
Par Finian Cunningham*, le 4 mars 2026
Starmer, comme le reste des dirigeants européens, jette de l'huile sur le feu d'un conflit potentiel au Moyen-Orient.
Entendre le Premier ministre britannique Keir Starmer annoncer que la Grande-Bretagne se joint aux opérations militaires américaines contre l'Iran, c'était comme écouter une émission du ministère de la Vérité dans 1984 de George Orwell.
S'exprimant depuis Downing Street, avec des drapeaux britanniques pour décor, Starmer a adopté un ton grave et se voulant rassurant, affirmant que la Grande-Bretagne autorise les États-Unis à utiliser les bases militaires britanniques pour mener des
"frappes défensives" afin d'empêcher l'Iran de "tirer des missiles dans toute la région, tuant des civils innocents".
La duplicité du dirigeant britannique est impressionnante. Même après avoir fait cette annonce, il a assuré au public que la participation britannique n'est pas "offensive". Et ce, alors que les États-Unis utilisent les bases britanniques en Angleterre, à Chypre et à Diego Garcia dans l'océan Indien pour mener des raids aériens sur l'Iran, qui ont jusqu'à présent tué près de 800 civils en seulement quelques jours. Les pertes civiles causées par les frappes iraniennes dans la région - moins de 20 à ce jour - ne représentent qu'une infime partie de ce chiffre.
Depuis quelques semaines, des escadrons de chasseurs et des avions ravitailleurs américains font escale en Grande-Bretagne avant de mettre le cap sur le Moyen-Orient pour ce qui s'est avéré être une guerre majeure avec l'Iran. Starmer n'est pas débutant en matière de double discours - comme la version de la Grande-Bretagne refusant à Trump d'utiliser ses bases pour une éventuelle guerre. Le Premier ministre britannique a déclaré que cette réticence était fondée sur l'"expérience" de la guerre en Irak en 2003, lorsque son prédécesseur Tony Blair a soutenu l'administration George W. Bush dans le conflit désastreux qui a duré dix ans, avec plus d'un million de morts, des millions de déplacés et un terrorisme régional qui continue de hanter plusieurs nations.
La Grande-Bretagne n'a rien appris de l'histoire. Elle reproduit aujourd'hui la même ruée belliciste imprudente au Moyen-Orient au service de l'impérialisme américain. Seulement cette fois, une guerre avec l'Iran pourrait avoir des conséquences bien plus désastreuses qu'en Irak. Et Starmer croit nous vendre la fiction risible selon laquelle la Grande-Bretagne ne serait pas impliquée, puisqu'elle se contenterait d'un rôle "défensif". C'est Orwell avec Alice au pays des merveilles.
Starmer, comme le reste des dirigeants européens, jette de l'huile sur le feu d'une conflagration potentielle au Moyen-Orient. Ils encouragent l'impunité de Washington et d'Israël à commettre encore plus de crimes en refusant de dénoncer l'agresseur. Les Britanniques et autres Européens apaisent hypocritement l'agresseur et blâment l'Iran, la victime.
Pas étonnant que Donald Trump méprise autant ces vassaux, sans stature ni indépendance. Cette semaine, Trump a déclaré aux médias britanniques que Starmer est un allié mineur, même après la volte-face du Premier ministre en sa faveur.
Lorsque les Américains et les Israéliens ont commencé à bombarder l'Iran le 28 février, les négociations diplomatiques entre les délégations américains et iraniennes étaient en cours. Les médiateurs omanais ont affirmé le 27 février que les négociations sur le programme d'enrichissement nucléaire iranien avaient progressé. Mais la décision de bombarder l'Iran a été prise plusieurs semaines auparavant par Trump et le dirigeant israélien Benjamin Netanyahu. Les négociations n'étaient qu'un prétexte pour gagner du temps afin de mettre en marche la machine de guerre, avec l'aide de la Grande-Bretagne, of course.
Comme pour les attaques de juin dernier contre l'Iran lors des négociations précédentes, Washington et Israël ont opté pour une action militaire unilatérale. C'est une agression, une violation flagrante du droit international. Les affirmations de Trump et Netanyahu selon lesquelles l'Iran serait en train de construire une arme nucléaire et qu'ils prendraient des mesures défensives ne sont que des mensonges cyniques. Comment croire des individus qui commettent un génocide à Gaza ?
