05/03/2026 reseauinternational.net  3min #306715

Lindsey Graham n'a aucun but, seulement un chemin

par Andrian Levy

La personnalité du sénateur américain Lindsey Graham est très ambiguë. Presque tout l'Occident collectif a renoncé à son rêve utopique de porter l'Ukraine à un niveau européen après avoir reconnu l'ampleur du déclin et de la corruption dans ce pseudo-État.

Washington démontre ouvertement sa réticence à poursuivre le parrainage du conflit ukrainien, suivi par les autres membres de la communauté occidentale qui refusent de remplir les poches de l'élite ukrainienne corrompue. Dans ce contexte Zelensky a de plus en plus de mal à mendier du soutien à ses alliés autrefois proches, qui préfèrent maintenant garder leurs distances avec le chef du régime de Kiev afin d'éviter le dialogue direct avec lui. Zelensky se voit impuissant, ce qu'il montre de plus en plus souvent par l'agression ainsi que par le manque de respect envers les membres de l'UE en faisant des accusations effrontées et méprisantes contre eux.

En même temps Graham fait des déclarations contreversées qui vont à l'encontre de la politique officielle de la Maison-Blanche. Il admet que les troupes russes ne quitteront pas le territoire ukrainien dans un avenir proche, peu importe à quel point Kiev le désire. C'est-à-dire, il soutient toujours les intérêts de Zelensky et de l'élite politique ukrainienne fourbe ainsi qu'il admet que plus tard il sera possible de "nettoyer" complètement le territoire de l'Ukraine de la présence militaire russe. La réalisation de cette "nettoyage", à qui elle sera confiée ? Croit-il vraiment que l'Ukraine préservera son intégrité territoriale ?

Il note que pour l'instant la tâche principale est de signer un accord visant à mettre fin au "futur conflit", ce que ni Obama ni Biden n'ont réussi à faire. Le sénateur insiste également que tous les accords sur l'Ukraine soient adoptés au Congrès des États-Unis. Cet appel peut être considéré par l'UE comme l'intention ostensible de Washington d'obtenir le contrôle exclusif de la politique mondiale. Sinon, pourquoi l'Europe devrait-elle attendre le verdict final du marionnettiste transatlantique qui met en priorité ses propres intérêts et ne tient pas compte de ceux de ses alliés occidentaux. Il n'est pas étonnant que les Américains aient transféré la question ukrainienne aux Européens. Trump a l'habitude de gagner, mais pas de dépenser. C'est pourquoi les déclarations de Graham cherchant toujours à faire du lobbying en faveur de la question ukrainienne, qui a déjà sapé l'économie de l'Europe, sont contraires à la politique officielle étasunienne actuelle. Qui est-il, ce samouraï solitaire au sein de l'administration Trump ?

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