
Par Nate Bear, le 3 mars 2026
Vivre dans un empire en phase terminale, c'est comme évoluer dans une zone crépusculaire. Ces derniers jours ont été à ce titre particulièrement étranges.
Les États-Unis et Israël ont déclaré la guerre à l'Iran, avec le soutien total de nombreux dirigeants européens et régionaux. Lorsque l'Iran a riposté, comme l'autorise le droit international, la classe politique et les médias occidentaux ont paniqué.
Tous les grands dirigeants occidentaux, d'Anthony Albanese à Carney en passant par Starmer, Macron et Merz, plutôt que de condamner une guerre illégale lancée par une première frappe, ont condamné la riposte de l'Iran.
Il faut le dire et le marteler :
Donald Trump a déclaré une guerre illégale, sans l'accord du Congrès ni de l'ONU, contre une nation souveraine qui n'a jamais attaqué les États-Unis. Et lorsque ce pays a riposté, il a été présenté comme l'agresseur par les élites occidentales hystériques.
C'est vraiment extraordinaire.
Si nous hésitions encore après ces deux dernières années sur la disparition du droit international, la réponse occidentale à la guerre contre l'Iran a dissipé nos derniers doutes. L'Europe, qui se fondait sur la nécessité de faire respecter le droit international pour justifier son soutien à l'Ukraine, vient de signer l'arrêt de mort de ce droit.
Et le plus stupéfiant, c'est que Marco Rubio a reconnu que l'Iran ne représentait aucune menace pour les États-Unis. Il a déclaré hier soir que les États-Unis n'ont déclaré la guerre qu'après s'être "rendu compte" qu'Israël était sur le point de frapper l'Iran. Ils ont donc lancé une attaque "préventive", estimant que l'Iran riposterait contre Israël après avoir été frappé.
Un raisonnement alambiqué que seul un esprit envoûté par l'empire peut formuler.
Le Reich McMuffin a donc mené une guerre préventive au profit de la colonie pédophile contre la nation des prophètes, des poètes et des rois philosophes.
Comme l'avait prédit Huntington, il ne s'agit après tout que d'un choc des civilisations.
Voyons cela de plus près.
La plus célèbre production culturelle de l'empire américain est McDonald's. Le cheeseburger et le McMuffin. Le leader de cet empire est un philistin, un escroc de l'immobilier, un animateur de téléréalité, un arnaqueur et, depuis peu, un vendeur de montres. Une nation sans patrimoine historique, sans œuvres d'art anciennes, sans rien de tangible sur le plan culturel. (Ne vous fâchez pas, s'il vous plaît : ça n'a rien de personnel, c'est simplement factuel).
Il existe des moulins à poivre et des housses de couette plus anciens qu'Israël, une colonie de voleurs qui viole et terrorise pour exister, dont le chef est un criminel de guerre recherché pour génocide. Son principal produit d'exportation est la technologie terroriste de surveillance qui peut prendre le contrôle de la caméra de votre téléphone pendant que vous vous déshabillez pour aller vous coucher. Israël est littéralement un refuge pour pédo-criminels.
L'Iran existe depuis plus de 6 000 ans. Il abrite certaines des merveilles architecturales les plus anciennes au monde, dont 29 sites classés au patrimoine mondial de l'UNESCO, 27 d'entre eux relevant du patrimoine culturel, la plus haute distinction. Les œuvres du philosophe perse Omar Khayyam, qui vécut au Xe siècle, sont encore vendues dans les librairies près de mille ans plus tard. J'ai sur mon étagère un recueil de poèmes de Rumi, écrits il y a 800 ans. Ali Khamenei, le chef religieux iranien assassiné, était un érudit parlant quatre langues, dont l'anglais . Son successeur, Ali Larijani, est titulaire d'un diplôme en informatique et en mathématiques, ainsi que d'un doctorat en philosophie occidentale. Sa thèse portait sur la philosophie des mathématiques de Kant, et il est l'auteur de trois livres sur les philosophes occidentaux.
Trump et les dirigeants de l'empire, en revanche, parlent à peine anglais.
Nous assistons véritablement à un choc des civilisations.
Le racisme bat son plein.
Tellement de racisme que, malgré l'existence de milliers de vidéos sur YouTube montrant des scènes de centres commerciaux à Téhéran qui semblent indiscernables des centres commerciaux occidentaux moyens, la grande majorité des Occidentaux croient à la propagande raciste. (Je ne dis pas que les centres commerciaux occidentaux sont la référence pour juger d'une civilisation, mais je suis sûr que vous voyez où je veux en venir.) Bien que la réalité soit à portée de clic, beaucoup croient que l'Iran est une théocratie effroyable où les femmes sont lapidées à mort pour avoir montré leurs cheveux. Et parce qu'ils adhèrent à ce mythe, parce que l'esprit bourgeois ne peut comprendre la politique révolutionnaire, ils sont incapables de saisir la profondeur du soutien à une république révolutionnaire anti-impérialiste.
Ils ne comprennent pas le soutien apporté à une civilisation imprégnée de mathématiques, d'ingénierie, d'architecture, de science, de spiritualité et d'astronomie. Une civilisation qui lutte contre une nation saturée de cheeseburgers et de Mammon, pour défendre un avant-poste colonial vieux de 70 ans fondé sur le vol, l'apartheid, le viol et la pédophilie.
