27/02/2026 europalestine.com  4min #306095

 Le plus incroyable et émouvant message de soutien à Olivia Zémor (Vidéo)

Procès Olivia Zémor jeudi à Paris : jugement le 26 mars prochain

Nous avons passé 9 H au tribunal de Paris jeudi, et ne connaîtrons le jugement que le 26 mars prochain. Mais sans beaucoup d'illusions sur son résultat et sur le fait que nous devrons sans doute aller en appel, vu la manière assez partiale dont les juges ont mené les débats.

Pour la présidente des trois juges, tout comme la jeune procureure qui a requis 10 mois de prison avec sursis et 1000 euros d'amende contre Olivia, et qui ont épousé le point de vue gouvernemental, il a semblé acquis "d'entrée de jeu" qu' Olivia était coupable d'"apologie de terrorisme", et qu'il fallait punir.

Mais, dans une salle pleine, et après un rassemblement formidable (voir article) à l'extérieur du tribunal, nous avons eu le plaisir d'entendre 4 témoins extraordinaires, et deux plaidoiries magistrales de nos avocats, Me Matteo Bonaglia et Me Elsa Marcel.

Pierre Stambul de l'UJFP, dont le père a été le seul survivant du groupe Manouchian, a montré comment les notions de terrorisme et de résistance avaient été utilisées dans l'histoire. Qu'il s'agisse, des résistants français, qui ont placé des bombes dans des cafés fréquentés par les Allemands, et qui n'ont été reconnus comme des résistants que tardivement, des combattants du FLN, du Vietnam ou de Mandela, classé parmi les terroristes jusqu'à la fin des années 1990 par les USA.

Le jeune Israélien, Itamar Greenberg, (qui s'est exprimé dans sa langue, l'hébreu, visiblement bien comprise par la présidente du tribunal, qui a épaulé son interprète), a expliqué son refus de servir dans l'armée israélienne et sa décision de venir d'Israël pour témoigner contre l'accusation d'apologie de terrorisme concernant les articles incriminés. Ce jeune étudiant en droit qui était à Jérusalem le 7 octobre, lors de l'attaque du Hamas, a raconté que lui-même n'avait pas, les 7 et 8 octobre au matin, une vision des faits autre que celles de combats militaires à l 'intérieur des bases militaires de la région attaquée.

Raphaëlle Maison, professeur de droit international à l'Université et spécialiste de plusieurs génocides, a démontré que ni la CPI, ni la CIJ, ni le droit international ne classent les mouvements comme le Hamas, qui luttent contre une occupation, en tant que "terroristes", mais comme groupes armés, qui pouvaient certes commettre des crimes de guerre, mais pas des "actes de terrorisme", ce qui invalide la notion d'"apologie de terrorisme", pour ce qui se rapporte à leurs actes.

Enfin, Rony Brauman, de Médecins Sans Frontières, s'est indigné à la barre du traitement qui est fait en France par le gouvernement et l'ensemble des grands médias de la question israélo-palestinienne, de la présentation d'Israël comme une démocratie et des Palestiniens comme des barbares. Il a parlé longuement des terribles conséquences de la colonisation à Gaza et en Cisjordanie, et du mensonge de la propagande qui voudrait que l'attaque du 7 octobre soit survenue dans un "ciel serein".

L'avocate de l'Organisation Juive Française a déroulé son topo habituel sur nos articles et manifestations qui seraient responsables des actes antisémites en France, de l'Hyercacher à l'assassinat de Paty, en passant par les viols ou meurtres de juifs en France, ou les attentats dans les synagogues au Royaume-Uni et en Australie. Elle a qualifié Olivia Zémor d'"obsédée" en raison de son militantisme axé depuis plus de 20 ans sur défense des droits des Palestiniens et sur la "diabolisation" d'Israël.

L'association de William Goldnaddel, Avocats Sans Frontières, a été déclarée irrecevable, après que nos avocats ont souligné la non fourniture de leur part de documents internes les autorisant à plaider.

Nous reviendrons sur les longues et très instructives plaidoiries de nos avocats, qui ont répondu en tous points aux accusations, aux plans du droit comme de la politique, mais aussi de la déformation par les juges de plusieurs faits comme la charte du Hamas, ou le traitement médiatique de l'attaque du 7 octobre. Ils ont montré que c'était en fait un délit d'opinion qui était reproché à Olivia Zémor et qu'elle n'avait pas "excédé sa liberté d'expression".

Si nous devons aller en appel, nous irons en appel.

CAPJPO-Europalestiine

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