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Rassemblement du Collectif des amicales de l'UCAD.
Au Sénégal, les trois responsables d'organisations étudiantes arrêtés le 11 février à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar restent en détention. Le parquet a ouvert une instruction judiciaire pour examiner les accusations portées contre eux avant toute décision sur leur sort.
Les étudiants Waly Faye, Demba Ka et Bathie Fall, membres du Collectif des Amicales de l'UCAD, ont été ramenés au commissariat le 16 février au soir et maintenus en détention par retour de parquet, une procédure permettant au procureur de poursuivre l'examen du dossier. Leur situation devrait être clarifiée d'ici le 17 ou 18 février, avec la décision de placement sous mandat de dépôt ou l'octroi d'une liberté provisoire.
Le procureur a confirmé l'ouverture d'une enquête judiciaire pour vérifier la validité des cinq chefs d'inculpation : troubles à l'ordre public, participation à une manifestation non déclarée, destruction de biens publics, actes de vandalisme et de violence, ainsi qu'atteinte à la sécurité de l'État, passible de cinq ans de prison ferme.
Pour Cheikh Ngom, membre de la Fédération nationale des étudiants du Sénégal, ces accusations sont injustifiées : "Ces représentants d'étudiants ne sont pas délinquants. Ils ne faisaient que défendre les intérêts matériels et moraux des étudiants. Tous les saccages survenus à l'université étaient de la responsabilité des forces de l'ordre, qui attaquaient les étudiants", dénonce-t-il. À ce jour, aucun membre des forces de l'ordre n'a été entendu dans le cadre de l'enquête.
Le collectif des Amicales de l'UCAD a réclamé la libération immédiate et sans condition des trois étudiants, ainsi que de deux autres interpellés récemment, dont Mor Diouf, étudiant à la faculté de droit et membre du collectif, arrêté près du tribunal de grande instance. Le collectif a également décidé la suspension de toute activité pédagogique dans l'ensemble des universités du pays.