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Une activité méconnue persiste dans quelques régions du pays : du pétrole continue d'être extrait du sous-sol français. Si les volumes restent limités, les autorisations de forage déclenchent désormais des tensions juridiques et politiques, opposant industriels et défenseurs du climat.
Alors que la France s'est engagée à mettre un terme à l'exploitation des hydrocarbures d'ici 2040, les industriels du secteur estiment qu'ils devraient pouvoir poursuivre leurs activités jusqu'à cette échéance. L'Union française des industries pétrolières (UFIP) plaide pour le respect du cadre légal existant et dénonce des blocages administratifs qu'elle juge contraires à l'esprit de la loi.
D'après les médias, beaucoup de Français (61 %) ignorent que du pétrole est encore extrait sur le territoire national. Pourtant, environ 10 000 barils sont produits chaque jour, soit près de 1 % de la consommation nationale. Cette production est concentrée principalement dans le Bassin parisien et en Nouvelle-Aquitaine.
Le secteur n'a plus l'envergure qu'il connaissait jadis. Les grandes compagnies pétrolières ont déserté un marché jugé peu attractif. Aujourd'hui, cinq entreprises se partagent l'activité, dont le groupe canadien Vermilion et la société française Bridge Energies. Depuis les années 1990, la production a chuté de manière marquée et devrait continuer à diminuer.
La loi adoptée en 2017 prévoit l'arrêt définitif de toute exploitation en 2040 et interdit la recherche de nouveaux gisements. Néanmoins, les titulaires de concessions existantes restent autorisés, en théorie, à poursuivre leurs opérations et à engager de nouveaux forages, à condition d'obtenir les autorisations nécessaires. C'est précisément sur ce point que les tensions se cristallisent.
En 2025, en Gironde, la demande de Vermilion Energy visant à développer de nouveaux puits sur la concession de Cazaux a été refusée par arrêté préfectoral, au nom de la lutte contre le changement climatique. En Seine-et-Marne, un projet de forage à Nonville, porté par Bridge Energies, a également suscité une vive contestation. Bien qu'un premier feu vert administratif ait été accordé, la justice administrative a suspendu l'autorisation, estimant que l'étude d'impact fournie était insuffisante. La décision finale reste attendue.
Les organisations environnementales soutiennent que toute extension de l'extraction pétrolière produit des effets locaux bien réels et contribue à aggraver le dérèglement climatique. À l'inverse, les industriels mettent en avant la pertinence d'une production nationale, fût-elle modeste, dans un pays fortement tributaire des importations. Ils y voient un élément, même limité, de souveraineté énergétique. Leurs contradicteurs estiment toutefois que des volumes aussi restreints ne sauraient constituer un véritable atout stratégique.