
Par Philip Giraldi, le 19 février 2026
Des cours sur l'Holocauste et l'antisémitisme deviennent obligatoires dans les écoles publiques.
Le conseil de l'éducation de l'État du Texas a récemment examiné un projet de loi qui créerait la toute première liste de lectures obligatoires pour les écoles publiques de la maternelle à la terminale à l'échelle de l'État.
Inévitablement, les ouvrages d'auteurs juifs occupent une place prépondérante dans cette liste, notamment les Mémoires d'Elie Wiesel sur l'Holocauste, La Nuit, et Le Journal d'Anne Frank. Le projet de loi est sur le point d'être approuvé, si bien que chacun de ces ouvrages deviendra une lecture obligatoire pour les 5,5 millions d'écoliers du Texas dès l'année scolaire 2030-2031.
Le Texas a déjà mis en place un programme éducatif intitulé "Holocaust Remembrance Week" [Semaine en Souvenir de l'Holocauste], à l'origine de ce processus. Les Juifs sont ainsi l'un des rares groupes ethniques non hispaniques dont l'histoire est susceptible d'être plutôt bien représentée dans la liste de lecture de l'État. Un comité, le "Texas Holocaust, Genocide, and Antisemitism Advisory Commission" [Commission consultative sur l'Holocauste, le génocide et l'antisémitisme au Texas], a également participé aux délibérations. Les titres juifs ont également été sélectionnés avec l'aide d'experts du musée de l'Holocauste de Houston, de rabbins locaux et d'administrateurs d'écoles juives de l'État. On notera toutefois que toutes les personnes impliquées sont susceptibles de se consacrer activement aux intérêts de l'État d'Israël et du mouvement sioniste.
Le problème du support pédagogique sélectionné pour les écoles tient au discours standard sur l'Holocauste et l'antisémitisme qui prévaut actuellement en Amérique, dans le monde anglophone et une grande partie de l'Europe. Ce discours dominant provient essentiellement de la maîtrise délibérée des Juifs de l'industrie de l'information et du divertissement, comme en témoignent les déclarations du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu concernant la "8e guerre" influant sur l'opinion publique américaine, ou encore l'acquisition récente de médias par des personnalités comme le milliardaire sioniste Larry Ellison. Cette stratégie politique soutient le nationalisme et la suprématie juifs, également désignés par le terme "sionisme", dont l'essentiel peut pourtant être aisément réfuté.
Personne ne nie que de nombreux Juifs sont morts à l'occasion des convulsions politiques survenues avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, mais l'ampleur et les modalités des persécutions subies par les Juifs, par rapport à celles subies par de nombreuses autres personnes pendant la guerre, ont été sciemment amplifiées, tant en termes de chiffres que de détails. Shulamit Aloni, ancienne ministre du gouvernement israélien, a affirmé un jour, en décrivant comment l'accusation d'"antisémitisme" a été exploitée au profit de son pays, que qualifier tous les détracteurs d'Israël d'"antisémites" en présence d'étrangers est un moyen délibéré de dissuader et modifier les perceptions . Elle a déclaré :
"C'est une astuce. On s'en sert tout le temps".
Pour en savoir plus sur les atrocités de la Seconde Guerre mondiale, les textes d'Elie Wiesel et d'Anne Frank ne sont pas les plus appropriés, car ils ne rendent pas compte de manière parfaitement fidèle des réalités vécues. Le livre d'Elie Wiesel, La Nuit, prétend être une description objective de son expérience dans les camps de concentration d'Auschwitz et de Buchenwald, mais il regorge d'éléments inventés, notamment le meurtre présumé de sa mère et de sa sœur, afin de rendre l'histoire plus captivante. Lorsque le camp de Buchenwald a finalement été libéré par la 3e armée américaine, en 1945, Wiesel se trouvait officiellement à l'hôpital du camp, où il se remettait d'une maladie. L'hôpital du camp ? Dans un prétendu camp d'extermination ?
