04/03/2026 francais.rt.com  2min #306597

Crise énergétique : l'Ue peut-elle encore se passer du gaz russe ?

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Gazoduc Nord Stream entre la Russie et l'Europe. [Image d'illustration]

La guerre au Moyen-Orient fait exploser les prix du gaz en Europe. La Norvège ne peut accroître ses livraisons, tandis que le Qatar est affecté par la crise. Face aux tensions, l'UE pourrait être contrainte de rouvrir le débat sur le gaz russe.

L'escalade militaire au Moyen-Orient menace les ambitions énergétiques européennes. Selon le ministre norvégien de l'Énergie, Terje Aasland, le contexte actuel pourrait rouvrir le débat sur une reprise partielle des importations de gaz russe, alors que l'Union européenne s'est engagée à y mettre fin d'ici à 2027.

Cette semaine, les prix du gaz en Europe ont grimpé de 75 %, atteignant un sommet inédit depuis trois ans. La flambée s'explique par la campagne militaire américano-israélienne contre l'Iran et les représailles de Téhéran, qui ont perturbé le trafic de méthaniers dans le détroit d'Ormuz. Le Qatar, deuxième exportateur mondial de GNL, a même suspendu temporairement sa production, accentuant la tension sur les marchés.

Le serpent qui se mord la queue

Terje Aasland a rappelé que la Norvège, principal fournisseur de gaz par gazoduc de l'UE, produit déjà au maximum de ses capacités, sans possibilité d'augmentation à court terme. Or, entre 5 % et 15 % du gaz consommé en Europe provient du Moyen-Orient, principalement du Qatar, tandis que les États-Unis dominent le marché du GNL avec environ 60 % des livraisons.

La stratégie européenne de rupture avec Moscou, adoptée le mois dernier via des mécanismes commerciaux évitant l'unanimité, pourrait donc être fragilisée par la conjoncture. Plusieurs États, dont la Hongrie et la Slovaquie, contestent déjà cette orientation. Goldman Sachs estime qu'une interruption prolongée du trafic à Ormuz pourrait faire bondir les prix européens jusqu'à 130 %, ravivant les tensions économiques.

Dans ce climat d'incertitude, les déclarations de Donald Trump laissant entendre que les opérations contre l'Iran pourraient durer plusieurs semaines renforcent le risque d'un choc énergétique durable pour le continent.  Emmanuel Macron a même envisagé la création d'une coalition afin de sécuriser les routes maritimes et éviter une crise énergétique durable.

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