
Par Karim pour BettBeat Media, le 5 février 2026
Les futurs historiens remercieront les Palestiniens, car ils ont percé l'abcès de l'Empire le 7 octobre 2023 : génocide, pédophilie, corruption. Depuis, le pus ne cesse de suinter.
Les futurs historiens remercieront les Palestiniens.
Pas pour la violence, même si, entre les mains des opprimés, elle est souvent le seul langage compris par les oppresseurs. Non, ils les remercieront pour quelque chose de bien plus important : avoir contraint l'Occident à dévoiler son vrai visage au monde.
Le 7 octobre 2023, la résistance palestinienne a franchi un cap. Elle a brisé un mythe. Elle a brisé le masque de la supériorité morale occidentale et a révélé la plaie purulente qu'il tentait d'occulter. Génocide, autoritarisme et pédophilie : ce qui a alors suivi n'a pas été qu'une guerre, mais un grand déballage des mensonges qui ont nourri l'empire pendant des siècles.
Et cette pourriture est bien plus étendue qu'on ne le pensait.
Le système politique
Le corps humain exprime la vérité à sa manière. Lorsqu'une infection suppure sous la peau et que le système immunitaire ne parvient pas à contenir la gangrène, le corps impose une purge. Le furoncle gonfle, palpite, résiste à toutes les tentatives de camouflage, jusqu'à ce qu'il finisse par éclater. Le pus s'écoule, épais et nauséabond, impossible à ignorer. L'odeur persiste. La plaie doit être désinfectée, sans quoi le pourrissement se propagera.
C'est le 7 octobre que le furoncle de l'Occident a éclaté.
Pendant des décennies, l'occupation de la Palestine a été une plaie purulente, dissimulée sous des couches et des couches de propagande, une diplomatie opaque et des fictions bien rodées sur la "démocratie" et les "droits de l'homme". L'Occident a perfectionné l'art de l'auto-tromperie. Il s'est autoproclamé "ordre international fondé sur des règles" tout en imposant ces règles à coups de missiles de croisière et de blocus économiques. Il a prôné la démocratie en soutenant des dictateurs, en armant des escadrons de la mort et en bombardant des mariages. Il a prétendu défendre les droits humains tout en affamant Gaza, en emprisonnant des millions de personnes dans des cages à ciel ouvert et en fermant les yeux sur le génocide au ralenti de tout un peuple.
Mais, ce matin d'octobre, les masques sont tombés. Le monde a alors vu la blessure dans toute sa cruauté : pas comme une exception, mais comme le résultat logique de siècles de colonialisme, d'arrogance impériale, d'un système mondial fondé sur le vol, le viol, l'esclavage, la violence et la déshumanisation de l'autre.
Ce qui a suivi n'a pas seulement pris la forme d'une riposte militaire. Ce fut une révélation. La vérité a éclaté au grand jour. Et le visage sous le masque s'est avéré plus hideux que quiconque n'aurait osé l'imaginer.
"Qu'un étranger s'adresse à un enfant dans un parc et la police débarque en quelques minutes. Mais un milliardaire qui viole des enfants devant caméra ? Pendant des décennies ? Avec le FBI regardant les images ? Cela relève de la protection".
Les dossiers Epstein, une plongée dans l'abîme.
Puis vinrent les dossiers.
Trois millions et demi de pages. Des transcriptions d'entretiens menés par le FBI. Des projets d'actes d'accusation datant du milieu des années 2000, jamais présentés au tribunal. Des communications entre Jeffrey Epstein et certains des hommes les plus puissants du monde : Bill Gates, Elon Musk, Larry Summers, Steve Bannon, des banquiers, des financiers, des universitaires, des chefs d'État. 180 000 images. 2 000 vidéos. Des transcriptions du grand jury. Des requêtes judiciaires. Des diagrammes du cercle intime d'Epstein. Des rapports psychologiques. Des dossiers détaillant l'enquête sur sa mort.
Les médias ne savent que faire de cette histoire. Les autorités non plus. Elle est trop sensible. Elle implique trop de gens influents : des milliardaires, des princes, des financiers, des stars de cinéma. Ils s'en moquent. Ils accusent les Russes. Ils disent que les électeurs "s'en fichent". Ils consacrent leurs une à des auteurs palestiniens interdits de festivals littéraires pour leur prétendu "extrémisme" alors que le réseau pédophile le plus tristement célèbre de l'histoire de l'humanité ne fait toujours l'objet d'aucune enquête et que ses auteurs ne sont pas poursuivis.
