• En développant plusieurs surnom pour désigner la crise du "fond-Epstein" (mise à la disposition du public de la correspondance globale de l'étrange personnage), nous sommes tombés sur l'expression d''hyper-Epsteingate'. • |e monde entier est secoué par ce formidable séisme que nous offre, avec sa puissance incroyable, le système de la communication. • C'est assez rare pour être signalé : le puissant et distingué diplomate Lavrov et le fougueux philosophe Douguine trouvent le même mot pour définir la chose : « satanisme pur » (Lavrov sans filet).
10 février 2026 (15h55) - L'intervention d'une fureur glacé du ministre russe des affaires étrangères Sergei Lavrov à propos des révélations d'une partie du "fond-Epstein" (trois millions et demi de documents divers) a effectué une transformation radicale voulue par la Russie, - selon un mot de commentaire de la chaîne 'Times New World'
« En élevant le problème au niveau des ministres des Affaires étrangères, la Russie transforme un scandale criminel en un miroir géopolitique. »
La chaîne poursuit (une présentation choisie un peu au hasard parmi des milliers d'autres de la même sorte), toujours concernant l'intervention ce Lavrov :
« Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a lancé une attaque virulente contre les élites occidentales, affirmant que les documents récemment déclassifiés concernant Jeffrey Epstein révèlent ce qu'il a qualifié de "satanisme pur". Dans une interview diffusée sur NTV, M. Lavrov a déclaré que ces révélations dépassaient l'entendement et a réaffirmé l'accusation de longue date portée par Moscou contre l'Occident pour son hypocrisie morale. Ses propos présentent les révélations concernant Epstein non seulement comme un scandale criminel, mais aussi comme une mise en accusation politique et morale des structures de pouvoir des élites qui, selon la Russie, prônent des valeurs à l'étranger tout en dissimulant la corruption dans leur propre pays. »
C'est sans aucun doute un phénomène d'une extrême importance. La dimension spirituelle qu'implique le constat du « satanisme pur » conduit à observer l'ensemble de la chose pour la qualifier de "phénomène d'une extrême importance" : le « satanisme pur » devenant un enjeu de géopolitique, soit le plus haut niveau dans les affaires de relations internationales, là où notre piètre histoire est devenue « un processus arrivé à saturation ontologique » qui demande, pour atteindre à la possibilité de la vérité, à céder la voie à la métahistoire.
Naissance de 'hyper-Epsteingate'
Il n'est nullement assuré que les principaux acteurs de cette affaire, Epstein en tête, ait jamais pris conscience de ce à quoi ils participaient et participent. Nous serions même assurés du contraire, retrouvant ici une de nos interprétations favorites où les événements de l'au-dessus de l'humain assurent leur supériorité et leur différence en essence et renvoient les "acteurs" humains de l'entreprise à un rang de figurants ineptes et complètement inconscients. Il faut être Russe pour poser et imposer une telle interprétation, dans le sens où la Russie est le pays le plus inspirateur dans le domaine de la spiritualité pour les pays en-dehors du cercle diabolique de l'Occident-convulsif. C'est hisser la conflit que nous définissons grossièrement comme "la Tradition contre la modernité" au niveau des plus grands enjeux, et ainsi montrer à tous de quoi il s'agit lorsque nous parlons de la GrandeCrise.
Le politologue David Engels, qui a fait un livre remarquable sur le parallèle entre la chute de Rome et là déchéance de l'UE, donne une analyse excellente de l'hyper-Epsteingate, ce 10 février 2026 sur 'Ligne Droite' (Radio-Courtoisie), définissant parfaitement l'essence absolument extraordinaire de cet événement planétaire. Il termine pourtant de façon assez "pessimiste" (pour son point de vue qui est fort proche du notre) en observant qu'on pourrait assez vite oublier cette affaire en raison des diverses mesures prises par les élitesSystème, tout en nuançant son jugement sur la sollicitation de la présentatrice :
« Il faut espérer que la population ait un peu de mémoire longue et qu'on n'oublie pas ça un peu trop rapidement. »
Sur ce point, nous voulons présenter quelques remarques qui vont dans le sens inverse, plutôt "optimiste" (à notre façon et certes à la sienne) quant à la suite :
• Il faut noter que les élitesSystème, qui brillent surtout par leur irresponsabilité et leur arrogante stupidité, ont pour l'instant pris des mesures de panique sur le mode du "chacun pour soi" qui n'arrangent pas les choses dans leur camp. Parmi ces mesures, des démissions en cascade, des déclarations "sur l'honneur" de l'absence totale de contact avec Epstein (pas d'infection possible type-Covid), des critiques implacables de ceux de leurs amis pris la main dans le sac, et la suite à mesure qu'on dépouille le fond-Epstein.
