
par François Meylan, avec vidéo RT France
Le régime de Kiev a une longue tradition des assassinats
Les faits : le général russe Vladimir Alekseïev a été visé vendredi dernier par plusieurs coups de feu dans un immeuble résidentiel de Moscou. Aussitôt hospitalisé, il en a réchappé. Cette nouvelle attaque s'est produite après une série d'assassinats en Russie et en territoires ukrainiens contrôlés par Moscou de figures de l'armée, responsables politiques locaux et soutiens idéologiques du conflit en Ukraine, dont certains ont été revendiqués par Kiev. (1)
Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, a imputé au régime de Zelensky cette tentative d'homicide. Accusant l'Ukraine de chercher à faire échouer les négociations en cours sur une fin du conflit. Kiev a démenti lundi toute implication.
Qu'en est-il de la doctrine et des assassinats ciblés ?
Au sein de l'Armée suisse dont est issu votre serviteur, circule le manuel - quasi une bible - «Le combat moderne en Europe». Cet ouvrage fait abondamment référence à l'OTAN, à l'Italie, à l'Allemagne et d'autres armées occidentales. Les mesures de déception, les opérations psychologiques et les assassinats y sont promus parmi d'autres actions de combat tel que le sabotage.

Si en marge du deuxième cycle de négociations qui s'est tenu à Abou Dhabi les 3, 4 et 5 février, réunissant l'Ukraine, la Fédération de Russie et les États-Unis, il s'est produit cette tentative d'assassinat il ne s'agit probablement que la poursuite d'un agenda propre. Tout comme la Fédération de Russie poursuit ses bombardements. Ce sont des actions qui sont planifiées et décidées avant même le cycle de négociations précédent celui des 23 et 24 janvier. La diplomatie a son agenda et la guerre a le sien.
Qui est le général Vladimir Alekseïev ?
Selon sa biographie officielle, le miraculé est âgé de 64 ans, il est le second du chef du Renseignement militaire russe et s'est notamment distingué lors des opérations de renseignement en Syrie où la Fédération de Russie est intervenue militairement en 2015 contre l'État islamique et autres jihadistes.
En plus de la vulnérabilité que révèle cette agression qui se produit en plein jour au centre de Moscou le modus operandi interpelle également. Soit un seul tireur muni d'un pistolet Makarov avec un silencieux et qui plus est est retrouvé sur les lieux. À titre de comparaison, une cible de si haute valeur, dans le sud de l'Italie, sous le joug des organisations mafieuses, serait traitée à l'explosif ou pour le moins avec non un mais plusieurs tireurs. L'échec de l'exécutant direct présumé Lioubomir Korba, né en 1960, qui fut arrêté peu après à Dubaï est certainement révélateur de manquements au sein des services de sécurité ukrainiens (SBU) qui visés comme commanditaires.
Myrotvorets - la liste des personnes à éliminer de par le monde - est toujours active
En matière d'appel au meurtre, il est surprenant que le régime de Kiev n'ait toujours pas fait fermer la plateforme Myrotvorets - littéralement «Pacificateur» qui fondée en 2014 déjà, avec l'aide de la CIA, se présente comme le «Centre de recherche sur les signes de crimes contre la sécurité humaine et l'ordre juridique international de l'Ukraine». (2)
Ce site internet jette en pâture les informations privée de milliers de «cibles» russes, ukrainiennes et de diverses nationalités. Des politiques, des journalistes, des faiseurs d'opinion qui ont eu l'outrecuidance de critiquer publiquement une fois ou l'autre le régime de Kiev. Des ONG, la Chancellerie allemande, des politiques français pour ne mentionner que ceux-ci s'en sont émus. Pourtant ni la Commission européenne ni le Conseil de l'Union européenne ne sont intervenus. Une fois de plus, l'Occident brille de tout feux avec sa «moralité» à double standards.
Une enquête révèle le fonctionnement de l'unité d'assassinats ciblés de Kiev
Une enquête très fouillée du «Washington Post» : « Ukrainian soies with deep ties to CIA wage shadow war against Russia » nous apprend que la CIA a dépensé des millions de dollars depuis 2014 déjà pour former et équiper les services de renseignements ukrainiens aux assassinats. Avec l'accent mis sur le GUR (Renseignement militaire ukrainien). Que des dizaines d'assassinats tant de cadres militaires que de civils ont été perpétrés sur le territoire russe et à l'extérieur. (3)