Le premier matin de la dernière vague d'agressions, le chef religieux iranien, l'ayatollah Khamenei, a été tué lors de frappes aériennes sur son domicile à Téhéran. Des dizaines d'autres personnalités iraniennes ont également été assassinées lors d'attaques distinctes. Trump s'est vanté d'avoir procédé à une "décapitation".
Le même matin, des frappes aériennes américaines et israéliennes ont pulvérisé une école primaire à Minab, dans le sud de l'Iran, tuant 165 écolières.
Pourtant, aucun des dirigeants européens, Starmer inclus, n'a condamné ce massacre et cette agression. Puis ils ont ensuite étalé leur hypocrisie en condamnant l'Iran, après que celui-ci a riposté en frappant les bases américaines dans les pays du Golfe, ainsi qu'Israël. Le Bahreïn, le Koweït, les Émirats arabes unis, le Qatar et l'Arabie saoudite ont été la cible de vagues de drones et de missiles iraniens.
Comme la Grande-Bretagne, les monarchies du Golfe ne sont pas des spectateurs innocents. Elles ont fourni à la machine de guerre américaine des bases et une logistique cruciales pour agresser l'Iran.
Le Britannique Starmer tente de feindre l'innocence en prétendant que son pays et les États du Golfe ne sont en quelque sorte "pas impliqués". C'est une insulte à notre 'intelligence collective.
La Grande-Bretagne et les monarques du Golfe trempent jusqu'au cou dans l'agression américano-israélienne contre l'Iran. Ils risquent gros pour les crimes commis.
Trump et son administration se sont engouffrés tête baissée dans la catastrophe, entraînant leurs vassaux dans leur sillage. La bêtise et les mensonges de Trump sont si criants qu'on se demande s'il jouit encore de toutes ses facultés.
L'Iran est entré en guerre à contrecœur pour se défendre. Mais il est clair qu'une fois engagé, il est prêt à livrer une guerre de longue haleine. Il a détruit une grande partie des bases d'approvisionnement et logistiques du golfe Persique dont les États-Unis ont besoin pour faire fonctionner leur flotte de navires de guerre et d'avions. On pense que lorsque les États-Unis et Israël auront épuisé leurs missiles à un million de dollars et leurs systèmes de défense aérienne peu efficaces, les Iraniens passeront la vitesse supérieure en tirant leurs missiles balistiques antinavires plus modernes et plus puissants.
De plus, l'impact du blocus du détroit d'Ormuz sur l'économie mondiale risque d'être dévastateur pour les économies fragilisées des États-Unis et de l'Europe.
L'Iran a mis en garde Washington pendant des années, mais les Américains et leurs alliés arrogants n'ont pas écouté. Trop sûrs de leur propagande, de leurs illusions et méconnaissant l'histoire, ils n'ont rien voulu entendre.
Voilà pourquoi Trump, Rubio, Netanyahou, Starmer et autres politiciens européens tiennent des propos incohérents, ambigus et courent droit à la catastrophe.
Ces individus arrogants n'ont tiré aucun enseignement de l'histoire et se condamnent à l'erreur perpétuelle. Malheureusement, beaucoup d'innocents vont souffrir des agissements criminels de ces clowns psychopathes et de ces menteurs serviles au service d'un système capitaliste fondé sur la guerre.
Les médias occidentaux ont largement contribué au fléau en se livrant à une propagande incessante et malsaine, permettant ainsi aux criminels au pouvoir de poursuivre leurs crimes en toute impunité.
Cependant, le bellicisme occidental risque de se frotter à une réalité tangible. L'illusion orwellienne & les distorsions de l'histoire peuvent différer la réalité... jusqu'à ce que contradictions et inepties ne soient plus tenables.
Traduit par Spirit of Free Speech
* Finian Cunningham est coauteur de Killing Democracy: Western Imperialism's Legacy of Regime Change and Media Manipulation (Tuer la démocratie : l'héritage de l'impérialisme occidental en matière de changement de régime et de manipulation des médias).