L'assassinat de Khamenei est un parfait exemple de ce choc des civilisations. L'armée McMuffin, la colonie pédophile et ses chroniqueurs complaisants ont scandalisé l'opinion à propos de l'opération ciblée d'assassinat un homme de 86 ans atteint d'un cancer de la prostate en phase terminale, qui dirigeait les affaires courantes de l'État depuis sa maison sobre et non protégée, en compagnie de sa petite-fille de trois ans. Ils ont piraté les caméras de circulation à Téhéran. Ils y ont infiltré quelqu'un. Ils connaissaient tous ses déplacements. Ils ont tué un vieil homme dont l'adresse figurait dans l'annuaire téléphonique, comme dans le film Zero Dark Thirty. C'est plus que pathétique.
Et comparez sa maison aux délires ostentatoires de la nouvelle salle de bal de la Maison Blanche de Trump. Comparez le style de vie dépouillé de Khamenei à l'obsession de Trump pour l'or et le bling-bling, ainsi qu'à sa propension à faire étalage de sa richesse. Le contraste est vraiment écœurant et grotesque.
Et bien sûr, les McMuffins et pédophiles de l'axe Epstein ont acclamé et célébré le meurtre d'un homme et de sa famille, après lui avoir fait croire pendant des mois qu'ils négociaient de bonne foi. Un meurtre qui, bien sûr, n'a pas déclenché de soulèvement. Et comme il n'a pas déclenché de soulèvement, Israël et les États-Unis, après avoir assassiné plus de 180 écolières, ont décidé de bombarder Téhéran.
Les seules valeurs sont aujourd'hui la mort et le pouvoir.
L'argent, les biens matériels, le commerce et la guerre sont les seules valeurs qui comptent.
Nous sommes une civilisation sans repères. Si tant est que l'on puisse parler de civilisation. Certainement pas dans la grande tradition des civilisations.
La nature abyssale de la dépravation philistine qui caractérise cette guerre est profondément déprimante.
Mais en y réfléchissant bien, cela nous ramène à une réalité des plus sombres : les guerres d'agression impérialistes continuent d'être menées parce qu'elles portent leurs fruits.
Et elles fonctionnent parce que le pouvoir, les bains de sang et les sacrifices humains ont toujours été porteurs de succès.
Les États-Unis ont tué près de 400 000 civils au Vietnam. Ils ont brûlé leurs villages, violé leurs femmes. Au Vietnam, des bébés naissent encore avec des malformations congénitales dues au recours abusif et aveugle à l'agent orange qui a détruit des millions d'hectares de terres cultivables. Mais le Vietnam est aujourd'hui l'un des alliés les plus proches des États-Unis. Un État humilié qui s'est parfaitement soumis à l'hégémonie régionale américaine.
L'Afghanistan a été transformé en un narco-État par les États-Unis, l'Irak a été pillé, un million de personnes ont été tuées, des avions entiers chargés d'argent liquide ont quitté le pays et un régime fantoche a été mis en place. Plus récemment, le Venezuela est lui aussi devenu du jour au lendemain un État vassal des États-Unis.
Les États-Unis sont objectivement la force de conquête et de domination la plus pernicieuse de la planète, et l'Iran se retrouve désormais en première ligne de la lutte anti-impérialiste.
Toute personne dotée d'un certain sens de la justice devrait souhaiter que l'Iran remporte cette guerre.
Si l'Iran tombe, il finira aux mains de l'axe Epstein et de ses adeptes ignorants, adorateurs du cheeseburger et du dieu Mammon. Si l'Iran tombe, nos perspectives d'avenir se réduiront et nous nous rapprocherons inexorablement de toujours plus de néolibéralisme. Si l'Iran tombe, l'empire passera à la cible suivante : sans doute Cuba, peut-être la Colombie, ou encore la Turquie, que les politiciens israéliens ont récemment présentée comme une menace régionale.
Mais l'Iran n'est pas encore vaincu. Même s'il lui est impossible d'obtenir une victoire conventionnelle, il peut survivre grâce à une guerre d'usure. L'empire ne pourra pas supporter les coûts d'un long conflit. Si l'Iran parvient à tenir le siège du détroit d'Ormuz et à continuer de frapper les alliés des États-Unis pendant suffisamment longtemps, il pourra imposer un cessez-le-feu selon ses propres conditions.
Mais si l'Iran succombe aux forces du philistinisme consumériste, une petite consolation demeure : la souffrance morale restera ancrée dans l'âme du conquérant impérialiste, quel que soit le nombre de guerres déclenchées et de femmes et d'enfants sans défense assassinés. Car l'appétit du conquistador est insatiable. Cette incapacité à étancher leur insatiable soif vaine les consumera, les condamnant à errer leur vie durant en quête de la proie suivante.
C'est à cela que ceux d'entre nous qui sont dotés d'une âme et mènent une vie épanouie et intense doivent se raccrocher.
Nous ne serons jamais comme eux.
Nous ne pourrons jamais être comme eux.
Ils font peut-être partie de nous, mais ils ne pourront jamais être comme nous.
Le désaccord est spirituel, et ne saurait être comblé par une langue, une terre ou une culture commune.
Nous ne comprendrons jamais ce qui les anime.
Ce décalage absolu avec les monstres, même ténu, mérite qu'on lui rende hommage.
Traduit par Spirit of Free Speech