• Il faut noter que l'affaire a débuté dans le domaine public en 2008, avec une condamnation d'Epstein, qu'on en a régulièrement parlé depuis, qu'Epstein pris de remords admirables et disposant d'une cellule où l'on peut se pendre à partir d'une hauteur de 15 centimètres, s'est suicidé, qu'une bataille terrible s'est déroulée autour des documents saisis qui impliquaient à peu près tout le monde aux USA, et que ces documents ont été brusquement mis sur le marché, "façon-Wikileaks", ce qui promet des révélations à mesure du dépouillement. Sur toute cette longue séquence, l'affaire Epstein a non seulement survécu, mais a pris le temps de devenir une 'hyper-Epsteingate'.
• Il faut noter qu'il s'agit d'une affaire impliquant des 'people' de toutes les catégories et des victimes utilisés, vendues ou louées, dans les conditions les plus sordides qui soient, - toutes choses qui attisent la sensation pour la presse, la presseSystème comme les autres, avec les effets qu'on imagine : de "mémoire courte" en "mémoire courte", on finit par se faire une "mémoire longue".
•... Dans cet ordre d'idées, il nous apparaît évident que tout cela est devenu un 'hyper-Epsteingate', non seulement à cause de l'irresponsabilité et la stupidité des élitesSystème, mais surtout, - surtout, bien plus que tout, - à cause de la puissance inouïe du système de la communication. Ce système est présenté dans nombre de nos textes à mesure que nous affinons sa définition, dont celui du 11 avril 2022 où son caractère créateur est complètement mis en évidence. Selon nous, c'est ainsi que cette énorme affaire a pris toute sa dimension, dépassant les chercheurs, les créateurs, les comploteurs, les corrompus, les satanistes, et peut-être même à la barbe du Diable, pour devenir cet "hyper-Epsteingate" :
«...Le système de la communication [...] ne fait pas que transmettre, il transmute ce qu'il transmet [...], il transmute les informations en ["événements"] en même temps qu'il les transmet, par la façon qu'il les transmet, par la dynamique qu'il y met, par la forme même qu'il donne au tout.» "[C]ette action [n'est pas] simplement mécanique et dynamique.... [Chargée de sens, elle] répond à un sens fondamental, dont l'inspiration échappe à tout contrôle humain. [On parle bien entendu] de l'essence même de cette forme absolument inédite d'un système agissant directement sur la manufacture de la métahistoire en ignorant superbement, comme l'on méprise, l'histoire événementielle à laquelle nous sommes habitués et dont le Système a si habilement abusé." »
• Bien entendu, ajoutons, cerise sur le gâteau, le climat général de la GrandeCrise, qui ne facilite pas le travail des vigilants gardiens du Fakemonde où nous sommes conviés à nous réjouir du bonheur d'être ainsi soumis à une cohorte si brillante.
Le tandem Lavrov-Douguine
Nul ne peut douter qu'Alexandre Douguine a goûté avec reconnaissance les jugements de Lavrov, qui remarque part ailleurs, pour d'autres questions, que la comédie des négociations sur l'Ukraine orchestrée par les USA commence à devenir lassante. Poutine a certainement accueilli avec préoccupation ces paroles qui sont une critique indirecte de sa politique. Mais tout cela est devenu bien peu de choses à côté de notre affaire globale ; Douguine s'en empare dans une interview fleuve (sur 'Spoutnik) en acceptant bien entendu, et avec fièvre, le point de vue du « pur satanisme ».
Bien entendu encore, son approche est pétrie de religiosité et d'emportements prophétiques. Il assure voir ses pires craintes confirmées quant à la nature de l'Occident et de la modernité et en tire une analyse implicite de la solitude russe par rapport à ceux que ce pays jugeait auparavant de la même famille. Tout cela peut plaire ou déplaire selon l'esprit qu'on a ; il n'en reste pas moins que lui, Douguine, a parfaitement saisi, et depuis longtemps, "l'esprit de la chose" justement, de cette chose qu'est tout cet immense 'hyper-Epsteingate'. Il nous l'expose avec un luxe de détails qui renvoient nombre de journalistes bien achalandés à leurs cocktails parisiens.
