Quand l'Argent Neutralise la Loi

Le scandale Epstein ne peut être compris si l'on s'arrête à la figure de l'individu. Il faut analyser la structure. Comment un homme, dont les activités criminelles étaient connues de certains services dès les années 2000, a-t-il pu continuer à fréquenter les sommets de l'État, les cercles académiques prestigieux et les forums économiques mondiaux ?

La réponse réside dans la « marchandisation de l'influence ». Epstein n'était pas seulement un prédateur ; il était le courtier d'un système où l'information compromettante devient une monnaie d'échange. Dans les salons de New York, de Londres ou de Paris, l'impunité s'est construite sur une complicité de classe. Les institutions financières, qui ont fermé les yeux sur des mouvements de fonds suspects, et les systèmes judiciaires, qui ont parfois octroyé des accords de non-poursuite scandaleux, ont agi comme les gardiens d'un temple corrompu. En 2026, les documents révèlent que ce n'est pas la justice qui a traqué Epstein, mais la réalité de ses crimes qui a fini par déborder un barrage de billets verts.

II. Une Faillite Morale Transnationale

Ce qui frappe dans les révélations actuelles, c'est l'absence de frontières. Le réseau ne se limitait pas à une zone géographique ; il s'insinuait partout où le pouvoir cherche à s'affranchir de la morale. Des noms de dirigeants politiques, de membres de familles royales et de magnats de la technologie apparaissent dans les registres de vol et les correspondances.

Cette élite transnationale s'est constituée en une caste « hors-sol », persuadée que les lois destinées au commun des mortels, ce que nous appelons le contrat social, ne s'appliquaient pas à elle. Pour les citoyens du monde, et notamment pour nous en Tunisie ou ailleurs dans le Sud global, ce scandale est une leçon brutale : la corruption des sommets n'est pas le propre des « dictatures », elle est le cancer des démocraties libérales lorsqu'elles abandonnent la surveillance de leurs élites au profit du culte de la réussite financière.

III. La Société Civile : Le Seul Procureur Infatigable

Si nous en sommes à ce point de révélation en 2026, ce n'est pas grâce à une soudaine crise de conscience des institutions. C'est le fruit d'une lutte acharnée menée par la société civile. Les associations de victimes, les journalistes indépendants qui ont risqué leurs carrières, et les citoyens qui, sur les réseaux sociaux et dans les rues, ont refusé que l'affaire soit enterrée avec son principal protagoniste.

C'est ici que réside notre plus grand espoir. La société civile est en train de démontrer qu'à l'ère de l'information globale, le secret est une forteresse de sable. L'opinion publique mondiale est devenue le tribunal de dernier ressort. En dénonçant, en partageant les faits et en exigeant des comptes, nous brisons le monopole du récit que les puissants tentent d'imposer. Le « nettoyage » des individus malveillants qui contrôlent les rouages mondiaux ne viendra pas de l'intérieur du système, mais de la pression insupportable que nous, citoyens, exercerons sur lui.

IV. Une Opportunité Historique pour l'Humanité

L'optimisme, malgré la noirceur des faits, est possible. Le scandale Epstein est une opportunité de « grande purge » éthique.

1. La Fin de l'Impunité : En exposant les noms autrefois protégés, nous envoyons un signal aux futurs prédateurs de pouvoir : le monde vous regarde et il n'oublie plus.

2. La Refonte de l'Éthique Publique : Ce scandale doit forcer une révision radicale des règles de transparence. Chaque financement, chaque lobby, chaque proximité entre le privé et le public doit être scruté à la loupe.

3. Le Réveil des Consciences : Il s'agit de protéger les générations futures. En démantelant ces réseaux aujourd'hui, nous rendons le monde de demain plus sûr pour les plus vulnérables.

V. Appel à la Vigilance en Tunisie et Ailleurs

Pour nous, Tunisiens et Tunisiennes, ce combat résonne avec force. Nous qui avons lutté pour la dignité et contre l'opacité, nous devons comprendre que l'affaire Epstein est une pièce d'un puzzle mondial de domination. L'indifférence est le terreau de la malveillance. S'informer sur ce scandale, c'est comprendre comment les réseaux d'influence peuvent manipuler les économies et les politiques nationales au profit d'intérêts occultes.

Nous ne devons plus accepter que des individus puissent se cacher derrière leur prestige pour agir dans l'ombre. La vérité est un bien commun, et sa recherche est un acte patriotique et universel.

Conclusion : Le Crépuscule des Idoles

En conclusion, Jeffrey Epstein n'était que le symptôme d'une maladie plus profonde : l'arrogance absolue du pouvoir déconnecté du peuple. L'année 2026 pourrait marquer le début d'une nouvelle ère, celle de la responsabilité. Les masques tombent, les dossiers s'ouvrent, et les idoles s'effondrent.

Il appartient désormais à la société civile de ne pas relâcher son attention. Ne nous contentons pas de quelques noms jetés en pâture ; exigeons la transformation des structures qui ont permis à un tel système d'exister. C'est à ce prix, et seulement à ce prix, que nous pourrons dire que ce scandale a servi l'humanité en l'aidant à se libérer de ses chaînes les plus sombres.

La lumière est là, elle est crue, elle est parfois insupportable, mais elle est la seule voie vers une justice réelle. Restons debout, restons informés, et surtout, ne nous taisons plus jamais.

Mustapha STAMBOULI
Ingénieur ENIT/EPFL et ancien conseiller technique auprès des agences des Nations Unies

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