Le trafic d'enfants relève de l'extrême. Ce sont des actes d'une rare cruauté : viol, torture, exploitation des plus faibles par les plus puissants. Il existe même des allégations de cannibalisme dans ces dossiers. C'est abominable, au-delà de l'entendement. Ce qui est extrême, c'est que les gouvernements et les médias puissent être suffisamment dépravés pour soutenir, passer sous silence, enterrer ou rejeter ces faits, tout en continuant d'approuver les guerres, la corruption et les lois répressives qui en résultent.
La piste de l'argent est une réalité, pas une spéculation. Elle est évidente. Epstein n'était pas un milliardaire excentrique, ni un génie des mathématiques qui aurait fait fortune dans le commerce boursier. Il suffit de l'entendre parler pour se rendre compte que nous sommes non seulement dirigés par des pédophiles dépravés et psychopathes, mais surtout très peu intelligents. Stupides, même. Une preuve supplémentaire que dans le capitalisme, il suffit d'être psychopathe. L'intelligence ne compte pas.
Epstein était un réseauteur, un facilitateur, un homme qui transférait de l'argent pour de riches clients et des agences de renseignement. Bear Stearns, BCCI, CIA, Mossad, MI6, les Saoudiens... Il a constitué un réseau d'informations compromettantes. Puis le chantage a commencé.
Tout cela n'était pas l'œuvre d'un prédateur solitaire. Il s'agissait d'un système. Un leurre. Un mécanisme de contrôle.
Et aujourd'hui, on voit le résultat : des guerres sans fin, la banalisation du génocide, la répression de la dissidence, l'emprisonnement des journalistes, le silence imposé à quiconque ose s'exprimer. Et un plan de paix de Trump qui prévoit de placer 50 000 orphelins palestiniens entre les mains du cercle d'Epstein.
"La meilleure façon de procéder est de l'ignorer", a écrit Chomsky. "C'est particulièrement vrai aujourd'hui, avec l'hystérie autour des abus envers les femmes, qui atteint un point tel que remettre en question une accusation passe pour un crime pire que le meurtre".
La trahison des intellectuels
"Lorsque les photos et les e-mails ont été publiés, j'ai immédiatement été dégoûté par la pédophilie d'Epstein et par l'amitié entre Noam et lui. À mon avis, rien ne peut justifier cela, aucun contexte n'explique cet outrage".
Tels sont les mots de VIjay Prashad, qui a coécrit deux livres avec Noam Chomsky et collabore avec BettBeat Media. Il affirme n'avoir eu aucune idée de l'amitié entre le grand dissident et le trafiquant sexuel le plus notoire au monde.
Les dossiers montrent que Chomsky fantasmait sur l'île caribéenne d'Epstein. Ils montrent également Chomsky conseillant Epstein sur la manière de gérer les retombées médiatiques, alors qu'Epstein avait plaidé coupable onze ans auparavant pour avoir fait venir une mineure dans le but de la prostituer.
"La meilleure façon de procéder est de l'ignorer", écrivait-il. "C'est particulièrement vrai aujourd'hui, avec l'hystérie autour des abus envers les femmes qui atteint un point tel que remettre en question une accusation passe pour un crime pire que le meurtre".
L'hystérie. À propos des abus subis par les femmes et les enfants. Venant d'un homme qui a passé soixante ans à nous apprendre à remettre le pouvoir en question, à déjouer la propagande et à refuser les mensonges réconfortants de l'empire.
C'est ce que l'Empire fait à ses détracteurs. Il les neutralise. Il les compromet. Il les vide de leur substance, faisant de leur autorité morale quelque chose de nébuleux. Chomsky ne peut plus parler, ne peut plus expliquer. Peut-être n'y a-t-il aucune explication. Peut-être est-ce juste la proximité du pouvoir, y compris pour ceux qui prétendent s'y opposer.
Le message est clair : personne n'a les mains propres dans l'Empire. La décadence est généralisée.
Le déclin de tout sens moral
, l'a dit il y a trois mille ans : le premier devoir du gouvernement est de protéger les faibles contre les puissants.