Quoi qu'il en soit, Wiesel, qui fut un terroriste de l'Irgoun [Ndt : organisation paramilitaire de la droite sioniste en Palestine mandataire, née en 1931 d'une scission de la Haganah, et dirigée à partir de 1943 par Menahem Begin. L'organisation s'est livrée à des attentats sanglants contre la population arabe et contre les intérêts britanniques] après la guerre, a largement profité de son imposture et de la vente de ses romans. Il en a même fait carrière, devenant le défenseur passionné d'Israël et de tous ses crimes contre les Palestiniens. Je n'oublierai jamais le jour où je l'ai vu, il y a de nombreuses années, assis à côté de la sinistre Hillary Clinton à la tribune du Congrès, lors du discours sur l'état de l'Union prononcé par son mari, Billy Boy.
Anne Frank, elle, est une véritable victime de la guerre. Elle s'est cachée à Amsterdam, souvent dans des greniers et des débarras de voisins, et est finalement morte du typhus dans le camp de prisonniers de Bergen-Belsen, peu avant la fin de la guerre. Les Allemands l'ont capturée et emprisonnée avec sa famille, mais ne l'ont pas tuée. Son célèbre journal est en réalité constitué de textes issus d'observations et de commentaires qu'elle a consignés et conservés dans un cahier sous la forme d'un journal intime. Il a ensuite été compilé, largement édité et en partie rédigé par son père Otto après la guerre, afin d'y inclure des récits fictifs. Il a produit ce journal dans l'espoir qu'il serve à la fois de témoignage de guerre et de source de profits, avec succès.
Le Texas, un État truffé d'extrémistes chrétiens sionistes, ce dont je peux témoigner pour avoir vécu à Houston pendant cinq ans, imposera sans aucun doute le récit consensuel de la souffrance juive à ses pauvres élèves des écoles publiques, qui n'auront d'autre choix que de s'y conformer. Un pourcentage élevé d'élèves scolarisés à domicile au Texas se verront infliger une dose encore plus massive d'israélophilie, car leurs parents choisissent de leur faire l'école à la maison pour qu'ils puissent approfondir leur connaissance de la Bible, un programme scolaire fortement axé sur l'Ancien Testament.
Le Missouri s'est rallié lui aussi à la religion juive traditionaliste. Un projet de loi actuellement en cours d'examen par la législature du Missouri prévoit de censurer les programmes scolaires publics, de légaliser les sanctions et le licenciement des enseignants pour tout contenu jugé inapproprié, et de restreindre de manière générale la liberté d'expression garantie par le Premier Amendement dès qu'on aborde le comportement du groupe israélien ou juif.
Le mécanisme de répression prévoit de criminaliser ou de sanctionner institutionnellement ceux qui défient la définition légalement acceptée de l'antisémitisme. Si le projet de loi HB 2061 est adopté, la définition de l'antisémitisme de l' Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste (IHRA) sera intégrée aux codes de conduite des écoles publiques et des universités du Missouri, tant concernant les programmes scolaires que le positionnement des enseignants. Cette définition, qui qualifie toute critique d'Israël d'"antisémitisme", a été largement et à juste titre dénoncée par des dizaines d'organisations de la société civile et de défense des droits, ainsi que par des éducateurs, depuis son adoption en 2016 par le gouvernement fédéral et les États. Des craintes justifiées ont été émises, car les groupes militants pro-israéliens ont historiquement usé de la définition de l'IHRA et de sa liste d'"exemples contemporains d'antisémitisme" pour censurer toute critique du traitement réservé par Israël aux Palestiniens. Si le projet de loi est adopté, affirmer que l'existence de l'État d'Israël repose sur un projet raciste, ce qui est exact, et établir des comparaisons entre la politique israélienne contemporaine et celle des nazis, ce qui est également fondé, seront condamnés, quel que soit le contexte dans lequel ces propos sont tenus, au nom de la doctrine académique.