Il en ressort une vision parfaitement intégrée de tous les composants de la GrandeCrise, et une vision qui est à la mesure du fantastique séisme cosmique qui secoue notre monde. On comprend que l''hyper-Epsteingate' est le souligné impertinent et sans vergogne qui éclaire l'immensité de notre catastrophe, avec une affaire où tous ont une part de responsabilité et où l'on sent bien que toute tentative de réforme, de redressement, de correction fondamentale est impossible. Douguine s'y risque mais il ne nous convainc pas...
« En général, dans de telles situations, on assiège la Bastille, on opère des coups d'État, et alors sur la place, déboulent des masses furieuses, enragées, qui ne supportent plus la pourriture qui a pris le contrôle du monde. Cela n'est pas encore visible, et personne ne sait ce qui adviendra, mais cela constitue au moins une base solide pour une révolution anti-élite totale aux États-Unis et dans d'autres pays. Je ne connais aucun précédent dans l'histoire où l'on a laissé passer une telle chose. Aujourd'hui, certains fuient, d'autres se cachent, d'autres essaient de minimiser le scandale et de réduire l'importance de la publication des fichiers, mais plus les gens les lisent, plus ils sont horrifiés. »
"Il ne nous convainc pas", certes, et d'ailleurs ne se convainc pas lui-même ; aussi vite, il baisse les bras et oublie toute possibilité d'entente, ou disons d'arrangements improvisés. La fin de son interview est un pressant appel à la mobilisation générale, en débusquant d'innombrables dangers face à une civilisation satanique contre laquelle nul ne peut espérer d'arrangement raisonnable. Même les Chinois et leur infinie et millénaire patience sont la cible du séisme, puisque Douguine se fait le relais de rumeurs évoquant le démantèlement d'un coup d'État militaire contre la direction du PC chinois.
«...À cela s'ajoute la récente tentative de coup d'État militaire en Chine. On en parle peu, mais presque tout le commandement militaire y a été remplacé, y compris le chef de l'armée chinoise, Zhang Yuxia, un homme proche de Xi Jinping. La majorité des autres dirigeants militaires ont été démis de leurs fonctions le même jour, accusés, selon les médias chinois, d'avoir participé à un complot contre la direction du Parti communiste chinois en faveur des États-Unis... »« Bien sûr, certains diront qu'il y a aussi la Chine, mais la Chine a essayé de différer cette confrontation directe [que va devoir affronter la Russie]. Elle ne nous a même pas soutenus activement au début de la guerre en Ukraine. Nous avons tenu seuls le choc initial. Mais quelle est la récompense que récolte cette neutralité de la Chine ? Une tentative de déstabilisation de Xi Jinping et la mise en place au pouvoir de politiciens encore plus pro-occidentaux. Autrement dit, personne n'est à l'abri de l'Occident, entré dans une période critique de son histoire. »
Eh bien, il semblerait donc que personne n'est à l'abri de rien. On voit que l''hyper-Epsteingate' a touché tout aussi fortement la Russie (et sans doute ses amis) qu'il a secoué l'Occident-convulsif, mais dans un registre et une orientation différentes. Même si cela est peut-être le cas, il n'est pas assuré que nous assistions à une bataille marquée par une offensive irrésistible d'une sorte de satanisme au service d'une sorte d'Antéchrist contre laquelle il faut se défendre jusqu'à la mort. Il s'agirait plutôt, pourraient vaticiner certains commentateurs, d'un désordre se formant en tourbillons insaisissables pour tenter de mettre en place un chaos indescriptible où l'on ne sait plus qui est qui et dans quel sens se précipite un monde qui n'a plus de sens. Parallèlement à la vision folle et furieuse de Lavrov-Douguine se manifeste, comme en une dynamique mimétique, le monde fou de Trump et des États proches de la sécession, avec, dans l'entre-deux, les Européens qui ne savent plus à quelle folie se vouer.
Par conséquent, il faut lire Douguine, sans obligation d'épouser ses thèses ni de suivre sa fureur déchaînée. La même chose pour l'autre côté, dans notre Occident-convulsif, et suivre, stupéfait, la vitesse et la masse extraordinaires des événements qui nous emportent. Nous vivons assez vivement, éprouvant avec une certaine habitude de l'agitation inhabituelle qui nous a saisis le vertige que devrait ressentir un coureur de Formule 1 comme Juan-Manuel Fangio par exemple, dans les années 1950, si on lui offrait une Formule 1 modèle 2026. En un mot, nous vivons et nous déplaçons au-dessus de nos moyens. Quelqu'un va finir par se fâcher.