Or, c'est exactement l'inverse qui s'est produit.
Les puissants dirigent un réseau pédophile. Ils sont victimes de chantage. D'autres puissants les font chanter. Et ensemble, ils s'attaquent aux plus faibles. Ils dénudent des enfants, les filment alors qu'ils tremblent sous la douche, les violent, les torturent. Ils s'appuient sur des créateurs de contenu comme Nick Fuentes pour normaliser ces pratiques auprès des jeunes et faire valoir que la pédophilie n'est qu'une orientation sexuelle parmi d'autres, une pratique adoptée par
"des gens cool comme Hitler et Epstein".
L'unique personne emprisonnée est une femme.
Malgré les nombreuses preuves réunies dans ces dossiers, une seule personne est incarcérée, Ghislaine Maxwell, la complice d'Epstein. Elle le mérite amplement. Mais aucun des autres auteurs, aucun des hommes ayant abusé de ces enfants n'a même fait l'objet d'une enquête approfondie. Comme Bill Gates. Ou Woody Allen, qui a épousé sa fille adoptive dès qu'elle a atteint l'âge légal (la question est : quand sont-ils "tombés amoureux" ?). Richard Branson. Donald Trump. Bill Clinton. Alan Dershowitz. Des milliardaires, des célébrités, des princes, des politiciens. Aucun d'entre eux n'a été convoqué, pas même pour un simple entretien.
Ces documents judiciaires sont pourtant non scellés. Ils contiennent des déclarations de témoins. Trois millions et demi de pages de preuves. Et le système judiciaire ne bouge pas.
Est-ce ainsi que vous voyez la loi ?
La loi est faite pour vous et moi. Pour les gens ordinaires, en tout cas. Regardez une femme de travers et vous pouvez être emprisonné pour harcèlement. Qu'un étranger s'adresse à un enfant dans un parc et la police débarque en quelques minutes. Mais un milliardaire qui viole des enfants devant caméra ? Pendant des décennies ? Avec le FBI qui visionne les images ? Cela relève de la protection. Il bénéficie de l'omerta. Il peut "mourir" commodément dans une cellule pendant que les caméras sont hors service.
La loi n'a donc pas été transgressée. Elle fonctionne exactement comme prévu - une cage pour les gens ordinaires, un bouclier pour les puissants.
Tout cela ne relève pas de la théorie du complot. Les faits sont là. Il suffit de cinq secondes pour trouver l'information. Ils tournent des films porno extrêmes. La question n'est pas de savoir si la pourriture existe. La question est de savoir si nous avons le courage de la combattre.
Le grand effondrement
Dans quelques centaines d'années, les historiens verront dans cette affaire un tournant majeur dans le déclin de la civilisation occidentale.
Voilà ce qui arrive lorsque les empires refusent de décliner dignement. Ils ne disparaissent pas en silence. Ils se rebiffent. Ils redoublent d'efforts. Ils entraînent le monde entier avec eux dans l'abîme.
Les États-Unis, qui déterminent la politique étrangère de leurs États vassaux, sont dirigés par une clique de pédophiles. Leurs institutions, comme le ministère de la Justice, le FBI ou les tribunaux, ne sont que des mascarades derrière lesquelles les puissants s'adonnent à leurs activités illicites en toute impunité. La démocratie n'est qu'une mise en scène, une chorégraphie savamment orchestrée où le peuple a le droit de voter, mais jamais de décider. L'autorité morale, autrefois tant admirée, s'est muée en un spectacle grotesque.
Et leurs alliés, ces politicards minables qui s'inclinent et rampent devant le Caligula orange qui fait dans son froc à la Maison Blanche, qui accueillent le président d'un pays coupable de génocide, qui révisent leurs lois pour museler la dissidence et emprisonner les gens pour un tweet, ne sont pas moins complices. C'est grâce à eux que tout cela est possible. Ce sont eux dont on se souviendra, lorsque l'histoire aura été écrite, comme de la génération qui savait, voyait et percevait la puanteur de cette pourriture - et qui a choisi de regarder ailleurs.
Le pus s'est répandu. La plaie est béante. L'infection se propage.
La seule question qui se pose désormais est de savoir si nous allons la guérir ou la laisser se propager et nous détruire.
Traduit par Spirit of Free Speech
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If the West Was a Pimple. October 7 Popped It.
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