S'en prendre aux détracteurs d'Israël et de la mouvance sioniste semble être un loisir divertissant à Washington et dans les trente-neuf États qui ont adopté des lois répressives pour décourager et sanctionner ce type de prise de position. Le gouvernement américain a même nommé un haut fonctionnaire du département d'État, ayant rang d'ambassadeur, au poste d'envoyé spécial chargé de surveiller et de combattre l'antisémitisme. Le très zélé rabbin Yehuda Kaplan a pour mission d'identifier et de combattre l'antisémitisme dans le monde entier. Le gouvernement américain de Donald Trump croit également, fait inédit, en la nomination d'ambassadeurs dont la tâche semble consister à accuser leurs pays respectifs d'être "antisémites". C'est ce qui s'est récemment produit avec les ambassadeurs Bill White en Belgique et Charles Kushner en France, un criminel condamné et père de Jared Kushner, le gendre bien-aimé de Donald Trump.
Dans cette perspective, le problème inhérent à la criminalisation de la liberté d'expression sur l'"État juif" d'Israël, qui commet un génocide contre les Palestiniens chrétiens et musulmans, a récemment pris toute sa dimension lors d'une réunion sur la "lutte contre l'antisémitisme et la défense de la liberté religieuse" au Musée de la Bible, à Washington. On notera que l'"antisémitisme" et la "liberté religieuse" ont été regroupés dans le même panier. Cette réunion a été convoquée par la Commission pour la liberté religieuse de Donald Trump, créée en mai par décret présidentiel pour soutenir
"les lois fédérales qui protègent la pleine participation de tous les citoyens à une démocratie pluraliste et garantissent la liberté de culte".
Carrie Prejean Boller, membre catholique du conseil d'administration et porteuse d'un pin's aux couleurs du drapeau palestinien, a essuyé des propos hostiles d'autres participants. Elle a notamment contesté l'assimilation du sionisme au judaïsme en tant que croyance religieuse protégée, alors qu'il s'agit en réalité d'un système politique conçu pour favoriser un seul credo et réduire les autres croyants au rang de sujets sacrifiables. Elle a notamment contesté "l'impunité" accordée à l'État d'Israël malgré ses agissements ignobles.
C'est ce qu'elle a déclaré dans sa condamnation publiée sur X concernant Israël et ce qu'il incarne :
"Les chrétiens ont été manipulés pour croire que Dieu bénit les bombardements, la famine et les massacres. C'est tout l'inverse des enseignements du Christ, qui est venu se tenir aux côtés des souffrants et affronter le pouvoir. Je rejette complètement ce mensonge. Je décline l'argent, les donateurs et les privilèges. Je n'appartiens qu'au Christ, qui est la Voie, la Vérité et la Vie. Je préfererais mourir que de me prosterner devant Israël". Dans une déclaration ultérieure, elle a précisé : "En tant que catholique, ma foi me donne non seulement le droit constitutionnel, mais surtout la liberté de religion et de conscience accordée par Dieu de ne pas adhérer à une idéologie politique".
Merci, Carrie, d'avoir énoncé la vérité avec tant de clarté. Comme on pouvait s'y attendre, vous avez été renvoyée de la commission par Trump pour vos propos. Il ne nous reste plus qu'à convaincre le Congrès que tuer des milliers de civils n'est pas un choix religieux et est donc passible de poursuites. Nous pourrions même essayer de les dissuader d'envoyer les Américains en guerre contre l'Iran au nom d'un État réputé pour sa brutalité, et rappeler que ces pratiques ne s'inscrivent pas vraiment dans la volonté divine pour l'humanité !
Traduit par Spirit of Free Speech
* Philip M. Giraldi est directeur exécutif du Council for the National Interest, une fondation éducative 501(c)3 déductible des impôts (numéro d'identification fédéral #52-1739023) qui cherche à promouvoir une politique étrangère américaine au Moyen-Orient davantage fondée sur l'intérêt national. Son site web est councilforthenationalinterest.org et son adresse électronique est informcnionline.org